L. LAGRANGE
Aéronaute français en Turquie. —— [6e 15 mai, l'Orient-Express emportait vers la Turquie nouvelle notre ami Ernest Barbotle, qui va exécul®r une série d’ascensions dans les villes où ce spectacle est encore inédit.
Ernest Barbotlte emportait deux ballons caoutchoultés, un de 1.200 m° et un autre de 900 m’.
Il voyagera pendant cinq semaines et nous reviendra à fin juin.
Il était accompagné de M. Henri Turot, conseiller municipal de la Ville de Paris, qui va faire en Orient un voyage d'études.
De Constantinopie, Barbotte ira à Smyrn: et peut-être aussi à Athènes.
Il paraît que le nouveau gouvernement ture à marifesis un vif désir de savoir le parti que l’on peut lirer de !1 locomotion aérienne, et que des crédits importants ent élé votés à cet effet. -
La première ascension d’'Ernest. Barbotte en Turquie a eu lieu le 28 mai au parc militaire de Constantinople. Le pilote était accompagné de M. Henri Turot et de 3 officiers turés. Le ballon traversa le Bosphore et effectua un heureux atterrissage en Turquie d'Asie, aux environs de Scutari.
Salonique, à
Un ballon allemand en France. — « Sous ce litre,
beaucoup de journaux français ont raconté au commencement de ce mois l’histoire d'un ballon allemand qui à atterri dans la commune de Perrouse, près Cromary, canton de Rioz, arrondissement de Vesoul, dans la Haute-Saône. 11 s'agissait du ballon Siegler appartenant à la Société Aéronautique de Gôttingen. . « J'ai élé un des trois touristes occupant le Siegler et je vous prie de bien vouloir donner l'hospitalité à quelques mots que je voudrais dire sur l'accueil qui nous fût fait en France. La plupart des gens ont été très aimables et nous ont prêlé leur aide, mais le maire de Perrouse,:qui semblait avoir pris un peu trop à cœur les instructions ministérielles. avait visiblement la conviction que « la Patrie était en danger ! » Il voulut absolument nous amener tout de suite devant les autorités supérieures. Il fallut de longues explications pour oblenir de lui la permission d’emballer le ballon. D'autre part, je constate avec plaisir que le receveur de Rioz, qui venait le soir même, vers minuit, pour remplir son dur devoir, se montra on ne peut plus aimable et complaisant. Les aéronautes, qui repartirent pour l'Allemagne le lendemain même, avaient déjà élé oblicés de payer à Besancon, au compte du receveur, à Rioz. comme droits de douanc: pour l'envelopne 475 francs : pour le filet, 32 fr. 40: pour les suspensions, 2? francs: pour la nacelle, 5 fr. 40: pour les cordages el accessoires, $S fr. ainsi qu'un droit postal et télégraphique au receveur. Nous avons payé au total la somme de 526 fr. 10. :
« Les aéronaut-s de Gôüt'ingen pouvaient done se croire en règle avec les autorités françaises. Quelle ne fût pas leur déception en constatant, après leur retour en Allemagne, que toutes les plaaues et les films. au mépris des instructions ministérielles, avaient 6l6 détruits sans ou’on ait pu attribuer à une seule épreuve une importance militaire, D'autre part, le ballon arriva à Mulhouse avec un trou énorme qui nécessite plusieurs centaines de francs de réparations. Or. le ballon avait élé envoyé sous la responsabilité directe du maire d6
Perrouse. Ne-peut-on pas espérer que l'administration française ne maintiendra pas contre de simples touristes, dont deux étaient professeurs, et le troisième lieutenant, des mesures aussi rigoureuses ? Ne serait-il pas à souhaiter notamment que, par la remise des droits de douane perçus pour un ballon qui est tout dé suile reparti en Allemagne, elle indemnisät indireclement les aéronautes de Gôttingen du dommage réel qui leur a élé causé par les autorités françaises ?
« Quel que soit l'accueil que trouve celte démarche publique auprès du gouvernement français, les aéronautes allemands, mûs par-un sentiment de solidarité. confraternelle, ne cesseront de s’employer auprès des aulorilés allemandes pour leurs camarades français qui se trouveraient dans des cas analogues en Allemagne.
« Gôltingen, 16 juin 1909.
« ADOLF POHLMANN, 2 « docleur ès lettres el professeur. »
On ne peut qu'approuver la réclamation si justifiée, si modérée et si courtoise des aéronautes allemands. Nous espérons que les démarches faites depuis longtémps par l'Aéro-Club de France auprès de M. le Président du Conseil et les arguments dont ce dernier à paru frappé, nous vaudront enfin les mesures « libérales » que nous faisions prévoir dans notre dernier numéro. (Voir « Les ballons étrangers et les droits de douane », page 27.) Nous n'avons pas voulu engager une discussion Sur res dangers que peuvent faire courir à la défense nationale lès incursions des ballons étrangers au-dessus de notre territoire ; avec le commandant Renard et bien d'autres autorités en la matière, nous considérons ces prétendus dangers comme absolument, chimeriques. à
. Mais la restitution des droits de douane pour un objet qui n'est pas importé, et relourne immédiatement à son lieu d'origine, et même la réparation pécuniaire pour les dommages causés par un mauvais emballage effectué sous la responsabilité des autorités, n’ont pas besoin d'être plaidés. C’est une question de pure équité et de simple bon sens.
Les atterrissages hors frontières. — En présence des difficultés crées aux aéronautes allemands alterrissant en France, les sociétés allemandes arrétent aux frontières leurs voyages aériens. La société aéronaulique du Bas-Rhin à défendu à ses membres d'atterrir en France. Les pilotes passant outre, se verront retirer pour une période d’au moins 6 mois le brevet de pilote.
Il faut espérer avant peu qu'un arrangement favovable interviendra.
L'Atilantique en ballon. — Le professeur Henry Clayton, ex-météorologiste de l’observatoire de Blue- Hill, où il étudia pendant de longues années les courants aériens, voudrait tenter dit-on, prochainement, ia traversée de l'Océan Atlantique en ballon, maintes fois proposée et jamais essayée.
Le ballon fatal
__ Le ballon Hergesell à bord duquel le 12 octobre 1908, les lieutenants Fortsch et Hummel, se noyèrent en mer, a trouvé sa fin à Strasbourg, le 12 avril 1909. Tout comme six mois auparavant, le ballon ne voulait pas partir et après avoir laissé beaucoup de lest, il s’élève lentement et s'embarrasse dans une grue ; s'étant dégagé, il s'approche d'une cheminée de 35 à 40 mètres, la frôle jusqu'en haut, et finalement se déchire au paratonnerre et à la girouette.. Le reste de l'enveloppe forma parachute et l'ensemble s’embarrassa dans la construction métallique du réservoir à eau d'où les aides et ouvriers dégagèrent les quatre passagers qui en furent quittes pour la peur !!
E. RecKkeTONr
302 17 Juillet 1909