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EXPÉRIENCES ayant déjà tenu l'air
-NAPHTA
X l’Aérophile du 1° Août 1909
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AEROPLANES - MOTEURS
AÉROPLANE ‘‘ ANTOINETTE IV ’’ Monté par M, Latham
Vol de 1 heure 7 37
AU CAMP DE CHALONS 4 4 GS juin 1DOD **x
RECORD ve MONDE o0 MONOPLAN
Record français du vol mécanique
28, Rue des Bas-Rogers = PUTEAUX
l’Aérophile 347
çaises, il a déjà rejoint le rapide torpilleur, lorsque soudain, lhélice ralentit, s'arrête. Le monoplan descend doucement, progressivement, se pose sur l’onde calme.
C'est la panne ! dont il sera impossible de savoir la cause, car le moteur est noyé par l’eau de mer.
.… Mais l'appareil flotte heureusement, piquant légèrement du nez, le moteur affleurant. Le /larpon met un canot à la mer et l’on embarque Latham qui, tranquille, est demeuré à son volant, une cigarette aux lèvres, les pieds dans l’eau. Le point où l'appareil fut retrouvé semble être à gauche de la droite Sangatte- Douvres, soit que l’aéroplane ait dérivé sous l’action des courants aériens, soit que les courants marins l’aient entraîné pendant qu'il flottait sur l’eau.
Le remorqueur Calaisien procède ensuite au sauvetage
L'Antoinelte JV est hissé à bord du Ca/aisien (vue prise du cor tre-torpilleur Harpon à gauche sur la photo.) (Photo Branger.)
de l’aéroplane qu'il parvient à hisser à un mât de charge, non sans l'endommager quelque peu.
À Calais, où l'anxiété était grande pendant les longues heures où l’on demeura sans nouvelles de l'hommeoiseau que l’on avait vu disparaître à l'horizon du large, Latham fait une rentrée triomphale. Les Calaisiens en- {housiastes ne ménagent point à l’aviateur des applaudissements que lui ont justement mérilés son audace el son courage,
Latham, interwiewé, s'est contenté de répondre : « Je n'ai point élé heureux celte fois-ci, mais la Manche sera vaincue demain : je recommencerai et réussirai ! »
Et, en compagnie de Levavasseur, l'éminent ingénieur qui sut créer l’admirable oiseau mécanique digne de ce hardi pilote, Latham est revenu à son hangar de Sangatte, se mettre immédiatement à l'œuvre ! En attendant que l’Antoinette IV soit réparé, Laham se servira d'un nouveau monoplan, l’Antoinelle VII qu'il éprouvera par un ou deux vols d'essai avant de se lancer à nouveau au-dessus des flots.
Blériot s'engage.
Dès que fut connu, à Paris, l'insuccès de Latham, Blériot, qui avait retardé jusque là, par un délicat souci de correction et de courtoisie, de se mettre sur les rangs, Blériot envoyait au Daily Mail son engagement le 19 juillet.
L'aviateur ne perdait point son temps puisque, le surlendemain, 21 juillet, il partait à Calais, accompagné de Mme Blériot, MM. A. Leblanc et A. Fournier, reconnaissait le pays, choisissait une vaste plaine derrière le village des Barraques où justement, un hangar était mis gracieusement à sa disposition et, le soir même, y installait son appareil, le monoplan n° XI, le glorieux monoplan qui vola d'Etampes à Artenay et pourrait bien réussir le voyage plus sensationnel encore de Calais à Douvres ! Un flotteur gonflé d'air sera installé dans le fuselage de l'appareil.
De Lambert se prépare.
De Lambert à Wissunt. — Nous avons déjà dit que le comte de Lambert, un troisième compétiteur, s'était ins-
tallé à Wissant. Hangar démontable, couvert en zinc, très robuste, grand terrain propice au vol, bien abrité dans les dunes avec entrée sur la plage et une-splendide bande de sable de 400 mètres de large, 3 kil. de long, abritée par le Gris-Nez et le Blanc-Nez ; de Lambert a eu la main heureuse. Son biplan Wright, construit par Toxna, muni d'un 24 HP. Barriquand et Marre est arrivé là-bas le 14 juillet; le 16, l'appareil était monté, et, depuis, M. de Lambert, avec un flegme, un esprit de méthode que ne renierait point Wilbur, travaille dans le silence, se prépare, met au point minutieusement.…
EDpMonp PoILLOT
Les expériences de Paulhan
A Issy-les-Moulineaux. — Le 5 juület, Paulhan avait convoqué les commissaires de l’Aé. C. F., sur le champ de manœuvres d'Issy-les-Moulineaux, dans l'intention de disputer le prix des 500 mètres.
Malheureusement, tout n’était pas au point, et malgré qu’il effectuât plusieurs petits vols, l’aviateur ne put franchir la distance qui séparait les fanions.
A Douai. — Paulhan fait ensuite transporter son biplan Voisin à l'aérodrome de la Brayelle. Le 10 juillet, après quelque petits vols d'essai réussis la veille, l’aviateur vole plus de 2 kil. à 60 à l'heure et à 15 mètres d'altitude, s’adjoignant ainsi l'une des primes de 1.000 francs pour le kilomètre.
Le 13, premier beau vol du jeune aviateur, qui, concourant pour le prix du maximum de parcours, accomplit 12 kil. en 15 minutes.
Louis Paulhan, dans son biplan Voisin, gagne par 150 mètres de hauteur le Prix de la hauteur au meeting de Douai
(18 juillet 1909.) (Photo Branger.)
348 1° Août 1909
Le 14 juillet, Paulhan ouvre la série de ses remarquables performances par une envolée audacieuse au-dessus de Douai. S'enlevant de l'aérodrome de la Brayelle, il file vers le faubourg d'Esquerchin, distant de 4 kil. évolue longuement au-dessus des maisons, réintégrant son hangar après un vol d'un quart d'heure.
Le 15 juillet, autre vol plus sensationnel encore. Le biplan Voisin, muni d’un 7 Cyl. Gnôme, de Paulhan, tient l'atmosphère pendant 1 h. 7 m.'19 s., couvrant, à une hauteur de 30 mètres, 47 kil. Temps et distance officiellement constatés. Le manque d'essence oblige à l’atterrissage l’aviateur, qui n'en bat pas moins les records français ds biplans détenu par P. Tissandier sur biplan Wright (1 h. 2 min., à Pau, 20 mai 1909). Le record français de durée reste à Latham sur monoplan Antoinette (1h. 7 min. 37 sec., à Mourmelon, 5 juin 1909).
Enfin, le 18 juillet dernier, jour du meeting, Paulhan s'offre le luxe de battre le record de la hauteur établi par Wilbur Wright, à Auvours, le 18 décembre 1908 avec 110 mètres.
Le biplan Voisin du jeune aviateur évolue en effet à 150 mètres de hauteur, à 30 mètres au-dessus de la ligne des ballonnets. Après un atterrissage impeccable, Paulhan repart, follement ovationné, s’attaquant au record de durée de Latham. Mais, alors qu’il semble en excellente posture pour le battre, il doit atterrir, après 57 minutes de vol, ayant épuisé sa provision d'huile.
Le voyage Douai-Arras. — Le 19 juillet, à 5 h. 1/2, Paulhan s'enlève de l'aérodrome de la Brayelle. Le brouillard le contraint à atterrir dans un champ, à un kilomètre environ.
L'aviateur règle sa magnéto et repart une demi-heure plus tard, et, couvrant les 20 kil. en 22 minutes, file vers Arras à 50 mètres de hauteur.
Il atterrit dans un champ aux portes de la ville : les autorités et la population lui font une réception enthousiaste.
A 7 h. 30, Paulhan reprend son vol et, après un fort beau virage à 30 mètres de haut, revient vers Douai. Mais, à 3 kil. de là, un coup de vent abat le biplan dans un champ, où il casse son équilibreur.
Côté Abrest J, £
Paulhan, qui n’a point le temps de réparer, se contente alors de démonter son appareil et de l’expédier immédiatement à Vichy. (Voir sous la rubrique « La semaine de Vichy » les belles performances de Paulhan.)
Les expériences de Blériot
A Douai. — Blériot, engagé dans le meeting de Douai, installe son monoplan n° XII, à l'aérodrome de la Brayelle. Le 9 juillet, il réussit déjà quelques petits vols, en présence d'un nombreux public.
Le lendemain, malgré la pluie battante, Blériot couvre un tour de piste, ? kil. en 2? minutes. Il exécute ensuite trois tours de piste, puis enlève avec lui M. A. Leblanc.
Enfin, le dernier jour du meeting, le 18 juillet, Blériot s'adjuge le Prix Mahieu, ayant couvert le kilomètre en demi-cercle, en 1 m. 9 s. et le Prix du Tour de vitesse, 2 kil. en 2? m. 29 s. Souffrant d'une récente brülure au pied, l’aviateur doit alors interrompre malheureusement ses expériences.
Blériot gagne le prix du voyage, le 13 juillet (voir compte rendu spécial).
Blériot vole de Calais à Douvres, le 25 juillet (voir compte rendu spécial).
Le meeting d'aviation de Douai
Voir les résultats de ce meeting sous les rubriques « Les expériences de Paulhan » et « Les expériences de Blériot ». Le complet succès de ce meeting fait grand honneur aux organisateurs et particulièrement à M. Louis Bréguet qui fut le promoteur de cette entreprise. Le 9 juillet, une délégation de parlementaires français et de membres de la Douma russe visita l’aérodrome et assista à quelques vols.
Plan de l'aérodrome de Vichy. À, administration ; B, buffet; C, tribunes de 1r° classe; D, tribunes de 2° classe; E, entrée 2° et 3° classes ; J, entrée du buffet; (x, garage d'automobiles ; H, haagars: P, pelouse public 3e classe. Les tribunes et les hangars ont été détruits par un ouragan le 25 juillet et les aéroplanes abrités fort endommagés.
La Semaine de Viehy
La Semaine de Vichy avait réuni sept engagements particulièrement intéressants, ceux de Blériot, Paulhan, de Rue, Delagrange, Zipfel, Tissandier et Latham. On dut malheureusement enregistrer les forfaits de Delagrange, qui se trouve en ce moment sans appareil, de Latham et de Blériot retenus à Calais et en Beauce.
Lorsque le meeting s’ouvrit, le 18 juillet, deux aviateurs seuls étaient présents : Zipfel, qui n'était pas encore « fin prêt » et Tissandier, qui n'avait point achevé le montage de son biplan Wright. Si bien que le public, a bout de patience, envahit la piste vers le soir, sans occasionner d’ailleurs aucun dégât.
Le 19 juillet, Tissandier essaie un vol avec un passager, fait faux départ et casse un patin. Le lendemain, il effectue un beau vol de 10 m. 21 s. à 12 mètres de haut. Le temps officiel ne porte que sur trois tours, 5 kil. en 6 m. 17 s. 4/5. Zipfel fait deux faux départs.
Enfin le ?1 juillet, Tissandier réussit un vol magnifique de 56 m. 32 s. 2/5, avec les temps intermédiaires suivants : Prix du Passage de l'Allier, 5 m. 1. 2/5. Tour de piste, 1 m. 52 s. Grand Prix de Vichy, 20 kil. en 23 m. 29 s. Le parcours total de ce vol est estimé à 45 kil. 866 en 26 tours, non compris les trajets hors piste.
Deux aéroplanes volent de conserve. — Le ?2 juillet, Paulhan arrivé à Vichy, pouvait prendre part aux épreuves avec son biplan Voisin. Pour la première fois au monde, on put voir l'inoubliable spectacle de deux aéroplanes volant simultanément et luttant de vitesse, spectacle qui se reproduira souvent au cours des épreuves de cet été.
Tissandier avait pris son vol à 7 h. du soir, quand Paulhan s'éleva ensuite, fit un tour de piste dans son biplan Voisin, un peu moins vite que Tissandier et atterrit. Tissandier, continuant, fit 20 kil. en 22 min. 53 sec., battant son temps de la veille, 35 sec. 3/5.
Paulhan reparti seul en piste, fit 9 tours.
Un peu plus tard, au moment où Tissandier s’enlevait en compagnie de M. René Gasnier pour disputer le prix du passager, l’aéroplane avait à peine quitté le rail de lancement qu'il retomba, brisant ses deux hélices et ses deux patins. Les deux aviateurs n’eurent aucun mal, mais cet accident qui immobilisera Tissandier 3 ou 4 jours, lui coûtera peut-être le prix de la Tenue de l'Air, pour lequel il avait une superbe chance. Ce prix de 5.000 francs, créé par M. Hennessy, doit être attribué à l’aviateur dont les vols pendant le meeting, donneront, totalisés. la plus grande durée.
Voir plus loin, suite du meeting.
Au Gamp de Châlons
Henri Farman et ses élèves
Belles performances de Roger Sommer. — Un nouvel aviateur, M. Roger Sommer, était également venu S'installer au camp de Châlons, afin de procéder aux essais d’un biplan Farman dont il venait de faire l'achat. Voir Aérophile 15 juillet, p. 321.) Le 5 juillet, l'élève-pilote réussissait un beau vol d'une demi-heure et, le 13 juillet, deux vols de 15 et 19 minules à 10 mètres d'altitude.
Le 15 juillet, Sommer exécutait un superbe vol de 27 minutes à 20 mètres d'altitude. À un second essai, l'aviateur franchit les limites de l'aérodrome, vole jusqu'à Valdenay, à 6 kil. et revient atlerrir près de son hangar, ayant couvert les 12 kil. en 12 minutes.
Le 17 juillet, il vole une demi-heure avec douze litres d'essence seulement.
Le lendemain 18 juillet, enfin, M. Roger Sommer réussissait une performance plus sensationnelle encore, tenant l'atmosphère pendant 1 heure 4 minutes, approchant ainsi de trois minutes le record de Latham.
Le 20 juillet, l'aviateur réussit encore trois vols de 10, 18 et 6 minutes, puis une superbe envolée de 45 minutes.
Le 22, vol de 38 minutes.
Farman bat les records français. — Depuis quelque temps, Henri Farman semblait s’en tenir à l’ap-
prentissage de ses élèves-pilotes, MM. Sommer et Cockburn. Mais le gagnant du Prix Deutsch-Archdeacon sut de nouveau s'imposer à l'attention générale par une splendide performance, avec le biplan qu'il a étudié et construit lui-même.
Le 19 juillet, Farman, parti à 8 h. 17 m. 30 s. du soir, faisait, dans la nuit, un vol d’une heure vingt-trois minutes, battant ainsi tous les records français. L'atterrissage, un peu brusque, s’effectua sur un petit tas de craie. Le record français de durée appartient depuis le 5 juin à Latham par 1 h. 7? min. 37 sec. A la date du ?5 juillet, il constituait encore le record officiel, la durée de Farman n'ayant pas été contrôlée régulièrement, à notre connaissance.
Le lendemain, 20 juillet, Farman expérimente, pour la première fois, un nouvel appareil destiné à Cockburn. Le biplan s’enlève très facilement au premier essai. L'aviateur fait alors monter auprès de lui M. Cockburn et exécute un tour de piste complet. Farman estime avoir battu le record du poids enlevé : MM. Cockburn et Farman, 92 et 74 kilos, 40 kilos d'essence et d'huile, soit, au total, 206 kilos. Notons cependant que M. Blériot enleva, à Issy, MM. Santos-Dumont et A. Fournier et de l'essence et de l'huile, soit un poids total probablement équivalent et cela avec 24 m° de surface alaire seulernent et un moteur beaucoup moins puissant (30-35 chx).
Le biplan de Farman a, en effet, près de 50 m° de surface portante et est muni d'un moteur de 50 chx.
Les élèves de Voisin s’entrainent
Le 21 juillet, au camp de Châlons, Henry Fournier continuant son entraînement commencé à Issy et à Port-Aviation, exécute six vols de deux tours de piste.
Le même jour, M. Colliex, chef du bureau de dessin des ateliers Voisin, exécute un tour de piste sur biplan Voisin.
Les essais de Jean Gobron. — Malgré un vent violent et irrégulier de 20 kil. à l'heure, Jean Gobron réussit, le 8 juillet, avec son biplan Voisin, un vol de 7 minutes à 12 mètres d'altitude.
Le lendemain, le jeune aviateur gagne le prix des 500 mètres de l'Aéro-Club de France, par un beau vol de 5 minutes 5 secondes. Malgré le vent assez fort, il exécute ensuite deux autres vols de 5 minutes à 20 mètres de hauteur. Le 11 juillet, Gobron exécute plusieurs vols de 10 minutes à 20 mètres de hauteur.
Les pilotes d'’ « Antoinette » s'’entraîinent
L' « Antoinette » à Mourmelon. — Ie 9 juillet, Demanest, poursuivant les expériences de son monoplan Antoinette, vole plusieurs tours d’aérodrome. Le 11. l'aviateur exécute deux vols de 10 minutes mais, pris dans un virage par un violent coup de vent, il est rabattu au sol d’une hauteur de 30 mètres, brisant son appareil.
Le 20 juillet, de 7 h. 20 du soir à 8 h. 45, un autre pilote d'Antoinette, le capitaine Burgeat, exécute plusieurs petits vols.
Le capitaine Burgeat sur san monoplan Antoinette
continue son entrainement à Mourmelon ; il exécute le 21 juillet, un vol de 600 mètres.
* # * A Belfort Les essais de de Rue. — Après ses beaux vols
exécutés au cours de la fête de charité de Port-Aviation. de Rue avait démonté son biplan, qu'il avait expédié à Douai où il arriva le G juillet. Le 9 juillet, l'aviateur exécute plusieurs petits vols.
De Rue quitte alors Douai pour Belfort où il esl engagé pour exécuter des expériences. Sur le champ de manœuvres de cette dernière ville, il exécute, le 17 juillet, un série de petits vols de 1.500 mètres interrompus par l'exiguité du terrain.
350 1 Août 1909 ®