PHYSIONOMIE DE LA RÉUNION
Pour la deuxième fois en moins d’un an, les délégués de la Fédération Aéronautique Internationale se retrouvaient à Londres. Ils étaient graves et sérieux. C’est que, pour la première fois, ils allaient former un tribunal arbitral, à propos de l'attribution de la Coupe Gordon- Bennett. De plus, le monde aéronautique en France, avait été secoué par une de ces fièvres de croissance que l’on rencontre chez les jeunes gens qui grandissent trop vite. Les progrès de l'aviation, qui ont paru surprenants à la foule, bien que nous les ayons escomptés depuis longtemps, ont surpris aussi l’Aéro-Club, qui n'avait pas eu le temps, en prévoyant l'avenir, d'asseoir solidement sa main-mise sur les choses de l'aviation.
Profilant de cette faiblesse, l'Automobile-Club avait un beau jour décidé de s'occuper d'aviation parce que, dans l'aviation, il y a moteur. Pour éviter de dérouter l'opinion publique, ennemie d’une querelle, pour elle incompréhensible, et dans un but de conciliation, l'Aéro- Club avait fait les premiers pas en proposant à l’Automobile-Club de fonder une Commission mixte. Depuis. ces deux Clubs y avaient fait entrer la Ligue Nationale Aérienne et la Chambre Syndicale des Industries Aéronautiques. À celte Commission revenait une grande partie du pouvoir sportif de l’Aéro-Club. ;
Il fallait rendre compte à la Fédération de cette situation. Comment allait-elle prendre la chose ? On savail les Aéro-Clubs étrangers hosliles à tout changement. Et cependant, nous avions reçu du Comité de lAéro- Club un mandat impératif. Toutes ces raisons nous rendaient soucieux.
Nous avons fait ce compte rendu avec le plus de conscience possible pour suppléer au procès-verbal sténographique si long à paraître. Nous prions les divers orateurs de nous excuser d’avoir un peu écourté leurs discours : mais nous nous sommes attachés cependant à reproduire, autant que possible, les mots typiques et mêmes certaines phrases entières qu'ils ont prononcées.
* ak
SÉAxCE pu 11 sAXVIER 1909
(Présidence de M. Wallace, Président de l’Aéro-Cluh d'Angleterre.) pe
La séance est ouverte à 2 h. 1/2, à l'hôtel Ritz. L
M. Wallace, président, fait part à l'assemblée de l’impossibilité dans laquelle se trouve le prince Roland Bonaparte de venir présider la Fédération. I lit les excuses de MM. Surcouf, Besançon et Tissandier.
M. Wallace se lève et informe la Fédération que, pendant les dicussions au sujet de la Coupe Gordon-Bennett il ne saurait occuper le fauteuil présidentiel, et le remet au comte de La Vaulx
Présidence du comte de La Vault.)
L'appel des délégués donne le résullal suivant :