LOUIS” PAULHAN
touristes aériens à travers champs, de ville à ville. Il a déjà fait, dans les diverses épreuves auxquelles il a pris part, une ample moisson de lauriers.
Celui qui vient de s'imposer si brillamment à l'attention publique est, malgré sa jeunesse, connu ct cslimé dans les milieux aéronautiques,
Né à Pézenas (Hérault), le 19 juillet 1883, Louis Paulhan, sorti à 16 ans de l’École professionnelle Rouvier, à Toulon, navigue de 16 à 18 ans comme pilotin, de Érnee au Japon, sur la ligne des Messageries Maritimes. En-
gagé volontaire au 1* génie, dans le bataillon des Sapeurs-aérostiers. Ses sérieuses connaissances pratiques, son goût pour la mécanique et l'aérostation lui valaient, en six mois, les galons de sous-officier. Il passe ensuite à Chalais-Meudon avec le colonel Renard, et c’est là que Ferber le prenait pour le seconder dans ses expériences d'aviation. A cette excellente école, Louis Paulhan s'assimilait vite les principes théoriques de l'aviation et son esprit ingénieux et inventif le conduisait à des applications personnelles. Il construit alors plusieurs petits modèles d’aéroplanes fort intéressants. Citons notamment l’aéroplane genre Langley (construit en collaboration avec son camarade Peyret, aujourd'hui chef d'atelier chez Blériot), qui fut primé au concours de modèles de l’Aéro-Club de France en 1905, et les divers appareils réduits très remarqués qu'il présentait, en 1907 et 1908, aux concours de modèles de l’'Aéronautique-Club de France.
Libéré du service militaire, Louis Paulhan était engagé par les ateliers Surcouf et faisait, en qualité de mécanicien, la campagne d'expériences du dirigeable Ville-de-Paris (1907-1908). IL participait aussi aux travaux d'aviation de son pilote, M. Ilenry Kapferer et à la construction ‘de l’aéroplane Astra. Dernièrement, Louis Paulhan créait une maison de jouets d'aviation dont les modèles se distinguent par leur ingéniosité el leur parfait fonctionnement.
Il y a quelques semaines, Louis Paulhan Dienait livraison d'un planeur Voisin, offert par les célèbres consiruc eu comme premier prix du concours de modèles de l’'Aéronaulique-Club de France en 1908. Il réussissait à ne une Société qui lui permit d’acquérir les engins de propulsion et de transformer son planeur en aéroplane automoteur. On sait le reste.
Excellent mécanicien, habitué à l'atmosphère et à l'altitude par ses ascensions en sphérique et en dirigeable, énergique, audacieux, plein de sang-froid, parfaitement au courant de l'aviation, Louis Paulhan a toutes les qualités nécessaires pour se placer au premier rang de nos aviateurs. Il le prouve d'ailleurs en ce moment, par des arguments péremptloires.
M. DEGOUL
Recherches Aérodynamiques
J'ai décrit dans un précédent article (Aérophile du 15 juin 1909), l'appareil qui me sert à faire des recherches aérodynamiques ; je vais donner maintenant les premiers résultats fournis par cette méthode d’expériences.
1° Centres de poussée
L'élude des efforts sustentaleurs de l'air sur des surfaces planes doit commencer par la recherche des centres de poussée.
Nous avons déterminé les centres de poussée par deux méthodes différentes :
1° En assujettissant la plaque à lourner autour d'un axe fixe et l’abandonnant à l'action du courant. Elle prenait alors une certaine inclinaison dépendant de la position de l'axe; et, pour cetle inclinaison, le centre de poussée se trouvait déterminé, puisqu'il se plaçait nécessairement sur l'axe même.
Généralement, l'équilibre était stable, mais, pour certaines inclinaisons avec des surfaces courbes, l’équilibre était instable. Cette méthode de détermination des centres de poussée n’est donc pas générale.
2° En plaçant l'axe de rotation de la plaque à l’un des bords de celle-ci et chargeant cette plaque de poids
- variables, elle prenait sous l’action du courant d'air des inclinaisons dépendant de la vitesse et du poids propre de la plaque additionné du poids supplémentaire. Une mesure des poussées préalable donnait, par une première approximation, la valeur de la poussée totale d’où on pouvait déduire la position du centre de poussée. Dans cette deuxième méthode, l'équilibre est toujours stable. Les résultats obtenus par elle concordent d’ailleurs très bien avec ceux donnés par la première.
Le graphique ci-dessous (fig. 1) résume les résultats obtenus avec une plaque plane en tôle rectangulaire ayant 300 millim. de côté sur 500 placée devant le courant de façon que le grand côté soit perpendiculaire à la direction de ce courant. L’épaisseur de la plaque était de 1 millim. 25. Les bords antérieurs et postérieurs étaient amincis en biseau.
En abscisse est porté le rapport de la distance x du centre de poussée au bord antérieur à la largeur de la plaque ; en ordonnée, l'angle x correspondant que fait la plaque avec la direction du courant initial. Nous avons vérifié que la position du centre de poussée, pour un angle déterminé, ne variait pas sensiblement avec la vitesse de l'air jusqu'à un peu plus que de 30 mètres par seconde.
D'après ce graphique, on voit que pour de pelites inclinaisons, l’abscisse du centre de poussée tend vers la valeur 0,236. A mesure que l'angle augmente, le centre recule, d’abord lentement, puis plus rapidement.