MILITAIRES
Système Vaniman BREVETÉE EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER
l'Aércphile 327
Le dirigeable La Belgique. HIT, ralinguc; G, étambot; C, soupape à gaz; B, soupape à air du ballonnet; F, étrave; D, quille; E, perche; J, gouvernail de direction; RR, hélices; N, moteur d'arrière ; 11, empennage horizoutal (en demi-lore) et vertical
{par plans entoilés).
position dont l’utililé, sinon la nécessité, n'est plus guère conteslée ; c'est la première fois qu'on la trouve appliquée sur un ballon d'aussi faible tonnage. Il y avait là une difficullé très heureusement résolue.
Notre article du 15 mars et les diverses légendes des photos ci-contre, indiquent assez les caractéristiques de l'appareil et l'agencement des divers organes pour qu'il soit inutile d'insister à nouveau.
La première expérience a eu lieu, malgré la pluie, le 28 juin, à Boitsford, près de Bruxelles. Cette sortie inaugurale dans laquelle on n'utilisa, pour commencer, qu'un seul des deux moteurs Vivinus de 60 chx, a duré
Vue de la nacelle du dirigeable La Belgique.
E, perche; K, gouvernail de profondeur: $, poste du pilote ; U, radiateurs; RR,hélices avant et a'rière tournanten sens inverse; T, volant du moteur ; T',embrayage; Q, arbre d'hélice. La vue est prise sous le hangar de Boitsford, creusé, comme on voil, d'une fossed »nnant place à la nacelle, comme dans le premier hangar de Moisson.
26 minutes. L'aéronat décrivit à 200 mètres d'altitude, deux cercles de 4 kilomètres environ de diamètre (V. Carte ci-contre), faisant preuve d’une stabilité et d'une tenue remarquable et atterrissant d'une façon fort aisée, à 109 mètres du hangar.
Cette première expérience, t intéressante, était conduite par M. Louis Godard: après tant de belles ascensions en sphérique, l’habile constructeur faisait ainsi un excellent début de pilote d’autoballons. Les
Vue de la nacelle du dirigeable 7 a Belgique montrant la disposition des propulseurs. R etR, hélices; Q, arbre del'hélice avant ; TT, embrayages ; T’, volant du moteur ; UU, radia-
teurs N, moteurs ; S, poste du pilole; V, ventilateur.
essais préliminaires se continueront progressivement et avec méthode et seront suivis d’excursions et de voyages prolongés. M. R. Goldschmidt, propriétaire de rengin, élait également à bord dans la première sortie.
Le ballon La Belgique parait donc appelé à fair honneur à ses constructeurs. On sait que l'étude d’en-
semble de l'engin, l'exécution de l'enveloppe de la carène, de la suspension et des hélices, sont l'œuvre
de M. Louis Godard. La partie motrice et mécanique el la construction de la nacelle sont dues à M. Goldschmidt l'excellent ingénieur et sportsman belge.
M. DEcouL
Les Bienfaiteurs de l’Aéronautique
M. Henri Deutsch de La Meurthe fonde un institut aëéro-technique, qu’il dote de 500.000 francs. M. Z. Bazil Zaharoff fonde une chaire d'aviation, au’il dote de 700.000 francs.
Le 28 juin, en séance du Conseil de l’Université de Paris, à la Sorbonne, deux libéralités considérables qui profitent à l'aviation étaient rendues publiques par M. Liard, vice-recteur.
M. Henri Deutsch de la Meurthe offrait à l'Université de Paris une donation « pour la fondation d'un Institut aéro-technique », ayant pour objet de poursuivre toutes études et recherches aéro-techniques tendant au perfectionnement des appareils de locomotion aérienne sous toutes ses formes. Cette offre comprenait un capital de 500.000 francs et une subvention annuelle de 15.000 francs.
D'autre part, M. Bazil Zaharoff, riche Hellène résidant à Paris, offrait à l'Université de Paris « un capital de 700.000 francs dont les arrérages seront appliqués à la fondation d’une chaire d'aviation à la Faculté des Sciences de Paris ».
Le Conseil de l'Université a accepté ces libéralités avec reconnaissance et decidé que l’Institut aéro-technique serait appelé « Fondation Henri Deutsch » et la chaire d'aviation « Fondation Bazil Zaharoff ».
L'Université de Paris attribue à la « Fondation Henri Deutsch de la Meurthe une subvention supplémentaire de 10.000 francs.
Ainsi se trouvent réalisés d’un seul coup, par un geste presque simultané dont on ne saurait trop louer la grandiose et intelligente largesse, deux projets dont la mise sur pied laborieusement poursuivie depuis quelques temps, ne semblait point engore si prochaine.
En décrivant, dans l’Aérophile du 1* mai, l’important Institut d'aérodynamique créé à Koutchino (Russie), par M. Riabouchinsky, nous émettions le vœu de von: un Français fortuné suivre l'exemple du Mécène russe. Il n’a fallu que quelques semaines pour voir ce vœu Liagniliquement réalisé par celui de nos compatriotes qui possédait déjà le plus de titres à la reconnaissance de tous les amis de l’aérolocomotion. A l'Université de Paris de faire de la libéralité d'Henri Deutsch de la Meurthe, l'usage le plus profitable aux progrès de l'aérotechnique, Un bâtiment spécial sera probablement édifié dans la région parisienne et sera muni de tout le matériel de recherches nécessaire. Souhaitons que ces recherches soient surtout orientées du côté des applications directes et que les portes du nouvel Institut soient largement ouvertes aux ingénieurs, constructeurs et praticiens qui auront à élucider certaines questions d'une utilité pratique immédiate, C’est Ià, croyons-nous, le vœu du fondateur. Il ne faut pas que le nouvel Institut soit uniquement un laboraioire de hautes études théoriques, il devra rester constamment en contact avec les réalités industrielles.
Rappelons en terminant que l’idée d’un Institut aérotechnique est due à notre savant collaborateur S. Drzewiecki. Sur son initiative, la création d’un établissement de ce genre fut étudiée dès 1904 par la Commission d'aviation de l’Aéro-Club de France. Mais l'heure de l'aviation n'avait pas encore sonné et on reconnut qu'il n'y avait aucune chance de trouver les fonds nécessaires. L'Aéro-Club reprit la question il y à quelques mois.
Une commission comprenant des délégués des divers groupements s'intéressant à la locomotion aérienne s'était réunie plusieurs fois au siège social de l’Aéro-Club. Elle avait décidé que l’œuvre projetée, qui devait porter le nom d'Institut national d'aviation, ne serait pas sous la dépendance de l'Etat. Un projet de statuts avait été élaboré et quatre groupements (Automobile-Club, Ligue nationale aérienne, Chambre syndicale des Industries aéronautiques, Aéro-Club de France), avaient pris l'engagement de contribuer, pour la même somme, aux dépenses d'établissement. D'autre part, l’Aéro-Club avait ouvert une souscription qui fut arrêtée dès ses débuts sur la demande des délégués de certains groupements qui estimèrent avec raison qu’il était préférable, pour l’œuvre projetée, de faire ultérieurement un effcré collectif dans la presse.
15 Juillet 1909
Telle était la situation quand MM. H. Deutsch de la Meurthe et Zaharoff ont fait à l'Université de Paris, les dons généreux qu'on connaît. Aussi, la Commission du laboratoire aérodynamique a-t-elle décidé de réserver son action et de ne se réunir que si les circonstances motivaient une convocation.
En ce qui concerne les souscripteurs de l’Aéro-Club tous ont été consultés sur l'emploi qui devait être fait de leurs fonds. La plupart des souscripteurs les abandonnent au budget de la Commission d'aviation de l’Aéro-Club de France,
Puizos