PROGRÈS DES AMÉRICAINS
Superbes vols des Héroplanes de 1’ ‘‘ Aerial Experiments Association ‘
Après la magnifique campagne d'essais de Wilbur \right en France, au moment même, où le célèbre aviateur, ayant donné à ses élèves le libre accès de l’atmosphère et détruit ainsi la dernière objection qu'on lui Opposait, va-t-il nous venir d'Amérique une nouvelle et redoutable concurrence ?
Les nouvelles encore un peu confuses qui nous parviennent d'Amérique, engageront nos aviateurs à ne pas s'endormir sur leurs lauriers.
Nos lecteurs ont suivi les expériences et les succès progressifs du Red Wing, du White Wing, du June Buy qui appartiennent tous à l’Aerial Experiments Associütion, syndicat de recherches d'aviation, à la tête duquel on trouve le professeur A.-Graham Bell et M. Curtiss (V. Aérophile 1908). Le dernier modèle, le Silver Dart le « dard d'argent », amélioration des types précédents, a dépassé les résultats précédemment atteints. Le 23 février, à Baddeck (Nova Scotia), M. Mac-Curdv couvre d'un seul vol 4 miles 1/2 à 50 pieds au-dessus du lac gelé de Baddeck-Bay, gagnant la Coupe du Scientific American.
Le $S mars, il faisait S miles (d'autres disent 12 miles, avec virage de bord), en 11° 15”.
Le 20 mars, M. Baldwin vole 25 kilomètres. M. Mac
D 2 D RO DIRE JM © D
Un des aéroplanes biplans de l’Aerial Experiments Association vu de côté au cours des expériences de l'année dernière,
Dernière inspection avant le départ,
174 15 Avril 1969
Le Cygnett IT, aéroplane à multiples cellules tétraédriques de M. Graham Bell (d’après Scientific American).
Curdy vola également 32 kil. et M. Richardson durant 38 minulcs.
Quant au Graham-Bell dont on à annoncé le vol, il semble qu'il y ait là une confusion. Le professeur Graham Bell, l'un des dirigeants de l’Aerial Experiments Association a fait aussi construire sur des données personnelles un aéroplane appelé Cygnett II. Les aéroplanes de l'Association ont volé mais le Cygnett 11, immense construction à cellules tétraédriques, muni d'un moteur Curtiss 50 chx, 8 cyl., refroidissement par air, n’a pas encore, à notre connaissance, été sérieusement essayé. On peut même se demander malgré lautorité de l'inventeur, si son engin arrivera à donner des résultats pratiques.
I1 n’en est pas ainsi, l'expérience le prouve, des aéroplanes de l’Aerial Experiments Association dont un modèle se trouve ici représenté dans une photo détaillée. Ces engins ne brillent pas par l'originalité : les plans superposés même avec leur arquée d'envergure, le gouvernail avant, la cellule arrière, les ailerons latéraux de stabilisation, leurs roues de lancement ou
Un des aéroplanes biplans de l'« Arial Experiments » en plein vol en 1908.
leurs patins, constituent des dispositions déjà utilisées par Wright, Voisin, Blériot, Ferber, etc.
Mais au fond, qu'importe, si les résultats sont bons ? Et ils le sont, les chiffres parlent. Il n'y a certainement pas engore péril pour nous... mais on ne doit négliger aucun avertissement. En aviation, aujourd'hui que le terrain commence à se déblayer, une longue patience,
Le Silver Dart en plein vol au-dessus du lac gelé en mars 1909 à Baddeck
Que inlassable ténacité peuvent suffire à conduire au ut.
Ajoutons que dans le prochain aéroplane de l'Acrial Association Experiment, dont les essais commenceront
au mois de mai, les plans ne seront plus arqués, mais auront leurs bords antérieur et postérieur horizontaux. Envergure : 30 pieds ; longueur d'avant en arrière
. pieds ; gouvernails à l'avant et à l'arrière; stabilité transversale assurée par des dispositifs nouveaux ; hélice de 5 pieds 1/2 de diamètre. Poids : 600 livres seulement. Poids utile : 200 livres (?). L'armature est en bois garnie de toile caoutchoutée. L'aéroplane est porté sur 3 roues, de telle façon qu'il puisse s'élever par ses propres forces sous l'action de la vitesse où aussi sous l'impulsion d’un dispositif extérieur de lancement comme le Wright.
— Le Cygnelt Il est laéroplane à cellules multiples tétraédriques du docteur Graham Bell. Cet appareil est composé de 3.660 cellules qui assemblées font en haut 16 mètres d'envergure et en bas 12 mètres ; l’ensemble mesure en bas 4 mètres de l'avant à l'arrière. La région médiane de l’ensemble cellulaire présente un vaste évidement où sont logés le moteur et le pilote.
Moteur Curtiss, 8 eyl., 2 carburateurs, refroidissement par air, de l’ « Aerial Experiments Association ».
Le moteur est un Curtiss 8 cylindres 35 chevaux à 1.060 tours, refroidissement à eau. Il actionne par une hélice en bois blanc située à l'arrière de l'ensemble cellulaire, démultipliée dans le rapport 18-24 et dont le diamètre est de 10 pieds pour un pas de 13 pieds.
A l'avant, se trouvent un gouvernail biplan de profondeur et un gouvernail vertical de direction, commandés tous deux par un unique volant mobile latéralement et dans le sens avant-arrière. L'aviateur est assis en avant de l'ensemble cellulaire en un point tel, que le centre de gravité de la machine vient à 15 centimètres du centre géométrique de la surface, les deux gouvernails n'étant pas mis en ligne de compte.
Le tout est monté sur 3 palins et pèse, aviateur compris, 950 livres. Le Cygnet II est très analogue au Cugnet 1 qui enleva en 1907 le regretté lieutenant Selfridge sur 168 pieds au-dessus du lac du Bras-d'or. Le Cygnet II, essayé le 22 février sur la glace de la baie de Baddeck ne s’enleva pas, mais par une fausse manœuvre brisa son propulseur. Le 24 février, nouvel essai, sans essor,