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UN BALLON DIRIGEABLE RUSSE

M. le docteur Constantin Danilewsky nous envoie un exemplaire d'une très intéressante brochure publiée cestemps derniers, à Kharkoff, et contenant le mémoire qu'il a lu devant la sous section du Congrès de naturalistes et de médecins, tenu à Kieff à la fin de l'été dernier. Or 7 voit le compte rendu fort exact d'expériences exécutées le 8 octobre 1897, le 14 janvier 108 puis eus lenrv less le 2142627 eS ruine AMIeSMIERE lb etre rouler entin lens MINOR MEET ONE l'aéronaute Kossiakoff. Ce dernier fit preuve d’une osrande hardiesse en se suspendant au-dessous de la nacelle.

L'aéronaute Kossiakoff actionnant les ailes à clapets

Le procédé du docteur Danilews ky est au fond celui qu'un pauvre toqué de la navigation aérienne, nommé Cairol, avait rêvé d'employer, mais au lieu de faire endosser à son opérateur une sorte de chasuble et d'employer un ballon sphérique, M. Danilewsky a fait construire un système d'ailes à clapets ayant près de 6 mètres, que l'opérateur fait mouvoir en appliquant sa force

L'AÉROPHILE Un vin Puit né

musculaire à un mécanisme spécial. Le ballon est allongé dans une proportion non dangereuse pour son équilibre.

Les photographies prises en l'air, que nous avons sous les yeux, prouvent que le ballon s'est déplacé en air a peu près calme à l'aide d'une véritable impulsion mécanique.

De plus l’aéronaute a pû monter et descendre sans faire varier la force ascensionnelle de l'aérostat mais par l'action sur l'air de son système d'ailes. Des expériences faites avec précision indiquent que le ballon peut enlever

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Expériences en présence de l'inventeur et des membres de la Commission 6 de terre une douzaine de kilogrammes. Il serait a désirer que la Commission technique russe, présidée par le général Rykatchew, fit exécuter des essais réguliers pour obtenir la mesure des résultats dynamiques réalisés. C'est la première fois à notre connaissance qu'un ballon dirigeable se prête à des essais répétés et prolongés. Nous sommes certain que M. Danilewsky obtiendrait du succès s'il faisait fonctionner son ballon dans l'enceinte d'un vélodrome français ; l'intérêt serait beaucoup plus vif que de voir quelques amateurs partir pour une excursion plus ou moins longue dans le pays des nuages. Le public assisterait aux péripéties d'une lutte véritable contre un vent plus ou moins rapide.

Nous représentons le ballon au moment où :ïl quitte terre. I flotte sans être retenu par une autre cause que la main d'un ouvrier qui

n'exerce aucun effort appréciable; son poids est presque exactement celui de l'air déplacé. L'ascension qui le ménera de 150 à 200 mètres d'altitude sera presque exclusivement due à l'action mécanique exercée par l'aéronaute Kossiakoff, que l'on voit tranquillement assis dans la nacelle. Avec les deux poignées placées au-dessus de sa tête, il met en action les deux ailes à clapets au milieu desquelles il est représenté.

Un autre cliché donne de plus le portrait des personnages devant qui les expériences ont été exécutées, l'inventeur et trois ingénieurs, le colonel Yassevitch, M. Podhoursky et M. Von Raïinkould. Il n'est pas sans intérêt d'ajouter qu'une ascension du même genre a été tentée inutilement à Paris, par un horloger nommé Deghen qui s'était attaché au-dessous d’un petit ballon avec des ailes de chauve-souris qui ne produisirent aucun effet, uniquement peut-être, parce qu'il chercha à les ouvrir et à les fermer alternativement, sans avoir recours à aucun intermédiaire. L'expérience eut lieu au Champ-de-Mars du temps de l'empire. La multitude, animée de sentiments vils et grossiers, maltraita le malheureux inventeur pour le punir d'avoir échoué. Nous serions aujourd'hui beaucoup plus hospitalier, si le même cas se reproduisait, ce que nous ne croyons pas avec l'appareil de

M. Danilewsky.

A. CLÉRY

Les Gaz liquéfiés et les Ballons-sondes

Dans un numéro de Ciel et Terre un rédacteur de cet intéressant journal demande pourquoi on n’a point encore cherché à employer l'hydrogène liquide dans l’aérostation. Il paraît en effet étrange qu'on ne songe point à utiliser une substance qui, dans une capacité d’un litre, renfermerait assez de gaz pour augmenter d'environ quatre mètres cubes le déplacement du ballon et permettrait de regagner ainsi une force ascensionnelle de près de cinq kilogs ; mais il existe à cet emploi plusieurs obstacles dont le rédacteur de Czel et Terre ne s'est pas suffisamment préocuppé. En effet, l'hydrogène liquide n'est pas aussi facile à transporter que l'air liquide dont M. d'Arsonval a pu montrer, à ses collègues de l'Académie des sciences, un échantillon préparé au Collège de France. On n'est encore parvenu à le faire bouillir que sous une pression de 40 atmosphères, ce qui serait singulièrement gênant pour les manipulations.

En outre, il ne faut pas croire que ces nouveaux liquides se mettent dans des cylindres en fer comme l'acide carbonique liquide. Si l’on voulait en faire usage il n'y aurait pas seulement à tenir compte du poids du récipient, mais encore de la perte de substance que l'on éprouverait constamment jusqu'au moment ou on l’'emploierait.

Si M. d'Arsonval a pu transporter son liquide dans un vase de verre, à double parois argentées et séparées par un vide de Crookes, c'est parce qu'il le laissait tranquillement s'évaporer. La diminution de volume que le liquide transporté éprouvait, donnait un abaiïssement de température suffisant pour faire équilibre à la quantité de chaleur qu'il recevait par rayonnement.

Mais la préparation de l'air liquide n'a pas été sans influence sur l'aéronautique scientifique. En attendant que l’on puisse utiliser le ressort mécanique d’une

substance dont le volume est environ mille fois moindre que celui qu'elle occupe à la température ordinaire, elle a déjà fourni les idées les plus curieuses sur la constitution de la haute atmosphère.

L'air liquide n’est pas comme on le croirait, transparent, c'est un liquide jaunâtre et opalisant. Cette couleur n’est pas la sienne propre, et il est facile de s'en convaincre en le faisant passer sur un filtre qui arrête les cristaux d'acide carbonique avec lesquels il est mélangé. Une fois qu'il a subi cette purification il prend une teinte bleuâtre qui va en s’accentuant à mesure qu'on le laisse s'évaporer. En effet, l'azote, plus volatil, disparaît le premier, et il reste un résidu de plus en plus riche en oxygène, c'est-à-dire de plus en plus bleu, car la couleur de l'oxygène liquide ou de l'oxygène solide est le bleu d'azur que l'on voit dans le firmament lorsque tous les nuages ont disparu.

On peut faire une expérience décisive pour s'en convaincre. On n'a qu'à remplir un tube en verre avec de l'oxygène chimiquement pur et à le plonger dans un vase rempli d'air liquide en train de s’évaporer, immédiatement dans le bout du tube que l'on a plongé, vient se déposer un petit corps excessivement bleu.

Cette découverte a été faite par M. Olzewski, professeur à l'Université de Cracovie, qui en a immédiatement tiré la conclusion que les hautes régions atmosphériques étaient occupées par une couche plus ou moins épaisse d'oxygène que le froid avait liquéfié; conception hardie mais qui paraït être d'accord avec les idées auxquelles on arrive à la suite des mesures thermométriques prises par les ballonssondes.

Comme la température d'ébullition de l'oxygène est de 1919 de froid à la pression de 76omm, il semble qu'elle doive être bien loin de 273° à la pression réduite qui règne dans les régions où se tient l'océan d'oxygène liquide que nous apercevons suivant M. Olzewski.

Quelle est cette altitude, quelle est cette température, quelle est la pression qui y règne? Ce sont autant de questions d’une extrême importance, et auxquelles il me semble que les expériences des ballons-sondes permettront de répondre lorsqu'on les aura réunies aux observations des étoiles filantes. En effet, certains astronomes ont cru remarquer qu'il y a une altitude déjà très élevée où l'air n'aurait qu'une pression insignifiante s'il suivait la loi de Mariotte, et où l'on constate une augmentation notable dans la luminosité des météores.

Nous ne pouvons entreprendre de discuter en ce moment toutes les idées qui se présentent d'elles-mêmes comme un des plus simples corrolaires des faits incontestables qui nous sont signalés; mais il nous est impossible de ne point ajouter que l'on peut admettre que l'oxygène réduit en forme de brouillard tombe dans une atmosphère d'hydrogène et peut-être d'azote, se vaporise, puis remonte, se congèle et retombe de nouveau, nous offrant un cycle de phénomènes analogues à ceux que la vapeur d'eau nous montre dans la région des brumes d'eau et des cristaux de neige. Rien n'empêche même de croire qu'à ces altitudes il y a des cirrus d'oxygène solide ayant des formes cristalines spéciales et venant dans certains cas compliquer la vision des objets célestes. Mais nous en avons assez dit pour montrer la richesse et la beauté des questions nouvelles que soulève la fabrication de l'air liquide, et dont les ballons-sondes permettront peut-être de donner le dernier mot.

Wilfrild MONNIOT.

Les Ascensions aérostatiques en Allemagne

La Société de navigation aérienne de Berlin vient de publier le compte rendu de .ses opérations pendant l'exercice de 1898. Nous pensons utile de donner quelques détails sur ce document.

Cette société a été fondée, il y a une vingtaine d'années, par suite des efforts de M. Bismarck et de l'empereur Guillaume qui ont compris, dès le siège de Paris, l'importance du rôle que les aérostats sont appelés à jouer dans les guerres futures.

Dès l'année 1872, ils avaient commencé à Berlin des ascensions captives qui n’ont donné aucun résultat à cause du peu d'expérience des officiers chargés d'un service auquel ils n'étaient point préparés par des études antérieures. Les ascensions aérostatiques étaient à peine connues en Allemagne, et jusqu'à la guerre, elles étaient exclusivement exécutées par des français.

L'organe de la société de Berlin est la Zuftschiffahrt, journal mensuel, qui, au mois de janvier dernier, est entré dans sa dix-huitième année. Cette revue est également l'organe de la Société de navigation aérienne de Vienne qui s’est spécialement consacrée à l'étude du plus lourd que l'air. La Société de Berlin, se compose de trois ou quatre cents membres payant une cotisation de 12 fr. 50. Son président est M. Assmann, chef de service à l'Institut météorologique ; son secrétaire-général, le capitaine Gross, du service aérostatique de l’armée allemande.

Outre les sociétés de Berlin et de Vienne, on en compte trois autres dans différentes parties de l'Allemagne, l’une à Chemnitz, en Saxe ;.la seconde à Stuttgard, en Wurtemberg; et la troisième à Strasbourg, en Alsace-Lorraine. Cette dernière possède un organe spécial les Mittheilungen, qui paraissent tous les trois mois et sont fort intéressantes.

Ces différentes sociétés sont partout placées sous le patronage des autorités locales. La Société de Vienne a pour protecteur l’archiduc Charles; celle de Stuttgard, le roi de Wurtemberg; et celle de Strasbourg, le vice-roi d'Alsace- Lorraine.

La société de Berlin n’est point officiellement placée sous le patronage de l'empereur Guillaume IT, mais elle reçoit une subvention de 6,250 francs du ministère et l'empereur lui accorde des fonds sur sa cassette lorsqu'il s'agit de construire de nouveaux ballons. Il assiste parfois à ses expériences lorsqu'elles offrent un intérêt exceptionnel. C’est ainsi qu’il était présent à l'ascension de M. Berson lorsqu’en 1894 il enleva à M. Glaisher le record des altitudes.

Lorsqu'il en est besoin, l'établissement aérostatique militaire de Tempelhof fournit le gaz hydrogène nécessaire, et prête même les ballons.

C'est ce qui se produit dans les expériences des ballons-sondes, où les ascensions montées sont presque toujours exécutées avec des ballons et des aéronautes de l'Etat. Il en résulte que le Comité français doit lutter contre les gouvernements d'Allemagne, d'Autriche et de Russie, sans avoir d'autre concours que l'initiative privée, il se trouve fatalement dans une position d’infériorité au point de vue du nombre des expéditions de ballons montés et de l'altitude qu'ils peuvent atteindre. C’est une situation qui serait déplorable si les aéronautes français ne trouvaient pas des compensations dans la lutte contre des émules si solidement appuyés, en

imaginant sans cesse des instruments nouveaux et des méthodes perfectionnées d'observations,

L'AÉROPHILE it

La Société de navigation aérienne de Berlin a, de plus, organisé un système d'ascensions scientifiques, à l'instar de ce qui a été pratiqué à Paris par l’Académie d'aérostation météorologique il y a une quinzaine d'années. Les frais en sont diminués dans une proportion considérable parce que les savants les exécutent devant un public sympathique qui se presse dans une enceinte payante pour assister à leur départ. C'est un souvenir qu'il n’est pas sans intérêt de mettre sous les yeux des sociétés françaises qui auraient l'intention de contribuer activement au développement de l'aéronautique nationale, problème dont il importe de se préoccuper, car il serait étrange qu'un système imaginé en France, et pratiqué avec succès pendant plusieurs années, y tomba en désuétude ct ne fut pratiqué qu'en Prusse.

Nous sommes persuadés qu’à l’aide de quelques efforts intelligents, dans un pays où le goût des voyages aériens est aussi répandu qu'en France, on arrivera facilement à produire un mouvement plus énergique encore que celui qui s'est développé artificiellement de l’autre côté des Vosges, grâce à la combinaison de toutes les circonstances que nous avons décrites, c'est ce qui fait que nous avons applaudi à la fondation récente de l'Aéro-Club. Mais une société -privée, quelque puissante qu'elle soit, ne saurait pas tout faire ; il serait à désirer que les autorités publiques municipales ou nationales intervinssent pour procurer le gaz à bon marché, obtenir qu'on le donnàt léger aux aéronautes, en un mot pour faire en sorte que l'on trouve à Paris l'équivalent de ce qui existe à Berlin.

C'est le moins que l'on puisse exiger. C’est surtout dans le but de provoquer une réforme à ce sujet que nous avons tracé un tableau rapide des progrès de

l'aéronautique allemande.

Georges BESANÇON.

L'Exposition des Sports en 1900

Le ministre du Commerce et de l'Industrie a signé, le 7 janvier, l'arrêté portant règlement général pour l'Exposition, des concours physiques qui seront organisés dans la région de Vincennes, en 1900.

Aux termes de cet arrêté, est instituée, pendant la durée de l'Exposition universelle, une série de concours internationaux d'exercices physiques et de sports, qui seront divisés en dix sections, savoir :

1° Jeux athlétiques ; 5° Sport hippique ; 8° Sport hautique ; 29 Gymnastique ; 60 Vélocipédie ; 9° Sauvetage ;

3° Escrime ; 7° Automobilisme ; 10° Aérostation ; 4° Tir;

Les concours de sauvetage et d'aérostation auront lieu, soit dans l'exposition annexe du lac Daumesnil, soit dans une autre partie du bois de Vincennes qui sera ultérieurement désignée.

L'entrée du public dans l'enceinte permanente établie aux abords du lac Daumesnil et formant annexe de l'Exposition sera payée äu moyen de tickets; l'entrée dans les enceintes provisoires extérieures à ladite anñexe sera payée en espèces, à des taux qui seront déterminés par arrété du ministère du Conimerce et de l'Industrie, sur la proposition du commissaire général de l'Exposition de 1900,

La surveillance générale des enceiñtes affectées auX concours internationaux appartient à l'administration de l'Exposition.

Toutes les communications relatives aux concours internationaux d'exercices physiques et de sports devront être adressées aù commissaire général. Un délégué

général et des délégués adjoints, nommés par M. Alfred Picard, prêteront leur concours au directeur général de l'exploitation, pour l’organisation et la direction des concours.

Toutes les questions relatives à leur organisation seront étudiées par les soins des dix comités consultatifs spéciaux, correspondant aux dix sections que nous avons énumérées plus haut.

Les membres de ces comités seront nommés par le ministre du Commerce, sur la proposition de M. Picard. Chacun d’eux élira un président, un ou plusieurs viceprésidents et un secrétaire, pris parmi les membres.

Le programme définitif sera fixé par arrêté du commissaire général, sur la proposition du directeur général de l'exploitation. Des prix en argent, objets d'art, armes ou objets de sports seront institués pour chacun des concours figurant au programme ; les objets offerts en prix proviendront exclusivement d'achats faits par l'administration aux exposants ou de dons offerts.

La Société de photographie de Vincennes a demandé au ministre du Commerce de vouloir bien adjoindre des concours de photographies instantanées aux concours internationaux d'exercices physiques et de sports.

Les concours seraient au nombre de dix, avec prime de 1,000 francs par concours, soit 10,000 francs pour les dix concours réunis. Sur cette somme, seraient prélevés les frais de publicité, correspondance, administration et prix consistant en objets d'art, médailles d’or, de vermeil, d'argent et de diplômes.

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