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Voyage du Zeppelin III de Friedrichshafen À Berlin et retour (27 août-2 septembre) avec indication des 5 escales et des principaux points repérés.
poitrines, tandis que les cloches de toutes les églises sonnaient à toute volée, Enfin, à 1 h. 50, il prit terre sur le champ de tir de Tegel.
Une hélice du dirigeable fut changée et, centrairement aux prévisions, le Zeppelin appareilla dans la soirée, à 11 h. 30. Peu de personnes assistaient au départ qu'on attendait douze heures plus tard.
Le dirigenble allemand, que pilotait à ce moment l'in. génieur Durr et le fils du comte, ne devait pas aner bien loin. Le 20 août, à l'aube, un des trois propaiseurs qui Jui restaient volait en éclats, dont l'un crevait l'en-
15 Septembre 1909
veloppe, et le gaz s'échappait. Bien que le ballon put se maintenir dans l'atmosphère en jetant beaucoup de lest, les piloles préférèrent interrompre le voyage et alterrir dans une prairie, à Bulzig, près de Wittemberg.
Le dirigeable eut beaucoup a souffrir de la pluie el du vent; les rafales l'agitaient violemment. Pour le maintenir, une corde fut passée autour du ballon et, de part et d'autre, des soldats s’y cramponnèrent afin de faciliter la réparation du ballonnet éventré. L'enveloppe entourant la carcasse d'aluminium ‘ut découpée à cet endroit ; le vent s’engoutfra alors dans le ccrps du dirigeable et déchira une grande partie de l’enveoppe. È
Enfin, les réparations étaient terminées le 1“ seplembre, après-midi, et le Zeppelin quittait Bulzig à 11 h. du soir, reprenant la route de Friedrichshafen, piloté par l'ingénieur Durr et le fils du comte Zeppelin, avec 9 hommes à bord.
Le ballon suivait alors à rebours l'itinéraire de l'aller Friedrichshafen-Berlin et traversait successivement Bitterfeld, Leipzig, Gera, Greiz, Bayreuth, Nuremberg : signalé à 4 h. 50 à Gunzenhausen, il accédérait son allure et arrivait en vue d'Ulm à 7 h. 40. Les habitants d'Ulm, qui avaient voulu faire fête au Zeppelin, avaient pavoisé leurs maisons et illuminé le clocher de la cathédrale, que le dirigeable contourna. Le ballon gagna ensuite Biberach pour rentrer à Friedrichshafen, où il arriva le 2 septembre à 9 h. 56, après une traversée ininterrompue de 23 heures. Le Zeppelin-IIl a ainsi accompli le trajet de Bülzig à Nuremberg à une vitesse moyenne d'environ 18 kilomètres à l'heure. A partir de Nuremberg, il a atteint la vitesse de 35 kilomètres à l'heure.
Le 4 septembre, avait lieu la première sortie du Zeppelin-II[l en présence des parlementaires allemands.
On tira au sort le nom des députés qui devaient prendre place dans la nacelle supplémentaire installée entre les deux aulres, et leurs collègues durent se contenter d'examiner en détail le dirigeable. Le comte Zeppelin conduisait l’'aéronat, qui fit le voyage jusqu’à Rorschach et retour, au-dessus du lac, effectuant en cours de route plusieurs alterrissages pour changer de passagers.
Le dirigeable démontable “Zodiac IL”
Les expériences du dirigeable Zodiac-IIl à Bétheny, pendant la Grande Semaine d'aviation de la Champagne, bien que retardées par la destruction du hangar qui était réservé à cet intéressant dirigeable démontable et de jauge réduite, ont été des plus remarquables.
Le 27 août, le Zodiac-Ill, piloté par le comte H. de La Vaulx, aidé du mécanicien Le Gall, évolua aisément, de 6 h. à 7 h. du soir, au-dessus de la plaine de Bétheny, atteignant la hauteur maxima de 450 m. M. Mazucchi était à bord en qualité de passager.
Le 28 août (même équipage sans passager), évolutions de 11 h. à midi. Alt. maxima : 350 m.
Le 29 août, il y eut quatre sorties :
La première, de 10 h. à 10 h. 1/2. Le comte de la Vaulx avait à son bord un de nos confrères de l’/llustralion qui put prendre, pour son journal, des photoeraphies remarquables du champ d'aviation.
Deuxième sortie de 11 h. à 11 h. 30, avec Mme Mazucchi comme passagère.
A 3 h. 1/2, départ pour le Prix des aéronats, 5 tours de piste, soit 50 kilom. Le vent s’est levé. La compression se fait mal dans le réservoir d'essence, il en résulte une panne de 10 minutes. Malgré cela, les 50 kilom. sont faits (temps officiel en 1 h. 25, soit à une vitesse tout à fait comparable à celle des plus gros et des plus puissants dirigeable actuels français ou allemanu:, résullat superbe si l’on songe que le Zodiac-II! ne jauge que 1.400 m'.
À 6 heures, quatrième sortie de la journée. Le comte de La Vaulx a pris à son bord M. Fitz-Gérard, sportsman anglais. Le dirigeable pousse une pointe sur la ville de Reims et revient au hangar après une demiheure d’évolutions.
Le 30 août, le Zodiac-Il élait dégonfié, démonté et chargé sur un wagon de chemin de fer à destination de Brescia, où il exécutera des expériences, sous la conduite du comte de La Vaulx, pendant tout le meeting. Le Zodiac-IlI se rendra ensuite au meeting de Spa.
l’Aérophile du 15 Septembre 1909 RAI
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Reims vu de la nacelle d'un dirigeable.
(Photo prise à bord du Colonel-Renard et communiquée par M. H. Deutsch de la Meurthe)
Le “ Colonel-Renard ” àKétheny
Le dirigeable Colonel-Renard, arrivé à Reims le 23 août venant de Beauval, après un vorage {res réussi (V, A4rophlie du 1” août) a disputé le prix des aéronals de la Semaine de Champagne ct s'est classé premicr.
Ce prix de 10.000 francs était destiné à l'aéronat qui accomplirait dans le meilleur temps 10 tours de la piste de Bétheny, soit 50 Kilomètres.
Le 27 août, sous la conduite de l'habile ingénieur et pilote Henry Kapferer, codirecteur de la Société Astra qui a conduit cette belle unilé aérienne, le Coloncel-Renard fit un tour d'essai en 15 m. 39$., puis regagna son port d'attache, au terrain de manœuvres des dragons.
Le 29 août, dernier jour du prix des aéronats, toujours
piloté par H. Kapferer, le Colonel-Renard abattait encore avec une belle régularité ses 50 kilomètres en 1 h. 19 m. 405.
Cette vitesse paraît modérée à côlé de celle des acroplanes. 11 faut se souvenir que les dir.geables, dotés d'une puissance motrice beaucoup moindre par unilé de surface de section résistante, n'ont pas, dans l'état actuel, la prétention de lutter de vitesse avec les aéroplanes,. De plus, l'obligation de virer 4 fois à angles droits er 10 kilomètres est beaucoup plus gênante et nuisible à la vitesse pour les autoballons. Une carène de 65 mètres de long, comme celle du Colonel-Renard, ne peut présenter la même souplesse d'évolutions qu'un agile planeur, doté d'ailleurs de moyens d'évolution plus puissants eb plus complets.
Virant très au large, le dirigeable Colonel-Renard à dû faire 65 kilomètres de parcours réel dans le lemps
indiqué et c'est vraiment fort honorable
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Le dirigeable Colonel-Renard.
Distinctions honorifiques
De nouvelles distinctions, complétant la promotion spéciale des légionnuires de la locomotion aérienne, sont venues récompenser des services éminents rendus naguère ou tout récemment à l'aéronautique.
M. Arnold Fordyce, nolre distingué confrère du Journal, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, à la date du 3 août 1909, sur la proposition du ministre de la Guerre, ainsi motivée : « lilres exceptionnels, services très importants rendus à la France et la défense nationale au point de vue de l'aviation. ».
Arnold Fordyce, qui s'était fait connaitre comme un artiste dramatique de grande valeur avant de conquérir dans la presse une brillante situation, crut tout de suite aux succès des frères Wright, que l'Aérophile fit connaitre le premier, à la fin de 1905. Il eut l'idée d'en réserver le monopole à la France, partit en Amérique pour traiter avec les Wright d'abord a titre privé puis ecmme membre de la mission chargée de négocier Vachal de l'invention par le ministère de la Guerre français. I ne Lint pas à lui que nous n'avons en France, dès 1906, les fameuses démonstrations de \ilbur \risht et que le prodigienx mouvement actuel n'ait commencé deux ans plus tôt.
Le marquis de Polignac,président du Comité d'orsanisalion de la Grande Semaine d'aviation de Champagne, est nommé chevalier de la Légion d'honneur à la date du 8 septembre 1909, sur la proposition de M. Millerand, ministre des Travaux publics. On sait Commandant Ferrus. quelle merveille d’organisalion fut cet inoubliable meeting où l'aviation eut enfin l'occasion de prendre conscience d'elle-même, de ses progrès, de ses possibilités immédiates et d'y intéresser le monde entier.
La proposition d'organiser un circuit d'aviation en Champagne fut faite à M. de Polignac par l'Aéro-Cluh de France. M. de Polignac suisit tout l'intérêt de ce projet. I l'accepta, l'éludia, le mit au point et devint l'âme du Comité rémois. Il mena à bien cette tache redoutable avec une justesse et une ampleur de vues, un lact, une ténacité, une méthode vraiment admirables. La haute distinction dont il est l'objet sanctionne, comme il convient, les éclatants servicis ainsi rendus à une locomotion et à une industrie qui seront pour la France une source nouvelle de gloire et de richesse.
Le commandant d'artillerie Ferrus, Sur là Proposition du ministre de la Guerre, est promu officier de la Légion d'honneur. Bien que cette distinction soit accordée au titre militaire, il nous sera permis d'en féliciter ici le savant oflicier. Le Commandant Ferrus n'est pas seulement un artilleur du plus grand mérite : il est aussi un des hommes lies plus en vue et les plus hautement estimés du monde sportif, nolamment dans les milieux automobiles et aéronautiques. En attendant que nous puissions étudier comme il convient son attachante et complexe personnalité, rappelons que le commandant Ferrus est membre de la Commission mililaire des aulomobiles, des Commissions techniques du Touring-Club et de l'Automobile-Club, de la Commission Aérienne mixte, de la Commission d'aviation de l’Aéro- Club de France, et que les avis de ce savant, qui est en méme temps un vrai sportsman, y sont fort écoutés. M. Arnold Fordyce.
l’Aérophile 427