‹ L'Aérophile (volume 4)Chapitre 4 sur 81 · LES PRÉTENDUES NOUVELLES D'ANDRÉE · texte numérisé non relu

LES PRÉTENDUES NOUVELLES D'ANDRÉE

Toute la presse s'est mise en rumeur à propos des nouvelles d'Andrée apportées à Krasnoïarsk par des toungouses, qui prétendaient avoir découvert, dans une forêt vierge, les cadavres de l’héroïque suédois et de ses deux compagnons. L'improbabilité évidente du récit primitif n'a point découragé les journalistes, qui ont multiplié les entrevues avec des personnes qui n’en savaient pas plus long qu'eux et ont lancé dans la circulation une foule de sornettes. Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit dès que nous

La baie du Virgo en 1898

avons été mis au courant de ces alertes. Elles montrent la profondeur de l'émotion produite par la catastrophe qu'il était facile de prévoir d'après les détails de l'ascension. Il aurait fallu un miracle pour qu'Andrée échappât à toutes les causes funestes s'opposant à une rapide traversée du cercle polaire.

Il faudrait un autre miracle pour qu'il pût revenir après avoir passé deux hivers au pôle : pour nous, il y a longtemps que nous avons cessé d'espérer. La ténacité avec laquelle les racontars circulent même dans les milieux les plus sérieux, ne s'explique que par l'immense mouvement de sympathie excité par la catastrophe de notre malheureux ami. Mais en fait de traces ou

de reliques, l'on n’a retrouvé et l'on ne retrouvera sans doute jamais que les ruines du hangar qu'il a laborieusement édifié à la baie du Virgo au Spitzberg; ce bâtiment a été démoli immédiatement après le départ du ballon. Nous donnons d'après une source authentique un cliché de ce lieu de désolation. Il à été pris par M. Kjellstræm de l'expédition Nathorst, l'intrépide explorateur suédois qui s'est donné la noble mission de rechercher les traces des héros du pêle Nord.

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