EDMOND SIRVEN
Président de l'Aéro-Club des Pyrénées
commun, l'excellent pilote, merveilleusement servi par de brillantes qualités, s'est rapidement créé de superbes « états de service ».
Toulouse le vit naître en 1878. Les sports le captiverent. Il les pratiqua presque tous : automobilisme, cyclisme, alpinisme et d’autres encore. Mais les sports ne représentent qu'une part trop spéciale dans le rayon d'action d’un tel homme, Il Jui falluit créer dans le Midi un centre de propagande pareil à ceux qui prospérent par ailleurs. Soutenn par une poignée d'amis, il fonda à l’image de l'Aéro-Club de France, l’Adro-Olub der Pyrénées, dont il est l'actif et dévoué président, qui compte, aprés une année d'existence, trois cents membres.
Il devenait utile de réunir dans un vaste réseau,
les innom-
brables bonnes volontés, impuissantes parce qu'elles s’ignorent aussitôt, collaborant avec son iaséparable ami Baudry, il jeta les bases de la Ligue Méridionale aérienne. C'est maintenant un groupement puissamment outillé pour encourager efficicement l'aéronautique sous toutes ses formes.
En quinze ascensions, Sirven a ressenti toute la gamme des impressions que peut procurer le vieux sphérique. Il courut les nuages de jour et de nuit, atterrit en plein soleil et en complète obscurité — et ceci en plaine comme en dangereuse montagne.
En des voyages si divers, il put mieux qu’un météorologiste « reste à terre » saisir une partie du secret des subites colères et des extravagants caprices de l'atwrosphère sud française.
Une particulière sympathie m'’attache à Edmond Sirven. N'ai-je point eu la bonne fortune, lors du Grand Prix de l’Aéro- Club, de le posséder en qualité de second, à bord du Centaure?
S'il est vrai qu'un ballon est utile pour s'assurer la première place, il est sûr qu'un aide entendu est indispensable pour remporter la victoire. Mon compagnon est idéalement ce & double », qui supplée au commandant de bord. J’en ai largement profité. J'avouerai même que j'en ai abusé,
Aux heures de lassitude, je m'abandonnais sans crainte à la somnolence que nul rêve n'égaie. Il veillait. Je sais bien que la vie est monotone à bord. surtout la nuit et en altitude, Mais est-ce la une excuse aux niches que croyait devoir me faire mon aide? S’agissait-il de me tirer du sommeil pour me faire prendre le quart, il ne manquait point de le faire par des phrases incisives, du plus déplorable effet au petit réveil : « Nous dégringolons! Songe à tes treize jours ! Nous sommes à cinq mille métres et plus de lest ! »
Une révélation en appelle une autre.
A la trente-quatrième heure, ayant dit le poulet. »
— « Plus de poulet » me fut-il répondu.
— ( Je prendrai alors du bœuf mode et de ce délicieux raisin que je sais contenu dans le petit carton vert.
— « Plus de bœuf mode. Dito pour le déiicieux raisin,
— « J'ai très soif, un doigt de café et un gobelet de champagne me feraient grand bien. »
Ici, mon second ne répondit plus. Il riait cyniquement.
— « Malheureux, qu'as-tu fait
Oui, il avait projeté daus l'espa délicate volaille et le bœut mode de six livres, préparé par des mains expertes. Le champagne de grande marque, le délicieux raisin du carton vert, le café, le pain, le vin, toutes les provisions enfin, avaient-suivi le même chemin.
Il en avait fait du lest !
Cette semaille alimentaire était faite à pr pos, et l'équilibre idéal, absolu survint ensuite, Il savait, le bon pe que nous quittions la zone montagneuse pour entrer en plaine méditerrenéenue alors que se levait l'aurore. À ce moment du jour, le lest n'a plus la même valeur qu'à l'heure où se ressent la fraiche caresse du soir. GEORGES BLANCHET
: & Sirven, passe-moi
le poulet, une tendre et
98 1° Mars
CTITMTUELITEES