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Il importe notamment de photographier et de dessiner la couronne à quelques kilomètres d'altitude et de comparer ces photographies et ces dessins avec des documents semblables établis au niveau du sol. On pourra recueillir ainsi des indications sur la part à attribuer à l'atmosphère de la terre, dans les phénomènes optiques qui accompagnent les éclipses, tels que les changements de forme de la couronne souvent signalés.
De plus, il sera bon, comme le demandent MM. Wilfrid de Fonvielle et P. Bordé dans leur note à l’Académie des Sciences du 19 juin, d'étudier les variations de la température de l'atmosphère terrestre prise à l'ombre et celles de la radiation solaire elle-même (1).
Pour en revenir à l’éclipse du 30 août, à Burgos, l'heure de l’éclipse totale est 12 h. 52 (heure en temps local) ; elle sera totale pendant 3° 40”. :
Le programme très complet des observations projetées à Burgos a été établi par le savant colonel Vivès y Vich, directeur du parc d’aérostation militaire de Guadalajara, parc qui constitue, en même temps, un important observatoire de météorologie dynamique. Les observations se feront, à la fois, à terre et dans l'atmosphère ; «elles seront réparties sur les journées des 29, 50 et 31 août. Nous ne parlerons pas des observations à terre qui auront lieu simultanément à Guadalajara et à Burgos.
Les observations au moyen d'appareils non montés comportent comme lancers de ballons sondes : 1 le 29 août à 12 h. 50, 3 le 30 août (avant l’éclipse à 10 h. 30, quelques moments avant la totalité à 12 h. 50, après l’éclipse à 14 h. 20), 1 le 51 août à 12 h. 50, sans compter des lâchers de ballons-pilotes non munis d'instruments.
Le 29 août, aura lieu l’ascension captive d'un ballon-cerf-volant monté, maintenu autant que possible, à 700 ou 800 m. de hauteur, de 10 h. à 14 h.. à bord duquel serant faites les mêmes observations météorologiques que dans la station installée au pied d’ascension, aux mêmes heures, de 10° en 10°, avec des appareils parfaitement comparés et en notant les maxima et minima intermédiaires.
Le 30 août, départ de 2 ballons, montés chacun par un officier aérostier, servant de pilote, et 1 ou 2 observateurs chargés des observations météorologiques, photographiques, aéronautiques, spectroscopiques, du dessin de la couronne, etc. Le premier ballon partira à 12 h., le deuxième à 12 h. 30 ; ils seront disposés pour pouvoir atteindre 4.000 à 5.000 m. de hauteur. La pénombre s’accentuera de plus en plus au cours de l'ascension, et les pilotes devront tâcher de faire coïncider la hauteur maxima avec la période de totalité, tout en se maintenant autant que possible à une hauteur minima de 3.000 m. pendant la durée de l’éclipse.
Le 31 août, ascension d’un ballon monté par un officier aérostier pilote «et un observateur. Autant que possible, le ballon cevra demeurer en l'air de 10 h. 30 à 15 heures, et faire les mêmes obsrvations aux mêmes heures et aux mêmes altitudes que le 30 août, pour obtenir une intéressante ligne de comparaison:
L’Aéro-Club de France, toujours soucieux des applications scientifiques du ballon aussi bien que de ses applications sportives, a fait le nécessaire, selon le vœu de sa Commission d’aérostation scientifique, pour que la France participât effectivement aux observations de l’éclipse en ballon. Grâce à la générosité de quelquesuns de ses membres, S. A. I. le prince Roland Bonaparte, MM. Eiffel, Deutsch-de la Meurthe, Robert Lebaudy, la grande Société d'Encouragement a organisé, dans ce but, une véritable expédition scientifique. Le comte Henrv de La Vaulx, viceprésident de la Société, se rendra à Constantine, accompagné de M. J. Jaubert, directeur de l'observatoire de la Tour-Saint-Jacques, et s’élèvera avec lui, de cette ville, le 30 août, pour observer et photographier l'éclipse de soleil, qui sera totale en ce point pendant 3° 11”. Des instruments spéciaux, que M. Jaubert fait établir
(1) Dans leur note, les auteurs rappellent les très curieuses observations de M. Elliot, dans l'Inde, sur l’éclipse du 22 janvier 1898, desquelles semble résulter le principe suivant, intéressant à vérifier : la chute de température est proportionnelle à la portion libre du disque, principe applicable, à la fois, au rayonnement solaire et à la température de l'air prise à l'ombre. Les recherches de M. Elioit furent organisées sur toute la péninsule hindoustanique. Le refroidissement se fit sentir sur une surface de 5.000.000 de kil* environ. SUPPOsant que la chute moyenne de température fut de 1° C. et s’appliquât à une couche d'air de 1 kil. d'épaisseur, l’air refroidi avait un volume de 5.000.000 de kil”, dont le poids égale à peu près celui de 5.000 kil.’ d’eau. L'air ayant une chaleur spécifique 5 fois moindre que celle de l’eau, la perte de chaleur fut égale à celle de 1.000 kil. d’eau se refroidissant de 1°. Cette quantité de chaleur serait susceptible de faire bouillir 10 milliards de m° d’eau. Si on évalue à 100 m° par seconde le débit moyen de la Seine à Paris, il faudrait environ S0 ans pour que cette quantité d’eau passât sous les arches du Pont-Neuf:
sur ses données, seront utilisés. Etant donnés les risques d'atterrissage, soit dans des régions désertes, soit parmi des populations ignorantes ou inhospitalières, des services de surveillance et de secours seront organisés spécialement.
Au dernier moment, nous apprenons que, par arrêté en date du 20 juillet, du ministre de l'Instruction publique, le comte de La Vaulx est chargé d'une mission scientifique en Algérie, « à l'effet d'y observer l’éclipse totale du 30 août prochain, à bord d'un aérostat », ce qui donne à cette ascension scientifique, le caractère officiel. L'expédition aura lieu sous le patronage du Bureau des Longitudes et de la Commission d'aérostation scientifique de l’Aéro-Club de France. Du gaz spécialement épuré sera mis à la disposition des aéronautes par l'usine de Constantine. Un poste dans lequel les observations seront faites par M. Bachelard sera établi à terre, au lieu de départ, et muni d'instruments et de ballons-pilotes afin de constater si le phénomène s'accompagne vraiment, comme on le prétend, d'un mouvement cyclonique.
Les aéronautes emporteront un appareil photographique Spido-Gaumont muni d'un téléobjectif. Ils constateront, au moyen d'un thermomètre placé à l'intérieur du ballon, le refroidissement causé dans la masse gazeuse par la disparition prosressive du soleil. Un ballon-sonde sera également lancé.
Enfin, le gouverneur général de l'Algérie a prévenu les autorités civiles et militaires d'avoir à prêter aide et assistance, le cas échéant, au comte de La Vaulx.
Signalons aussi, le 30 août, les excursions à Paris de MM. Balsan, Borde, de Fonvielle : à Bordeaux, de MM. Bricl et Esclangon, organisées par l'A.-C. et La Pelile Gironde.
A. NICOLLEAU
SIIAAN:
Fêtes et Concours aérostatiques de Belgique
Fête internationale du gaz. — Fête historique de l’aérostation. — Concours de Liége
L'année aérostatique 1905 sera marquée en Belgique par une brillante série de fêtes et concours aérostatiques.
Fête internalionale du gaz. — La première de ces manifestations, organisée à l’occasion de la Fête internationale du gaz, a eu lieu les 6, 7, 8 et 9 juillet, à Bruxelles, à Héverlé et à Louvain.
Le 6 juillet eut lieu à 3 h. 30, de divers points de Bruxelles, le départ des ballons suivants prenant part à un concours d'atlerrissage au point désigné :
L'Aéro-Club-de-Belgique (1.250 m‘), pilote : le commandant Soucy ; le Congo (700 m', pilote : M. Louis Godard ; l'Aéronaultique-Club-de-France, pilote : M. Cormier ; l’Aurore (1.100 m°) ; piloté : M. L. Gheude ; le Réve (100 m°), pilote : M. R. Gheude ; un 1.000 m: piloté par M. Henrotin ; un 1.100 m°, piloté par M. Dumortier ; l'Espace 11.100 m'), pilote : M. Sutenaire : un 1.200 m°, piloté par M. D. Gheude ; Fleur-de-Lys (550 m°), pilote : M. Ribeyre ; le ballon-contrôleur hors concours le Radium-Il, était piloté par M. de La Hault.
Le point désigné par les commissaires était Gembloux à 45 kil. de Bruxelles. M. D. Gheude atterrit à 200 m. environ de ce point. Viennent ensuite l’Aéro-Club-de-Belgique, le ballon de M. Henrotin et le Radium-IIl qui ne participait pas au classement.
Le 7 juillet, en l'hôtel Ravenstein à Bruxelles, conférences de M. Henri Bergé sur le « gaz de houille et ses applications », et de M. Boghaërt-Vaché sur « Minkelers, professeur à l’Université de Louvain en 1783, et sa part dans l'invention de l'éclairage au gaz et dans les progrès de l’aérostation ». Nos lecteurs se rappelleront sans doute les intéressants articles de M. Boghaërt-Vaché sur le même sujet, parus dans l’Aérophite de janvier 1905.
Les fêtes se continuaient, le $ juillet, à Louvain et à Héverlé.
A 11 h. 1/4, eut lieu, au parc d'Arenberg, à Héverlé, la pose de la première pierre d’une stèle destinée à commémorer l'invention du gaz de houille par Minkelers, et le lâcher du premier ballon gonflé au gaz de houille, qui eut lieu en cet endroit le 21 novembre 1783.
M. Jacobs, président de l’Aéro-Club, prononça un discours où il a rappelé les circonstances de cette expérience qui fut faite par Minkelers, assisté des professeurs Van Brochaute et Thysbaërt, sous les auspices du duc Louis Englebert d’Arenberg qu'on appela aussi le Duc aveugle. (Voir Aérophile de janvier 1905.) Le duc d'Arenberg, descendant de ce personnage célèbre, prononça à son tour une allocution : puis avec une truelle en argent, 1l scella la pierre en marbre qui porte l'inscription « 1873-1905 ».
On se rendit ensuite à la place d'Arenberg, située devant la nouvelle gare d'Héverlé. et
coquelttement décorée.
. Au milieu d'un parc aménagé pour le gonflement du ballon et pour la réception des invités, se trouve à demi-plein l’aérostat en gonflement le ballon La Belgique (1.630 m°) dans lequel vont prendre place le comte d’Oultremont, propriétaire et pilote de ce superbe sphérique et M. Jacobs, président de l'Aéro-Club de Belgique. Un rallye-ballon automobile est organisé à l'occasion de ce départ.
A midi précis, eut lieu le lâcher, par les enfants des écoles, d’une centaine de ballons; pilotes, qui sont entraînés par un vent très faible dans la direction de Termonde-Saint-Nicolas.
M. Van Bempt, bourgmestre d'Héverlé, adresse au duc d'Arenberg une allocution à laquelle le duc répond aimablement.
Pendant ce temps, le gonflement de la Belgique, fort lent en raison de la faible pression du gaz, s'achève. M. Bachelard, aidé de 12 gardes-chasse en grande tenue, procède avec son habileté parfaite aux manœuvres d'appareillage et de départ. A 4 h. 35, au son de la Brabanconne, et aux applaudissements d’une assistance nombreuse et des plus élégantes, la Belgique s'élève, ayant à bord MM. d'Oultremont et Jacobs. Le ciel n'a pas un nuage. Le ballon merveilleusement équilibré passe au-dessus de Tervueren, du lac du Bois de la Cambre où les aéronautes songèrent un instant à atterrir sur une pelouse, s'engage sur la vallée de la Deudre jusqu'à l'atterrissage qui se fit à la corde, à 7 h. 10 à Ideghem, près de la gare de Grammont (Flandre Orientale). Altitude maxima : 13508
MM. Hautvast et Heirmann, vainqueurs du rallye, rejoignirent en automobile à l'atterrissage, après avoir fait un grand détour par Alost,.
Le même soir, 8 juillet, eut lieu. de la place du Peuple, à Louvain, à 8 h. du soir, le départ du Simoun (600 m') au comte d'Oultremont, monté par MM. Gourier et Van Den Driessche.
- L’ascension accompagnée d’un rallie-ballon qui devail, le 9 juillet, terminer les fêtes, ne put avoir lieu par suite de la lenteur du gonflement.
Fêle historique de l'aérostation. — Voici les points principaux de cette intéressante manifestation organisée à Bruxelles, par l’Aéro-Club de Belgique, avec une subvention de 25.000 francs de la Ville et de l'Etat, à l’occasion des fêtes du 75° anniversaire de l'Indépendance de la Belgique, le 23 juillet :
Reconstitution de la première ascension montée du 21 novembre 1871 (Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes). Reconstitution de la première ascension montée d’aérostat gonflé au gaz hydrogène (Charles ét Robert). Reconstitution de l’ascension de l’Entreprenant, premier ballon captif militaire (bataille de Fleurus, 26 juin 1794). Reconstitution de la première descente en parachute (Garnerin, le 22 octobre 1797). Ascension d’un ballon parachute moderne. Manœuvres de gonflement en campagne et ascension d’un ballon captif militaire moderne. Ascension d’un drachen-ballon. Ascension d'un ballon de 1.250 m. c. spécialement gréé pour recherches météorologiques.
Ascensions libres de ballons sphériques modernes. de 250 mc. 450 m.c.; 600 m. c., 850 m. c.. ILOUD 0:.€, LAÛD 0. &, 100 mc DDC 3.200 m. c., et d'un ballon géant à ballonnets compensateurs de 5.000 m. c.
Bouquets aérostatiques composé de 3.000 ballonnets, de cubes et couleurs variés et d’un ballon allégorique Le Jubilé (300 m. c.).
Voici les noms des ballons qui devaient s'élever du Parc du Cinquantenaire : Le Roïlelet (M. de. La Hauli) : l’Alouette (M. Ch. Levée) : le Réve (M. I. | eude | 08 de Duro) Lt (M. E.| Barbotte) ; l’Utopie (M. de Brouckère) ; le Congo : ot É ' ù CPR Cd ee 20 MONConie aient US See Use ES EE dium-11 (M. de La Hault) ; l’Archimède (M. G Blan- \ ] chet) ; l'Orient (M. le comte de Castillon) ; la Libellule (M. V. Bacon) ; l'Aurore (M. L. Gheude); le Colonel-Charles-Renard, (M. Ed. Surcouf) ; S.-4.-D.-1., (Société Aéronautique d'Italie) : 4.-C.-D.-F., (Aéronautique Club de France) ; le Centaure, (M. le comte de La Vaulx) : le ] ercingétorix, (M. V. Bacon) ; la Belgique, (M. le comte d'Oultremont).
Dans la soirée du 22, l’Aéro-Club de Belgique recevait les aéronautes étrangers en un
Fêtes du gaz en Belgique. Le gonflement et le départ à Heverlé du ballon La
cordial banquet à l'issue duquel des toasts furent portés par MM. Jacobs, président de l'Aéro-Club de Belgique, de La Vaulx, vice-président de l’Aéro-Club de France, etc. Parmi les convives : le comte A. Van der Burch, le comte d’Oultremont, de La Hault, G. Besançon, G. Bans, M. Mallet, C. Levée, E. Barbotte, Heirmann, d'’Aubreby, Haussens, de Moor, Bucknall, Spencer, Sterkool, etc.
Le lendemain, malheureusement, la pluie incessante, inexorable, vint empêcher la fête élaborée avec tant de soin. Vers trois heures, alors que les ballons étaient déjà gonflés ou en voie de gonflement, la tente officielle s’abattait sous une rafale. Un peu plus tard, un autre coup de vent traiînait les ballons Belgique et Centaure, en gonflement, et ce dernier venait se crever sur une canalisation en fonte, malencontreusement surélevée. Par mesure de prudence, et en présence du mauvais temps persistant, les organisateurs durent se résigner à ordonner le dégonflement général.
Ainsi finit tristement, sans avoir vraiment commencé, une solennité aéronautique qui promettait de compter parmi les plus belles que nous ayons vues. L'intelligente activité de l'Aéro-Club de Belgique méritait un meilleur sort, mais on ne peut qu'approuver la décision prise par les organisateurs : dans des circonstances aussi défavorables, l’'accomplissement intégral du programme pouvait en effet donner lieu à de graves accidents. rm
D'ailleurs, cette intéressante manifestation à été remise au jeudi, 3 août, par décision du Comité organisateur, qui aura vraiment mérité le plein succès que lui souhaitent tous les amis de l’Idée aérienne.
Concours aérostatiques inlernalionaux de l'Exposilion de Liége. — Voici les dates, la nature et les prix de ces divers concours :
I. — 20 août 1905. — Concours de distance minima par rapport à un point désigné à l'avance par l’aéronaute. — 1* prix : médaille d'argent et prime de 600 francs ; 2° prix : médaille de bronze et prime de 300 francs ; 3° prix : prime de 100 francs.