EXPÉRIENCES D’AVIATION
exécutées en 1904, en vérification de celles des frères Wright
Conférence faite le 5 janvier 1905 à l'Aéro-Club de France
Il y a un an environ, quelques périodiques français, et nolamment l'Aérophile, publiaient les comptes rendus de très intéressantes expériences d'aviation exécutées en Amérique par les frères Wright. Le résultat annoncé dépassait de beaucoup ceux qui avaient été oblenus jusqu'à ce jour. Les auteurs prélendaient avoir fait des glissades aériennes à 8°, et ils disaient même être arrivés à planer à 6°, c'est-à-dire à 10 0/0. Ils étaient en outre parvenus à tourner à droite et à gauche avec une grande facilité... Un grand pas semblait avoir élé réalisé dans cette question si ardue et si délicate de la conquête de l'air.
Nous avouons que des résultats aussi magnifiques, surtout provenant de l’autre côté de l'Atlantique, nous avaient laissé quelque peu sceptique. En matière scientifique, le scenti-
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cisme n’a pas de valeur ; lorsqu'une expérience semble surprenante, il existe un moyen très simple de lever le doute, c'est de faire une contre-expérience. C'est dans ce but que nous avons construit un aéroplane en suivant scrupuleusement les indications des frères Wrigh{; indications et plans publiés du reste par l’Aérophile. Notre appareil était absolument semblable à celui des expérimentateurs américains, tant dans ses dimensions générales que dans la courbure des nervures el dans la disposition des gouvernails. Seules, des questions de construction et de détail en différaient.
ASPECT GÉNÉRAL ET DIMENSIONS DE L'APPAREIL. — La forme en parallélipipède rectangle appliquée pour la première fois par Chanute, en 1897, est désormais classique ; c'est la forme adoptée par les frères Wright et, par conséquent, par nous.
Les dimensions générales de l’appareil étaient les suivantes :
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Les nervures étaient courbées de 1/25 de leur longueur, soit 6 centimètres ; le maximum : de courbure se trouvait au tiers vers l'avant, toujours selon les indications des Américains. DÉTAILS DE CONSTRUCTION. — Le châssis de l’aéroplane était en tilleul verni. Les différentes
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pièces qui le composaient étaient réunies par des emmanchements que les menuisiers appellent « traits de Jupiter ». Ces assemblages n'auraient pas présenté par eux-mêmes une solidité à beaucoup près suffisante, mais les dispositions étaient prises de telle sorte que chacun d'eux se trouvait enserré dans un joint en aluminium.
Dans l'appareil des frères Wright, la pièce qu'ils appelient « bras d'avant » (AA, fig. 2), avait une section presque complètement rectangulaire, et se trouvait en saillie au-dessous des nervures. Le vide, ou plutôt la dénivellation qui existait de ce fait à l’arrière de cetle pièce était raltrapée par une bande d'étoffe collée qui courail tout le long de la machine. De plus, sur le dos de la surface, les nervures qui sont en saillie, surtout le bras d’arrière (BB:, fig. 2), qui, sur toute la largeur, forme une crête transversale de deux centimètres environ, offrent au vent qui glisse dessus, des irrégularités.
Il nous a semblé désirable d'éviter ces deux inconvénients, Nous avons le pour cela notre « bras d'avant » de telle sorte qu'il fende l'air ; sa section affecte vers l'avant la forme