MESURE DES HAUTES ALTITUDES
Méthode gravimétrique de sensibilité constante
A la suite de sa communication à la Société française de navigation aérienne, dont nous avons reproduit l'exposé par M. de Fonvielle, M. Alphonse Berget a fait présenter par M. Deslandres, à l’Académie des siiences Jane la séance du 28 décembre 1908, la note ci-dessous, sur sa nouvelle méthode de mesure des hautes altitudes :
La mesure des hauteurs, quand elle se fait en dehors des méthodes de nivellement géométrique ou géodésique, utilise exclusivement le baromètre. Cet instrument donne de bonnes indications aux faibles et moyennes altitudes, sous réserre toutefois des fluctuations météorologiques: mais sa sensibilité décroit à mesure qu’on s'élère dans l’atmosphère, puisqu’une même augmentation de la hauteur se traduit, sur l'instrument, par la mesure du poids d’une colonne d’air dont la densité est décroissante, si bien que, quand on se sert d’instruments enregistreurs, l'épaisseur même du trait, pour les altitudes atteintes par les ballons-sondes, constitue une incertitude appréciable.
J'ai eu occasion, au cours de diverses ascensions
aérostatiques, de constater par moi-même cette diminution de précision du baromètre et de me demander si l’on ne pourrait pas utiliser un phénomène physique fournissant une indication instrumentale proportionnelle à la hauteur, c’est-à-dire de sensibilité constante. Ce phénomène existe: c’est celui de la gravitation.
Le poids d’un corps, c'est-à-dire la force avec laquelle il est attiré par le centre de la Terre, dépend de sa distance à ce centre et varie en raison inverse du carré de cette distance. Si donc nous appelons p, et p, les poids d'un même corps à la surface de la Terre et à l’altitude h, nous aurons, en désignant par R le rayon de la Terre :
Pi R+?
cu Di» ?2Rh + TD RE \
d'où nous déduisons en négligeant RP rapport \
à R, Mi —P: 2h Fe OR c’est-à-dire que la variation apparente du poids du corps, en passant de la première station à la seconde, est proportionnelle à la différence de niveau de ces deux stations.
La sensibilité de la méthode est suffisante : si nous faisons À — 300 mètres (c'est le cas de la
Mie 1
D» 7 10.000 environ. Or, on peut construire des dynamomètres de précision de sensibilité supérieure. L'appareil de Threlfall, basé sur l’élasticité d’un fil de quartz, permet même de déceler de petites anomalies de la pesanteur ; la méthode de Hecker, dite Aypso-
30.000 Il est donc actuellement possible de réaliser un appareil permettant la mesure des hauteurs dans l'atmosphère avec une sensibilité constante. Il serait à désirer que des constructeurs habiles se missent à l’étude afin de réaliser un tel instrument avec dispositif enregistreur : ils rendraient ainsi à la météorologie de la haute atmosphère un très grand service, car, indépendamment de la décroissance de la précision instrumentale, la méthode barométrique utilise une formule qui devient incertaine dès que l’altitude est un peu grande.
C'est ce qui m'a déterminé à indiquer cette méthode gravimétrique. ALPHONSR BERGET
Tout Eiffel), nous trouvons
barométrique, donne une précision de
l’Aérophile 91
Les aérostiers militaires anglais. — Chaque Corps d'armée anglais, sur le pied de guerre, comprend, outre trois divisions, un cerlain nombre d'éléments non endivisionnés. Parmi ces éléments, les troupes du génie fournissent un état-major et qualre compagnies, une de pionniers, une de pontonniers, une de télégraphistes et une d’aérostiers.
L’effectif de guerre de la compagnie d’aérostiers se compose de : 3 officiers, 4 sous-officiers, 1 musicien et 60 hommes. Les chevaux sont au nombre de 64, dont 10 de selle et 44 de trait. Le train de voitures est formé de 1 voiture à ballon, atlelée à 6 chevaux, 2 chariots d’approvisionnement, 6 voitures à tubes à 4 chevaux, et 1 fourragère à 2 chevaux (les voitures à ballon et à tubes sont encore à l'étude).
Sur la voiture à ballon se trouvent, outre le ballon et son filet, deux caisses à agrès et à instruments, les armes de l'équipe de manœuvre, des oulils de terrassier, enfin un tambour avec environ 1.200 m. de câble d'acier. En outre, huit hommes peuvent être montés sur la voiture.
Chaque voiture à tubes porle neuf tubes à hydrogène, placés sur deux couches, les ouvertures tournées vers l'arrière, el contenant au total 4.500 pieds cubes de gaz comprimé.
Le ballon est suivi en général de trois voitures à tubes, qui contiennent ensemble 13.500 pieds cubes d’hydrogène (370 m'), c’est-à-dire de quoi remplir un ballon de 13.000 pieds cubes (350 m'). Les trois autres voitures à tubes marchent plus en arrière avec les deux chariots d’approvisionnement.
La voiture à ballons pèse environ 1.930 kg., la voiture à tubes 2.210 kg.
Il existe 4 sortes de ballons. tous en baudruche :
1° Ballon de 13.000 pieds’, diam., 8 m. 85, poids 72 kg. 7 pouvant porter 3 hommes en ascension libre; 2° ballon de 11.500 pieds’, diam., 8 m. 54, poids 56 kg. 8 ; 3° ballon de 10.000 pieds’, diam., 8 m. 16, poids, 47 Kg. 7. Ces deux ballons peuvent enlever 2 aéronautes ; 4° ballon de 4.500 pieds’, diam., 6 m. 25, poids 20 kg. 4, ne peut porter qu'un homme.
En outre, la compagnie dispose de ballons-signaux,
ou porteurs d'appareils photographiques, de 1.000, 370
et 120 pieds, dont les diamètres sont de 3 m. 70, 2 m. 80 et 1 m. 80 et les poids de 8 kg. ? et 1 kg. 6.
Epilogue d’un drame. —- On mande de Berlin, le 8 janvier, que le corps du lieutenant Foertsch, pilote du ballon Hergesell, ballon perdu corps et biens dans le concours de durée qui suivit la Coupe Gordon-Bennetl 1908, à Berlin, le 12 octobre 1908 (V. Aérophile des 15 octobre et 1°” novembre 1908), a. élé retrouvé flottant sur la mer du Nord, entre Gestemunde et Hambourg, par le bateau de pêche, Orion. Le cadavre élait dans un tel état de décomposition que l’on n’a pu que le coudre dans un sac et l'immerger. On sait que l'enveloppe de l'Hergesell avait élé retrouvée sans sa nacelle, en octobre 190$, à 100 miles au N.-0. d'Héligoland.
Les aéronautes du siège de Paris. — Selon la tradition. les survivants des acronaules du siège de Paris 1870-1871 se sont réunis en un banquet le 24 janvier, avant d'aller fleurir, suivant leur pieuse coutume, le monument des Bartholdi, élevé à la porte des Ternes, en commémoration de leur glorieux dévouement.
Reconnu : MM. Cassiers, président de la Société, qui prononça un beau discours : Robin, Husson Lemercier de Jauvelle, Hioux, Mulin-Godard, Mangin. Excusés : MM. Antonin Dubost, président du Sénat ; Gobron, sénateur ; général de Boisdeffre ; Prunières, Courtin, Richard. Perruchon. Chaumont, Marcia. Domalain, Wilfrid de Fonvielle, Bose, Buffet, Cavailhon, Dupuy, Jubert, Lévy, Morel, Pierren, Rolier, Montgaillard, Roux.
La subvention de 100.000 francs pour la locomotion aérienne. — On sail qu'un crédit de 100.000 fr. a été inscrit au budget du ministère des Travaux publics pour l'exercice 1909, à litre d'encouragement à la navigation aérienne.
M. Louis Barthou, minislre des Travaux publics, vient de constituer, en vue de la répartition de ce crédit une Commission ainsi composée :
MM. Maurice Lévy, membre de l'Institut. président : Henri Deutsch de la Meurthe, vice-président ; d'Estournelles de Constant, sénateur ; Léon Janet, deputé ; Loreau, président de la Commission aérienne mixte : Soreau, président de la Commission d'aviation de l'Aéro- Club de France ; Painlevé, membre de l'Institut. viceprésident de la Ligue Nationale aérienne : Léon Barthou, président du Comité du Tourisme aérien du Touring-Club ; Blériot, vice-président de la Chambre syndicale des Industries aéronautiques : Lecornu, ingénieur en chef des Mines ; Jougusl, ingénieur des Mines, déjà chargé par l'administration d’une mission avant trait à la navigation aérienne, secrétaire. :
.Les croix de l'aviation, — Le projet de lei à: Lorisant une promotion exceptionnelle dans ia Légion d'honneur, « au prolit des personnes qui ont {ul faire des progrès à l'aviation ou qui ont pris part «u Congrès de la route », préparé par M. Louis Barthou, ministre des Travaux publics et approuvé par le Conseil des ministres, comporte une croix de commandeur et seize de chevalier.
.Un perfectionnement aux moteurs ISgers. — Nous indiquions dans l’Aérophile du 1* janvier 1909, page 10, que l'enveloppe d'eau du moteur d'aviation Antoinette 1909 est élablie en cuivre rouge, et obtenue
. d'une seule pièce par l'électrolyse, les dispositions per-
mettant le montage de cette coiffe sur le cylindre faisant l’objet d’un des brevets de la Société Antoinette.
Dans une note de la l'echnique moderne, M. H. Martiny envisageant les perfectionnements apportés aux moteurs légers, écrit : « La diminution de poids porte sur les pièces accessoires <n particulier sur les chemises de circulation d'eau. Celles-ci sont généralement établies en cuivre et rapportées autour des cylindres au lieu d'être venues de fonte avec eux. On peut alors tourner extérieurement les cylindres et assurer aux parois une épaisseur uniforme, favorable à la légèreté et à la solidité, puisque les dilalations sont plus régulières.
« La grande difficulté est d'etablir des joints étanches, car l'inégalité de dilatation du cuivre et de la fonte complique singulièrement la question ; les essais de soudure qui ont élé tentés en pürticulier par la maison Panhard et Levassor (soudure à l'argent), ont dû être abandonnés et de nouveau on a eu recours aux joints serrés par des vis.
« Une innovation intéressante consisle à établir la chemise de circulalion entièrement par dépôt de cuivre galvanoplastique sur un moule convenable placé autour des cylindres. L'enveloppe peut être ainsi oblenue en une seule pièce et affecter les formes les plus compliquées en conservant une épaisseur uniforme. L'adhérence à la fonte paraît excellente ; on a donné, d'’ailleurs, à la surface de contact une forme contournée qui permet d'espérer qu'aucun décollement ne se produira par suite des dilatalions irrégulières, »
Cours d'aéronautique et laboratoires aérodynamiques, — En mentionnant, les premiers, la créalion de cours aéronautiques dans diverses écoles lechniques et universilés allemandes, nous demandions que cel exemple fût suivi en France. Ce vœu est en train de se réaliser. Le commandant Renard, dont il est superflu de louer l'autorité en la malère, a cominencé le 27 janvier, en Sorbonne, un cours libre d'aéronaulique qui se continuera tous les mercredis à 5 fi. 1/2, et sera complété par des conférences de MM. le commandant Renard, Ferber, Archdeacon, Breguel, Drzewiecki, Levavasseur.
A l'Université de Lille, M. Louis Breguet, l'ingénieur bien connu, a commencé de son coté un cours libre en huit conférences, sur l'aviation. Voisi le plan de ce cours en huit conférences : 1° Le vol des oiscaux ; 2° la résistance de l'air et le planement ; 3° Je vent et le vol à voile ; 4° les hélices de propulsion : 5° les hélices de sustentation et les gyroplanes ; G° la méca-
nique de l’aéroplane ; T° les ballons dirigeables ; 8° les appareils d'aviation expérin'entés avec succes.
Rappelons enfin que M. Marchis, professeur à la Faculté des Sciences de l'Université de Bordeaux, vient de commencer un cours libre d'aviation. C'est au savant professeur bordelais que revient le mérite d’avoir dès 1903, avant toute tentative de ce genre en France ou à l'étranger, ouvert un cours libre d'aéronautique. 1] ne se préoccupa à cette époque que du hallon sphérique et du ballon dirigeable. Les cours de cette époque, développés el réunis en un superbe volume, publiés par lui chez Dunod et Pinat sous le titre : Leçons d'acronaulique, constituent un monument scientifique de haute valeur. Espérons que les cours d'aviation de M. Marchis, publiés à leur tour viendront compléter une œuvre remarquable.
L'intérêt de ces cours, pour évident qu'il soit, ne l'emporte pas sur celui des travaux imprimés qu'auraient pu écrire les litulaires de la chaire ou les conférenciers. Le livre et l’article atteignent même un public infiniment plus nombreux que les auditeurs d'un Cours.
La création la plus nécessaire serait celle d’un laboratoire d'essais aérodynamiques et d'aviation. Cette question, déjà agitée dès 190%, par la Commission d'aviation de l’Aéro-Club de France, y fut l’objet d'un rapport de M. Drzewiecki. Le savant ingénieur reprend ct développe aujourd'hui dans une exceliente brochure le projet de création d'un Institut aérodynamique qu'il exposait déjà il y a cinq ans. Il estime à 200.000 francs environ la dépense à engager. Malheureusement au iourd'hui comme en 1904, l'argent fait défaut. Souhaitons avec M. Archdeacon, qui revenait récemment sur cette idée, le beau geste d'un Mécène, complété, s'il le faut, par l’aide de l'Etat.
Mitrailleuse automobile contre les autoballons. — Les artilleurs allemands ne renoncent pas à l'espoir de mettre à mal les autoballons mililaires. On se rappelle le canon automobile allemand destiné à l'attaque des ballons ennemis, canon dont l’Aérophile de décembre 1907, p. 366, a publié les caractéristiques.
On mande de Berlin que les établissements Eberhardt, de Düsseldorf, viennent de terminer une automobile de 60 chx, munie d’une bêche de fixation et revêtue d’une cuirasse blindée de 3 millimètres protégeant les roues, et qui peut faire 65 à 70 kil. à l'heure, en portant 5 hommes, un canon réversible, à tir rapide, de 50 millimètres, pouvant sé braquer dans lous les sens, 100 shrapnels et cela sous un poids total de 3.200 kilogrammes. Ces caractéristiques rappellent assez celles de lengin annoncé en 1907.
Nous continuons à penser que dans la lutte à prévoir entre les aéronats ct l'artillerie, cette dernière se trouvera longtemps dans des conditions très marquées d'infériorité et même de quasi-impuissänce.
Nos lecteurs trouveront d'excellentes raison pratiques à l'appui de ce point de vue dans l’article « Que peut le canon contre les dirigeables ? » paru dans l’'Aérophile du 15 mars 190$, sous la signature « L’Artilleur ».
L’Aéro-Club des Alpes. — L'Aéro-Club des Alpes — Ligue aérienne du S.-E. — fondé à Grenoble sur l'initiative du marquis W. de Virieu, a élu son bureau comme suit :
Président : le marquis Wilfrid de Virieu ; vice-présidents : MM. Léonce Blanchet et Collin Dufresne ; secrétaire général : M. Pozzo di Borgo ; trésorier : M. Dieu-Aide.
Le nouveau Club, qui répandra l'idée aérienne dans une vaste région française, s’est affilié à l’Aéro-Club de France.
L’'Aéro-Club de Provence. — L'Acro-Ciub de Provence, récemment fondé, a élu son bureau comme suit : Président : M. Paul Barlatier ; vice-présidents MM. Biet, Pamard, Opperman Ruau ; secrétaire géné ral : M. A. Rousset ; secrétaire adjoint : M. Laurens de Saint-Etienne ; trésorier : M. V. Rossolin ; archiviste : M. A. Lebrun.
Société aéronautique à Earcelone. — ['{ssociacion de locomocion aerea vient d'être fondée à Barcelone. Président : M. Gomas y Solas, astronome ; membres du Comité : MM. Francisco del Villar, José Marchesi, G.-J. de Guillin-Garcia, l‘ernando Sojo, José Padros, José Sarda.
15 Février 1909
Meudon-Belge. — Sous ce litre, vient d'être créée à Bruxelles une Société ayant pour but spécial d’encourager les inventeurs et disposant de 250.000 francs dont le roi des Belges aurait donné une bonne part.
Un aérodrome belge. — Une Sociélé présidée par le prince Albert de Belgique se propose d'établir. à Jemmeppe-sur-Sambre une gare dauto-ballons.
La télémécanique sans fil en aéronautique, — On mande de New-York qu'un électricien, M. Anthony, vient de réussir à faire évoluer un modèle d'aéronat, en commandant à distance par ondes hertziennes, un mécanisme approprié, installé sur l’appar'eil aérien.
Les ondes hertziennes qui avaient déjà été appliquées à la commande de bateaux, de torpilles, peuvent rendre en aéronautique des services importants. Un ingénieur anglais, M. Patrick Alexander en avait déjà préconisé l'emploi. M. Torrès-Quevedo, ingénieur espagnol, après avoir fait à Bilbao, en octobre 1905, des essais réussis d’un canot de sauvetage commandé télémécaniquement (V. Aérophile de décembre 1905, p. 290;, se proposait d'appliquer son invention à la direction à distance des ballons. Nous ne savons s’il a donné suite à cette idée. Toujours est-il que son dirigeable militaire actuellement en expérience en Espagne (V.Adérophile du 15 septembre 1908, p. 371 et du 1° novembre, p. 431), comporte un moteur à essence, sans commande radioélectrique.
Signalons encore une ingénieuse application des ondes hertziennes aux ballons-sondes due au professeur Hergesell. Le savant météorologiste strasbourgeois emploie les ondes électriques pour déterminer à un moment voulu, la descente des ballons-sondes. L'énergie électrique reçue à bord de ces engins par une petite station réceptrice de télégraphie sans fil, provoque l'ouverture d'une soupape qui laisse fuir le gaz et détermine la chute de l'engin. Dans un essai avec trois ballons, chaque fircuit récepteur était accordé avec une longueur d'onde déterminée, de sorte que, de la terre, on pouvait à volonté déterminer la descente de l’un quelconque des trois ballons, les deux autres continuant leur route. L'essai réussit jusqu'à la distance de 1S kilomètres.
Par dessus les Alpes autrichiennes. — Dans la deuxième quinzaine de janvier, les archiducs Joseph- Ferdinand et Henri-Ferdinand ont réussi les premiers à franchir dans le ballon Salzburg, la chaine septentrionale des Alpes centrales, les Kawendel Gebirge, dont l'attitude atteint 2.850 m., pour alterrir près de Schamitz.
Ce sont, on le voit, les dignes émules de l’archiduc Léopold-Salvator, un des meilleurs aéronautes autrichiens qui est depuis longtemps membre et pilote de l'Aéro-Club de France (Voir Aérophile, d'août 1903).
De France en Corse en ballon, —NM. Jacques Faure, en ce moment sur la Côte d'Azur, se dispose à tenter la traversée aérienne de France en Corse, à bord d'un petit dirigeable de 1.000 m°, rappelant beaucoup — peut-être est-ce le même ? — le Malécot, dont nos lecteurs connaissent les essais à Issy, en 190$. (V. Aérophile du 1” octobre 1968 et suiv.). Avant de tenter cet audacieux projet, Jacques Faure veut se rendre compte par des ascensions en simple sphérique, du régime météorologique de la région. Parti le 1° février à 4 h. 1/2, dans un aérostat de 500 m’, il descendit en mer, fut pris en remorque et ramené au point de départ par l’autocanot de M. Quernel qui le convoyait. li se propose de renouveler ces ascensions d’études.
Le dirigeable que compte utiliser Jacques Faure, a été construit par les ateliers Carton-Lachambre. Il est muni d'un moteur de 24 chx., 4 cyl. La distance à vol d'oiseau de Monaco à la Corse est d'environ 180 kil. Une seule traversée aérienne de France en Corse a été réussie par Louis Capazza, de Marseille à Appielto, à bord du Gabizos (800 m'), le 14 novembre
Une nouvelle théoriz du vol à voile. — M. Alexandre Sée nous informe, pour prendre date, qu'il a déposé à l'Académie des Sciences, sous pli cacheté, les
l'Aérophile du 15 Février 1909 XV