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LÉON BARTHOU

530 1” Décembre 1909

Au camp de Châlons

Pendant foule la quinzaine les élèves-pilotes de Voisin, Farman et Antoinette, travaillent avec activité, réussissant presque quotidiennement de courtes envolées.

Le % novembre, Henrv Farman exécute deux vols avec Vandenborn comme passager. Malheureusement,

la seconde envolte est interrompue, après plusieurs tours, par une chute d'une vingtaine de mètres de hau-

leur. Peu de mal par bonheur les deux aviateurs sont indemnes et l'appareil n’a que deux montants brisés, réparés dans la soirée.

Le 13 novembre, Mac Ardle avant sorli son Blériol, a brisé son hélice contre l'un des piquels plantés par Farman pour le jalonnement de la piste.

Henri Farman a volé queiques minutes.

Latham à mis au point l'appareil de pilotage à deux places, de la Société Antoinelte ; il a successivement emmené avec lui le contremaitre Charles, le capitaine Burgent, M. Somerset, M. Sanz, et M. de Mumm.

Au cours d’un essai, Küller à faussé l'amortisseur de son monoplan Antoinetle dont la roue s'était détachée au départ.

Enfin, sur le biplan Voisin, moteur Wolseley, MM. àe Baeder, Pauwels et Château ont exécuté de très jolis vols, dont un de 10 minutes, effectué par Château.

Le 1% novembre. — Le matin, avec un vent léger, Mac Ardle sur Blériot roule ; Berbère, sur Voisin, fait un tour, mais, pris par le vent casse sa cellule arrière.

Kuller fait quelques envolées, très réussies, et dans l'après-midi Latham effectue un vol magnifique âe 3S minutes à 50 mèlres de hauteur sur le nouvel appareil Antoinelle-X, allant à travers champs jusqu'au village de Vadenay.

Rawlinson se décolle sur 3C0 mètres.

Latham a continué à former ses élèves, emmenant cesetent comme passagers : Mme de Laroche et Küiele

Le 15 novembre. — Nme de Laroche, accompagnée de M. Chäteau, a fait, plusieurs tours de l'aérodrome sur le biplan Voisin, moteur Wolseley. MM. de Baeder cl Fischer ont ensuile accompli de magnifiques vols sur le méme appareil,

Henri Farman a enlevé un passage ques lours à faible hauleur.

Küller, sur monoplan Anloinelle, à contourné trois fois le petit bois. Mac Ardle à réussi quelques petits vols sur son Blériol.

r, effectuant quel-

Le 17 novembre. — Ilenri Farman effectue un vol de deux tours avec Paulhan comme passager, les deux avialeurs prenant alternativement la direclion. A la descente, malgré un vent de 12 à 15 mètres à la seconde, Paulhan qui tenait la direction, alterril superbement.

Rawlinson, avec son appareil Farman, a également effectué un petit vol, continuant, son apprentissage.

Un beau match de hauteur. — Le record de la hauteur à Latham. — Le 19 novembre à Bouy, camp de Châlons, Paulhan sur biplan Jlenri Farman et Latham sur monoplan Antoinette ont magnifiquement rivalisé d'audace et de succès pour la conquête du prix de hauteur de 1.000 francs, fondé par M. Lazare \Veiler.

Le vent, ce jour-là. très vif, soufflait à 35 ou 40 kil. à l'heure avec des variations incessantes de vitesse el de direction. Paulhan partit néanmoins, le premier à 3 h. 47 gagnant rapidement en hauteur et luttant con ro le vent qui, par instants, le faisait dériver, En

10 minutes, il avait atteint 360 m. de hauteur. Il descendil alors, très régulièrement malgré les remous et atterrit avec une habileté parfaite.

Hubert Latham partit ensuite, montant plus lentement, et luttant aussi contre le vent. Il atteignit la hau teur de 410 m. au-dessus du sol et redescendit sans à coups avec la même maestria que Paulhan.

La mesure des hauteurs atteintes a élé faite par le général Jourde et ses officiers d'état-major avec des appareils spéciaux qui seront en outre véritiés pour désigner avec plus de certitude encore le vainqueur de ce match émouvant. Le précédent record du monde de hauteur avait été attribué au comte de Lambert avec 300 mètres, hauteur de la Tour Eiffel, faute de mesure plus précise, bien que le célèbre aviateur ait nettement dominé le ‘gigantesque pylône de fer et atteint très probablement 400 mètres où davantage.

Paulhan vole sur Mourmelon, puis sur Châlons. — Le 20 novembre, Louis Paulhan exécutait deux magniliques excursions en dehors des limites de l’aérudrome, volant d'abord jusqu'à Mourmelon, puis jusqu’à

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