‹ L'Aérophile (volume 3)Chapitre 242 sur 698 · MM · texte numérisé non relu

MM

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Voiture Erhardt avec canon à tir rapide de 50 m/m. L/30 sur affût de voiture à pivot central, pour la poursuite et l'attaque des dirigeables.

(Cliché,de La Pratique automobile.)

Voiture de 50/60 chx pouvant faire une vitesse normale de 45 kim. à l'h. et monter des côtes de 22 °/.. Blindage en acier au nickel de 3 m/m. Les ouvertures pevvent être fermées; la partie avant peut être soulevée ; la coupole rotative est munie de judas mobiles. Derrière la pièce, caisse à munitions pouvant contenir 100 shrapnells à chambre inférieure lancés à la vitesse initiale de 572 m. Portée maxima par 43° d'élévation : 7.800 m.; portée maxima des gargousses : 4 200 m

Le tube du canon, fixé en son centre de gravité, est manœuvré en hauteur et latéralement par le déplacement d'une crosse épaulée par le canonnier. Frein hydraulique; poinlage par un guidon et une hausse mobile. Cinq hommes sont nécessaires pour le service.

Quatre pieds à vis commandés de l'intérieur sont descendus pendant le Lir pour fixer le canon.

vrages d'art ou pour les protéger ; plus en arrière, des transports de concentration, les uns par route, les autres par voie ferrée, se recoupant et s’entravant à chaque passage à niveau ; pense-l-on pouvoir, comme aux manœuvres (et encore |) maintenir libre un côté de la chaussée avec des colonnes d'hommes et de chevaux réunis de la veille pour un service inaccoutumé? Lancerait-on, sans prévenir et sans service d'ordre, des automobiles à 60 ou 80 à l'heure sur les grands boulevards une après-midi de carnaval? Voilà pourtant ce qu'on parle de faire pour poursuivre les ballons. Et cependant, nos boulevards parisiens, — sauf aux abords des chantiers du Métropolitain, — ont un macadam très roulant, des trottoirs pour piétons, choses assez inconnues sur nos routes de l'Est !

L'idée de poursuite, — la chasse à courre, — abandonnée, reste l'idée de zones de surveillan£e, — la chasse à l'affût. Mais cette solution a tous les inconvénients habituels de la défensive militaire. L'ennemi n’eût-il qu'un seul dirigeable, comme on ne sait où il se présentera, il faut avoir partout des pièces pour le canonner. Soyez sûr que si une partie du front ou des flancs est dégarnie, le dirigeable saura trouver le point faible et pénétrer par là dans la région prétendue interdite. Au lieu qu'un très petit nombre de pièces sulfirait si la poursuite était possible, un assez grand nombre est nécessaire pour protéger une zone. Or, si, dans une place forte, il est possible de faire passer des hommes d’une batterie à une autre voisine au moment du besoin, chaque pièce de campagne doit avoir son personnel propre affecté en permanence. L'emploi en campagne d'artillerie contre ballons nécessite la création d'unités spériales pour ce service, par suite un prélèvement sérieux sur l'artillerie des corps d'armée. Le succès obtenu vaudra-t-il le sacrifice nécessaire ? Il est permis d'en douter.

Pour nous en rendre compte, voyons si les progrès réalisés par le matériel Krupp sont de nature à révolutionner la situation. Ce matériel comporte plusieurs perfactionnements intéressants :

1° 11 jouit d’un champ de tir latéral illimité : les roues peuvent en effet pivoter autour de l'extrémité de l’essieu, de telle sorte que le canon portant sur ses deux roues et sa bêche de crossse décrive autour de celle-ci un cercle complet ;

82° L'emploi du système à recul différentiel (lancée en avant du canon sur l'affût avant le départ du coup au moyen de ressorts, suivie aussitôt du recul avec compression des ressorts après le départ du coup), combiné avec les tourillons de culasse et l’équilibreur de volée a permis l'emploi de grands angles de tir (1);

3° Le projectile employé est du genre fumigène.

Toutefois, il ne faut pas s’exagérer la valeur de ces perfectionnements. Au premier coup de canon, la bêche de crosse se fixe au sol dans une orientation déterminée : à quelle faible fraction de l'horizon se réduit alors le champ de tir latéral soi-disant illimité ? Il faudrait parler de champ de surveillance, et non de champ de tir. En outre, la position des roues pendant le tir leur fait courir un risque sérieux d'être brisées au premier coup. Les expériences faites l’ont été contre des ballons situés à 60 mètres de haut et 1.600 mètres de distance : l'angle de tir était faible, l'effort portait sur la crosse avec tendance au soulèvement des roues : sous un angle de 45°, qui nous assure que les rais n’eussent pas été, ou brisés, ou arrachés de la jante? Le tir dans de pareilles conditions ne prouve rien. Point n'est be. soin de nouveau matériel pour démolir un ballon à 60 m. de haut et 1.600 m. de distance, même par vent fort : notre 75 suffirait largement à la besogne.

Le chargement de la nouvelle pièce se fait à la main : il est évidemment difficile d'organiser le chargement automatique pour un canon de campagne. Néanmoins, tant que ce progrès ne sera pas réalisé, la rapidité du tir, même considérable pour de petits angles, restera faible pour les grands angles de tir. On nous dit que la pièce Krupp a tiré 5 coups en 8 secondes en tir horizontal ; il serait intéressant de savoir en quel temps elle les eût tirés sous l'angle de 60°.

Canon Krupp contre ballons, de 65 m/m. L/35, monté su affût de campagne. Vue de côté montrant la prise de direction en hauteur. (D'après la Revue Militaire Suisse.) (1) Ces perfectionnements, recul différentiel, tourillons

de culasse, équilibreur de volée, sont d'ailleurs emprun-

tés à l'artillerie française qui les utilise dans des pièces étudiées o ème mises en service dans ces dernières années.

Canon Krupp contre ballons (65 m/m., L/35) sur affüt de campagne, vu par l'arrière, le canon prêt à tirer sous un grand angle. À gauche du canon, un obus. (La vitesse initiale du projectile est de 620 m.) Outre le canon à dirigeables Krupp destiné à être monté sur voiture et représenté plus loin, il existe un troisième type de canon Krupp à dirigeables, de 105 m/m. et de 700 m. de vitesse initiale, destiné aux navires.

Essais de tir contre un ballon. — A gauche, trajectoire d'un obus incendiaire et fumigène passant au-dessus du ballon

visé. — A üroite, trajectoire d'un obus analogue qui touche le ballon visé. (D'après La Revue Militaire Suisse.)

L'adoption du projectile fumigène a l'avantage de rendre toute la trajectoire observable, au lieu du seul point d'éclatement. Le tir se règle en portée et direction, avons-nous déjà dit, comme le jet d'une pompe d'incendie. En outre, le projectile a même efficacité tout le long de sa trajectoire. La contre-partie de cet avantage est la nécessité d'un approvisionnement spécial avec les complications qui en résultent, et la spécialisation forcée du matériel au tir contre ballons. Cette

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