LES AÉROPLANES A L'ÉTRANGER
Les expériences d’Armand Zipfei à Berlin
Lien que nous ayons déjà relalé (Aérophile des 1° el 15 Jévrier;, les premières expériences de l’aéroplanc « Ziplel » à Berlin, nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs le récit vivant el vécu que nous en adresse notre correspondant de Berlin, témoin oculaire. On notera que les essuis de Zipiel nt eu lieu le plus souvent, par vent très vif, ce qui n'a nullement empêché leur complète réussile. Et cependant Armand Zipiel n'en est encore qu'à ses débuis de pilote-aviateur. :
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Le champ d'expériences de Zipiel à Tempelhot
(Croquis de notre correspondant)
Done, M. Zipfel est à Berlin et ü a montré que l'on peut monter dans les ais mème quand le vent, Île lroid, la disposition des lieux se metlent de la partie pour l'empêécner.. li le nionlrera encore, el plus éloquemment. Le gros public qui a lu les exploits des Farman, des Delagrange, des Wright est un peu désappointé ; il le fût surlout les deux premiers jours alors que le moteur n'élait pas encore bien au point. Depuis le 1" février, depuis son vol de 1.300 m., les camelots qui vendent les cartes poslales avec le cliché de Farman gagnant le Grand Prix d'Avialion le 13 janvier dernier, crieut de plus belle : « Hurrah, es ist erreicht : Der Zipfel steigt !.… (Iourrah ! ça y est, Zipfel vole !..
Les premiers essais commencèrent le jeudi 28 janvier. Après avoir. monté son appareil à la hâte, en un jour et demi, et bien qu'imparlailement sûr de la mise au point de son moteur, M. Zipfel fait sortir son appareil sur ce champ célèbre qui vit, le 12 mai 1897, l'ascension fatale du D' Wüôlfert ; le 3 novembre 1898, le dirigeable en aluminium de Schwarz qui fut détruit un
110 1 Mars 1909
peu plus loin, à Fridenau ; puis, les premiers essais des drachen-ballons Sigsfeld-Parseval. Aujourd'hui, comme pour séparer neltement l'aérostation et l'aviation, un épais brouillard cache ces souvenirs, et chaque brin d'herbe s’est paré de cristaux et filigranes de givre. Le vent est faible et vient de l'Est, c’est-à-dire par l'arrière. Le thermomètre marque 6° C. Il est environ 3 h. 45.
Après avoir élé placé au milieu de l’estrade, devani la loge royale, et après le dernier coup d'œil, on met le moteur en marche et... chapeaux volent ! Le courant d'air était inattendu.
Puis, Zipfel part... Il ne peut s'élever franchement et ne fait que des bonds de 1 m. à 1 m. 50 de haut au-dessus des trous et bosses dont est formé le champ ! Après un virage à gauche il revient vers l’estrade et s'arrête au côté sud. Puis, un nouvel essai, sans plus de réussite, virage et arrêt devant le hangar à quelques miètres du prince Henri de Prusse qui est présent ainsi que ie prince Eitel-Frédéric, et sa femme et son beau-père, le grand-duc d'Oldenbourg, la princesse Victoria et l'élite du monde aéronautique allemand.
Un publie dau moins SS.000 à 100.000 personnes entoure l’espace conservé libre pour les vols, enceinte marquée par nombre de poteaux et d'écriteaux, et gardée par de nombreux gendarmes à cheval, à pied et gardiens de la paix. — De plus, une voiture de déménagement porte la croix rouge ct est agencée en ainbulance (pour le public) Près du hangar, une autre ambulance pour... Zipfel el ses mécaniciens, des ambulanciers, des chiens dressés et quatre cabines téléphoniques ! — C'est bien l'agencement minutieux allemand.
Le 29 janvier, vers 4 heures, nouvel essai Le froid est à peu près le même ; le vent (6 à 7 m.) vient du S-E. et n'est pas lavorable. Le réservoir d'essence a été enveloppé d'amiante ainsi que les conduites.
Vers 4 heures, départ. L'appareil ne fait toujours que de grands sauls et décrit plusieurs courbes pour s&rss près de l'arbre de parade (angle N.-O.). et ce fut tout.
Les essais de ces 2 jours, bien que n’ayant pas donné de vols, étaient très intéressants et ont démon:ré la solidité des biplans Voisins : roulant sur les 2 roues avant, parfois même sur une seule (la cellule arrière était toujours libre, indifférents aux trous et bosses du terrain, ies plans gardaisnt s2nsiblement la mème hauteur ; seules, les roues du châssis avant faisaient des mouvements désespérés sous les chocs contre le sol ! Les ressorts amortisseurs absorbaient tout, docilement. Les virages avaient l'air aisés et le freinage avec le gouvernail de hauteur fil bonne impression lers de l'arrêt auprès du prince Henri.
Les essais ne reprirent que le lundi 1" février aprèsmidi, — après une révision de l'appareil.
Le vent vient du S.-O. avec environ 6 m. par seconde.
Le sol est couvert de neige sur une dizaine de cenlimètres de hauteur. M. Zipfel a enlevé, dans la cellule postérieure, les deux panneaux verticaux internes, en sorte qu'il ne reste plus que les ceux extérieurs. Bien que la cellule arrière soit endommagée (un ouvrier maladroit a déchiré un peu un panneau vertical) le remier départ a lieu. Série de bonds, puis virage vers e sud, en ayant le vent bien de bout. La machine s’enlève d'environ 1 m. 50 sur une longueur de 300 m. L'appareil est ramené aux tribunes. Le pas de l'hélice est légèrement modifié et, après un parcours d'environ 200 mètres, l'aéroplane s'enleve à 10 à 15 mètres de haut. Vers le milieu du 2hamp, un tourbillon relève l'aile gauche, lui faisant faire un angle d'au moins 20° avec l'horizontale, L'équilibre se rétablit bientôt : puis, virage vers le sud, montée vers 15 à 20 m. et atterris-