‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 152 sur 698 · TRAVAUX EN BOIS · texte numérisé non relu

TRAVAUX EN BOIS

COLLES, CREUX, PRFILÉS

Approvisionnements considérables de bois de toutes essences OUTILLAGE MÉCANIQUE de 1% ordre ra USINE A VAPEUR de 10.000 mu.

43, Quai de Seine à COURBEVOIE (Seine)

l’Aérophile 20

Profil optima d'une surface de sustentation. — Ce profil sera composé de trois parties (voir fig. IN) : l’une, DC, qui est le profil courbe déjà étudié; l'autre, AB, à l'avant, qui est un peu plus qu’une demicirconférence, et la surface de raccord composée extérieurement de la droite bD, et intérieurement de la courbe de raccord BC.

AN Forme préconisée

M: Goupi ; | 70 Hosts

Fig. IX.

Dans l’ensemble, ce profil optima est la forme préconisée par M. Goupil pour augmenter la stabilité de direction. C’est aussi la forme générale de l'aile des oiseaux grands voiliers: vautours, goëlands, albatros, frégates, etc.

Pour un aéroplane, les surfaces portantes ayant ce profil, devront avoir la partie CAIBC, au moins, fermée à chaque bout, afin que la pression p’ = 0,085 V°, qui se crée sur alIBC, sous l'influence de la vitesse V, se maintienne mieux.

La partie cylindrique aAIBb est équilibrée en dedans et en dehors par la même pression p’. Pour la sustentation, la partie avant n’est donc effective que pour la longueur aC = }. Pour la propulsion de 1a même partie avant, on a à considérer la résistance du cylindre ATB.

Propulsion et sustentation de profil optima

Exemple pour à = 11°20

1° Pour la partie avant ABC, on a:

à Ts À (55 Oo — 5 —= = = + —= 9) : Es TÀAsin?2? à et alors, par rapport au plan:

4 55 a TR — 090 Op 1,18

2° Pour le profil total ABCD, si À — 1, on a comme « valeur »:

D + dp' 1.387 + 3,856 sn Do —— = 5 — — 2,67.

Remarque concernant les ailes d'hélices. —— Pour

les hélices de propulsion ou de sustentation, les ailes devraient avoir un profil analogue au profil optima ci-dessus; car, avec le bord intérieur arrondi et creux, on voit facilement, par analogie avec les aéroplanes, qu’on augmentera le rapport de la force nécessaire à la sustentation (ou à la propulsion, suivant le cas) à la force de rotation.

Conclusion. — Le profil concave avec avant cylindrique est un profil optima qui, dans son ensemble, est analogue au profil de la section transversale d'une aile d'oiseau, On peut donc prévoir, d’après les cal-

culs et les considérations précédentes, que, pratiquement, une surface de sustentation ayant ce profil, donnera de bons résultats, tant au point de vue « va-

“Jéur » par rapport à un plan mince, qu'au point de 1 E

vue stabilité.

Un petit modèle en papier plane bien et a un équilibre transversal parfait. En accouplant deux de ces surfaces l'une au-dessus de l’autre, on vbtiendra encore une stabilité meilleure, dans le sens longitudinal en particulier.

A. BaBoxxrau Ingénieur E. C!. P.

Les aéroplanes BLÉRIOT :

Les pièces détachées BLERIOT

pour aéroplanes

(Deuxième article, voir Aérophile du 1°" mars. page 102)

Pièces détachées ‘“ Elériot” d'aéroplanes (Suile)

Montage et assemblage des poutres, nacelles, etc. — La construction ces poutres armées peut se faire soit en bois, soit en tube acier. Louis Blériot conseille, pour les aéroplanes, les poutres armées en bois, beaucoup plus élastiques et bien plus faciles à réparer. Pour les ballons dirigeables, les nacelles en acier ont peutêtre l’avantage de présenter un aspect plus mécanique, eb n'étant pas soumises à des chocs aussi nombreux que celle des aéroplanes, elles’ peuvent feurnir un usage assez long, à condition d’être toujcurs protégées contre les intempéries par des couches répétées de peinture.

I y a deux méthodes principales de construction des poutres en bois. La première consiste à trianguler complètement la poutre, de façon à se passer de toute espèce de fils et tendeurs ; la denxième consiste à maintenir les assemblages au moyen de fils d'acier ou de câbles travaillant à la traction et dont Ja tension peut être modifiée par des appareils appelés tendeurs. Blériot préfère de beaucoup ce deuxième mode de construction, plus léger et qui permet de rendre à une poutre armée ayant subi un choc violent ou exposée longtemps aux variations hygrométriques, sa rigidité primitive, en resserrant quelques écrous ou en réglant les tendeurs.

En plus des avantages de flexibilité et de solidité, ces poutres mixtes sont d’une construction beaucoup plus facile et d'un prix de revient sensiblement moindre que les autres, surtout si l’on se sert pour leur montage d’un assemblage, au moyen de fils en U, proposés par Blériot et qui dispensent de tout

tendeur.

Le réglage initial des fils, avec ce procédé, demande une main assez expérimentée, mais on en vient assez facilement à bout. Les U en fil d’acier sont cintrés ou. droits, mais, dans ce dernier cas, il faut touiours avoir soin de les recuire avant de les

assembler,

130 15 Mars 1909

Les assemblages peuvent se faire aussi au moyen de pièces fondues en aluminium, fixées par des boulons, sur les longerons de la poutre ; leur seul inconvénient est d’être plus lourd et plus coûteux. Les fils d'acier à utiliser sont ceux dont se servent les fabricants d'instruments de musique, mais la qualité en est légèrement modifiée afin de les rendre moins cassants, leur limite d'élasticité est très grande. La ligature de ces fils se fait au moyen d'une boncle maintenue en place par un petit tube de cuivre préalablement aplati, et qui doit avoir juste la section nécessaire pour laisser passer

les deux fils.

Tendeurs : Indépendamment de l’assemblage eïdessus qui dispense de tout autre système de tension, on à souvent besoin de se servir de tendeur de fils. Les tendeurs spéciaux Blériot, demi-durs, ont une douille filetée dont les extrémités sont fendues, des écrous coniques viennent assurer l’indesserrabilité absolue des vis. (V. fig. 1.)

Un autre type, le Tendeur Voisin avec douille en cuivre, d'une solidité très grande, mais un peu plus lourd que les précédents, est d’un prix beau-

coup moins élevé. Il ax cependant l'inconvénient d'exiger un fil d'acier spécial pour son blocage, ce qui présente des aspérités parfois gênantes. Certains constructeurs ont cru bon, pensant perfectionner le tendeur Voisin, de remplacer les fils de blocage par un contre-écrou serrant à plat sur la douille. C’est un perfectionnement qu'il faut éviter avec soin, l’écrou produisant par son blocage, une surcharge considérable sur la vis, et créant ainsi une section de moindre résistance. Les deux tendeurs précédents ont fait leurs preuves, et peuvent être employés en toute sécurité.

Radiateur. — La qualité primordiale que doit présenter le radiateur dans un aéroplane, est, indépendamment de sa légèreté, un minimum de résistance à l'avancement dans Pair. Dans ce but, Blériot a eu l’ingénieuse idée d'appliquer à la réfricération, la surface elle-même de l'aéroplane (poutre, gouvernail, etc.), il a réussi à établir une surface de tôle métallique radiante innervée d’eau. Cette surface est constituée par l’application d’éléments circulaires ou de formes variées, sur des couches métalliques minces. Aucune soudure, chaque élément est agrafé par perforation et rivetage sur la plaque métallique, et réuni au suivant par des joints de caoutchouc. L'ensemble peut vibrer violemment sans crainte d'aucune fuite. La légèreté

Deux éléments de radiatenr à eau Llér ot vus en plan. Les fèches indiquent le sens de la circulation de l'eau et l'espace anuulaire où elle se fait. Les traits gras indiquent les tubes de caoutchouc reliant les éléments annulaires. Les couronnes de trous cireulaires figurent le mode d'agrafage des éléments aunulaires de cuivre à la feuille d'aluminium qui les supporte.

de ce radiateur est extraordinaire, son poids plein d'eau est d'environ 2 à 3 kilogrammes par m°, donnant ? m° de surface de refroidissement.

[l est fabriqué mécaniquement et présente une régularité mathématique. Les surfaces où panneaux se font en toutes dimensions à ia demande des divers constructeurs. Le prix est d'environ 100 francs par mètre carré de radiateur, soit 2 m° de surface radiante.

Une curieuse application de ce système de radiateur est faite sur le biplan Blériot que nous représentons plus loin (page 132). Le radiateur est consütué par les deux cloisons verticales visibles entre les plans sustentateurs. Ces cloisons sont, en effet, formées chacune d’une feuille métallique sur laauelle sont appliqués les éléments du radiateur. Ces cléinents sont constitués par une surface circulaire dous laquelle a été réservé, par emboutissage, un anneau tubulaire dans lequel circule l'eau de refroidissement. Ces anneaux tubulaires communiquent entre eux par des tubes de caoutchouc. Les éléments sont agrafés à la feuille métallique support par deux séries circulaires concentriques de perforations pratiquées à l’intérieur et à l'extérieur de chaque annean de circulation. On a utilisé les b:vures des perforations ponr former un solide rivetsge. Dans Je biplan Hlériot X, chacun des panneaux radiants comporte 18 rangées verticales de 21 éléments, ce qui donne 378 éléments, assurant ainsi une très grande surface radiante dont l’efficacité se trouve encore augmentée par les trous multiples déterminés dans le panneau par le procédé d'agrafage des éléments.

Il se fait aussi des radiateurs en tube de cuivre elliptique de 2/10 et demi de millimètre d’épaisseur. Leur résistance à l’avancement dans l'air est aussi faible que possible, et leur poids des plus réduits. Is sont cependant à l'usage, moins solides que les radiateurs précédemment décrits eb il est

impossible d'éviter de temps en temps qu’une ligère fuite ne s’y déclare.

Hélices. -- L'étude des hélices propulsives a

toujours été une des grandes préoccupations de Louis Blériot. Il en a essayé des quantités: hélices rapides à faible pas, hélices démultipliées de grand diamètre, hélices métalliques, hélices en bois à 2, 4 et G branches, ete, Ces expériences comparatives méthodiquement conduites ont amené Blériot à créer des types d’hélices dont la solidité et la résistance sont garanties. Il est arrivé à faire tourner des hélices de 2 m. 20 de diamètre, à [la vitesse de

Page 1