POUR AÉROSTATS
Le principe sur lequel est fondé cet appareil consiste dans la suppression des classiques sacs de lest par l’emplôi d’un unique réservoir rempli d’eau qui, à chaque tentative de descente de l’aérostat, rétablira l’équilibre par son écoulement dans l’atmosphère par l'intermédiaire d’une valve spéciale équilibrée, très sensible, dont le jeu est provoqué par la pression du vent relatif agissant sur une surface de voile disposée horizontalement à l'extrémité d’un bras de levier.
On conçoit que le jeu de la valve, et par conséquent le délestage qui en résulte, puissent être proportionnés à l’intensité de la descente et que, avec un appareil très sensible et convenablement réglé, on puisse réaliser ainsi l’équilibre automatique Gn ballon avec une grande précision et remplacer fort avantageusement, dans la plupart des cas, le fastrdieux jeu de lest de l’aéronaute.
Nous allons voir que cette conception a été très heureusement réalisée dans le remarquable appareil dû à l'invention de M. E. Archdeacon, aviateur qui n’a pas oublié l’aérostat, et dont la construction a été confiée au talent de M. Clerget, ingénieur.
Le réservoir à eau I, en toile caoutchoutée (fig. 1 et 2), de forme tubulaire, a une capacité de 100 litres. Il est disposé verticalement au-dessus du cercle de suspension à l’aide de pattes d’oie fixées à l'équateur de l’aérostat. Cette eau communique par un tube à la valve équilibrée, qui est enveloppée dans une sorte d’ampoule B. Cette ampoule (fg. 2 et 3), traversée par une tubulure métallique raccordée au tuyau d’eau, se termine, à l’autre extrémité, en À, par deux sièges coniques de mêmes diamètres, formant double clapet dont l’un a est extérieur à la tubulure, et l’autre a’ est taillé sur un disque plein et forme, pour ainsi dire, le fond du tube. La partie du tube A, comprise entre les deux sièges est très ajourée afin de laisser un libre passage à l'eau qui remplit constamment cet espace jusqu'aux parois d’une sorte de cloche à double siège, dont les ouvertures bh et D’ b’, rodées sur les sièges a a’, jouent le rôle d’orifices mobiles qui, étant appuyés les uns sur les autres, comme l'indique la figure 3, forment une enceinte close dont l’eau ne peut s'échapper au dehors que sous l'influence d’un effort mécanique extérieur soulevant la boîte aux orifices b b b' b?.
Cette valve présente donc cette particularité curieuse que les clapets sont fixes, tandis que les orifices sont mobiles, mais son principal mérite, qui est en sorte l’âme de cet ingénieux mécanisme, c’est d’être complètement équilibrée, c’est-à-dire indiférente aux efforts de pression provenant de la charge de la colonne d’eau, qui est de 2 mètres dans re modèle. En effet, l’effort de pression exercé par la colonne d’eau sur chacun des sièges est égal et de sens contraire. La résultante de ces deux forces agissant en sens inverse est donc nulle, et l’on concoit que cette valve équilibrée moindre effort mécanique extérieur.
puisse obéir au
Cette sensibilté de la valve a encore été augmen-
tée en donnant un diamètre un peu plus fort au clapet inférieur, de manière à annuler à peu près le poids de la boîte mobile. Cette légère différence de
A de À Re #
HE
Fig. 4. — Stabilisateur automalique à eau de M.
ascension du 29 novembre 1908 au Parc de
l, réservoir à eau; B, ampoule et valve; H, contrepoids ;
diamètre a encore l'avantage de faciliter le montage de cette partie du mécanisme.
Lorsque les clapets s'ouvrent, l’eau qui s'en
échappe -est recueillie dans l’ampoule B et tombe dans l’atmosphère par son ouverture inférieure.
Voyons maintenant comment s'opère l'ouverture de la valve sous l'influence des légers mouvements «le descente de laérostat.
La cloche est commandée par deux couteaux symétriques C, qui y sont fixés, et la soulèvent par l’intermédiaire du fléau F. Ce fléau oscille sur deux autres couteaux E, portés par l'extrémité inférieure du bras J. Le grand bras du fléau est constitué par un long bambou de 3 m. 50 de longueur, terminé, à son extrémité, par un plan orthogonal horizontal de
1° Février 1909
1 m’, et est équilibré par un contrepoids H, freiné par l'écrou molleté G.
Le support du fléau J, par un filetage approprié,
monté sur le ballon l'Aurorc,
l'Aéro-Club de France.
F, fléau; J, plan orthogonal.
Archdeacon,
peut être fixé à différentes hauteurs sur Ja tubulure À. On peut ainsi régler à volonté l’écart entre le fléau et les couteaux C, et, sans nuire en rien à la sensibilité de l'appareil, on pourra faire fonctionner le fléau comme un véritable statoscope avant d'agir sur la valve
Enfin, un écrou K, fileté sur la tubulure, permet de limiter la course de la valve dont le débit peut aller jusqu'à 10 litres par seconde. On peut aussi, par cet écrou, bloquer complètement la valve en supprimant ainsi tout écoulement de liquide, au moment des manœuvres du départ, par exemple, où le jeu de lest ordinaire semble tout indiqué.
Cet appareil, dont le poids n’atteint pas 10 kilos, a été expérimenté par MM. Archdéacon et Clerget,
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