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RENÉ GASNIER

Le Laboratoire d'essais du Conservatoire National des Arts et Métiers et la Technique aéronautique

Essais d'hélices, de moteurs thermiques et de matériel destinés à l'aviation, au Laboratoire National d’Essais du Conservatoire des Arts et Métiers.

L'Aérophile a publié le 15 octobre un résumé du Ta pport sur le fonctionnement du Laboratoire National d'Essais des Arts et Métiers. En raison du développement qu'a su prendre dans ces derniers temps cet important établissement, nous croyons utile de signaler les essais qui y sont effectués sur les hélices, les moteurs thermiques et le matériel destinés à l'aviation.

Les accidents récents qui viennent de se produire, et dont certains paraissent êlre la conséquence d'une connaissance incomplète des qualités de résistance ou de fonctionnement du matériel employé, rendent d'aclualité la question des essais préalables qu'un grand élablissement peut seul effectuer avec garantie.

Le Laboraloire d'Essais est, en effet, particulièrement outillé pour effectuer les essais au point fixe des hélices aériennes où des appareils de propulsion mécanique, ainsi que ceux des moteurs thermiques et des matériaux entrant dans la construction des appareils d'aviation.

Essais des hélices aériennes. — Sur la demande d'un certain nombre de constructeurs ct d'aviateurs, le Laboratoire fut conduit, dès l’année 1904, à faire l'étude d'un appareil de mesure pour l'essai au point fixe des hélices et des propulseurs aériens. La méthode adoptée est celle du regretté colonel Renard : l'appareil employé reproduit, à peu de chose près, sa Balance dynamo- Inétrique.

Cet appareil se compose d'une dynamo-dynamométrique, munie d’un jeu convenable de réducteurs où multiplicateurs de vitesse, suspendue à 4 fils d'acier lui permettant d’osciller à la manière d’un pendule. La description complète et détaillée de cette machine, a été donnée dans la Revue de Mécanique de septembre 190$. Elle permet de mesurer en même temps :

1° L’effort de poussée, exercé par une hélice à une vitesse donnée :

2° La puissance dépensée sur celte hélice pour produire cette poussée ;

3° La vitesse angulaire de l’hélice.

Mesures effectuées. — La poussée est mesurée par des poids qu’on place sur le plateau de la balance pour ramener le pendule à une position d'équilibre initial, repérée sur le sol le pendule étant libre.

La puissance dépensée correspondante est mesurée à l’aide d'appareils de mesures électriques étalonnés, comme pour une dynamo-dynamométrique ordinaire.

La vitesse angulaire de l'hélice est enregistrée à l’aide d’un compteur magnétique calé sur l'arbre de la dynamo-dynamométrique el actionné électriquement par l'opérateur,

490 1% Novembre 1909

On fait une série de mesures pour des poussées régufièrement croissantes et l'on établit pour chaque propulseur étudié, la courbe des poussées en fonction des puissances dépensées el la courbe des vitesses angulaires en fonction des poussées. Si N est le nombre de tours par seconde, P la poussée en kilogrammes et T le nombre de kilogrammètres correspondant, on peut facilement déduire des courbes précédentes les valeurs des rapports :

P T A es N? N3

ces deux rapports, comme l'avait fait remarquer Renard, peuvent être considérés comme des constantes : ils permettent, par suite, d’être appliqués aux formules concernant l’hélice essayée :

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