LA THÉORIE DU « VENT LOUVOYANT
À propos de la lettre de M. Thouveny ‘
Monsieur le Directeur de l’Aérophile,
Je fais appel à votre amabilité pour vouloir bien insérer dans votre prochain numéro la lettre suivante, que M. le commandant Thouveny m'a aulorisé à publier in exlenso :
Vincennes, 10 septembre 1909.
« Monsieur Alexandre Sée, Lille.
« Mon cher camarade,
« En me signalant qu'une phrase insérée dans ma note de l’Aérophile du 1" septembre, et relative au dépôt de votre. pL cacheté, vous paraissait pouvoir être défavorablement interprétée, vous m'avez demandé ,en termes des plus courtois d'ailleurs, de spécifier, dans une lettre destinée à être publiée, que cette phrase n'implique aucune critique en ce qui concerne la correction de votre manière d'agir.
« Je reproduis bien volontiers ici ce que je vous ai déjà écrit à ce sujet : si j'ai parlé des circonstances dans lesquelles ce dépôt s’est effectué, c'est parce que, pour des raisons qu'il n’est peut-être pas bien utile de détailler en l’état actuel du débat, j'ai été amené à croire à l'existence d'une indiscrétion ayant eu pour résultat de vous faire hâter l'envoi de votre étude, el sans laquelle, par conséquent, la queslion de priorilé n'aurail pu Se poser. à
« Mais je ne puis loyalement vous attribuer une part de responsabilité dans cette indiscrétion, parce que je suis très porté à croire qu'elle s’est produite sous la forme d’un bref avertissement d’avoir à vous presser pour n'être pas devancé, sans indication des sources d'information permettant d'adresser cet avis, et sans renseignements sur le fond du sujet. “+ 21e
« En ce qui concerne le dépôt du pli fermé, je n'incrimine donc pas le bénéficiaire de cet avertissement, ainsi, du reste, que je l'avais déclaré spontanément à diverses personnes eb même dans les bureaux de l’Aérophile, bien avant la publication de mon arlicle.
« Veuillez agréer, mon chér camarade, l'assurance de mes sentiments dévoués.
« Signé: THOUVENY. »
Je remercie M. Thouveny de sa courtoise lettre. Je n’y ajouterai que peu de mots, car je considère
) V. note da commandant Thouveny, Aéraphlle du l" septembre.
le débat comme tranché par ma dernière réponse (Aérophile du 15 juillet).
Un simple avis d’avoir à me hâter, sans indication sur les sources d'information ni sur le fond du sujet, voilà qui serait une indiscrétion fort peu indiscrète, quand il s’agit d’une question aussi à l’ordre du jour. ‘
Mais je tiens à rassurer M. Thouveny en lui déclarant qu'il n’y a eu aucune indiscrétion ni aucun avertissement, ni rien qui y ressemble, sous quelque forme que ce soit, ni venant de qui que ce soit. Voilà qui est net. J'ai très bien eu conscience, de moi-même, de l'utilité de prendre date sans tarder.
J'ajouterai que mon pli cacheté a été, sur ma demande, ouvert dans la séance du 12 juillet. On peut donc en contrôler le contenu, que j'ai publié.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, avec mes remerciements amticipés, l'expression de mes sentiments très distingués.
ALBXANDRE SÉE
A propos du vent louvoyant. — Nous reproduisons ci-dessous un passage de la note du CoMmanpaxr Tnou- VENY, parue dans l'« Aérophile » du 1* septembre, page 397, col. à, en l'accompagkant d'une figure qui aide à Le mieuæ comprendre :
et Reprenons en partie la figure 20 (numéro du 1°" juin 1909, fig. 20, p. 252) el traçons-y (voir figure cicoritre) OT = V,,vitesse absoluc de l'oiseau, et OS—W.4 vitesse absolue du vent moyen ; il est facile, par la construction du parallélogramme O E T S, de faire en
moyenne
Vitesse relative
sorte que la vitesse relative moyenne correspondant à vuet W,, soit précisément OE = V ; si dès lors nous projetons la force OR;, non sur la vitesse relative V, ce qui est dépourvu de sens, mais sur la vitesse absolue V,, nous constatons que pour entretenir cette vitesse en surmontant les résistances rencontrées, le voilier dispose d’une force. retardatrice D —OK.... » etc...
Curieuses observations de vol plané
Nous publions donc ci-dessous, avec plaisir, les observalions de vol plané remarquablement précises, qu'a bien voulu nous adresser, de Dinard, M. J. Legrand, ancien officier de marine et ingénieur civil fort eslimé :
« Monsieur le directeur de l’Aérophile.
« Je me permets de vous adresser une double observalion de vol plané par mouette ordinaire, à soumettre à l'éminent théoricien du vent louvoyant.
« Le 13 septembre 1909, à 6 h. du soir, par brise de N.-N.-E. établie depuis la veille, mollissant, de force 3 à 4 {échelle marine française) soit 7 mètres environ par seconde au maximum, sur le chemin qui fait le tour de la pointe extrême de Dinard, au nord de la cale, à 15 m. environ au-dessus de la mer, j'ai observé
1% Octobre 1909
une mouette qui a progressé à deux reprises en vol plané à une trentaine de mètres du chemin, au-dessus de la mer et à une altitude un peu inférieure, puis un peu supérieure à celle de l'observateur.