‹ L'Aérophile (volume 4)Chapitre 46 sur 81 · L « AVION "DE MA DER · texte numérisé non relu

L « AVION "DE MA DER

Le Comité de la classe 34 (aérostation), a tenu sa seconde séance dans le laboratoire d’aérostation de M. Ader, sis à Auteuil. Cette heureuse circonstance nous a permis de visiter en détail l'Avion dans la construction duquel le célèbre électricien a dépensé tant de peine, de talent et d'argent. L'appareil qui sera un des clous de l'Exposition d'électricité a été mis en mouvement avec une force motrice égale au tiers de celle qui est nécessaire pour qu'il quitte le sol, comme il l’a fait au camp de Satory. Ces expériences ne pourront être renouvelées à l'Exposition à cause du danger d'incendie provenant de l'introduction de machines à vapeur dans les galeries du Palais consacré à la classe 34.

L’Avion se compose de deux machines à vapeur d’une force de 40 chevaux chacune, et actionnant chacune une hélice motrice placée à l'avant. Les deux hélices sont à axes parallèles et disposées de sorte que leurs mouvements combinés donnent naissance à une propulsion en avant quoiqu’elles tournent en sens inverse.

Les deux machines sont verticales et chauffées avec de l’alcool contenu dans deux réservoirs, entre lesquelles l’aviateur prend place sur un siège ; une paire de bretelles l'empêche de tomber dans le vide et fait l'office de garde-fou.

Au-dessus de la tête de l’aviateur se trouve le condenseur de la vapeur, organe qui paraît fonctionner admirablement car on ne voyait aucune trace de buée troubler la transparence de l'air dans la salle où avait lieu la démonstration.

A l'arrière, se trouvait le gouvernail et à droite et à gauche une manivelle pour

L'AÉROPHILE OI

faire varier la surface d’une des deux moitiés du parachute dont l'ensemble est destiné à soutenir l’Avion lorsqu'il vole en pleine atmosphère.

Comme la vitesse de chaque hélice peut varier à volonté, on voit que l’aviateur possède tous les moyens désirables pour maintenir l'appareil en équilibre.

L'action produite sur l’air était très énergique, et les spectateurs avaient besoin de résister avec une certaine énergie au mouvement d'aspiration qui se produisait pour ne pas être entraînés. Le poids total de l'appareil, non compris la provision d'alcool et d’eau ainsi que le poids de l’aviateur et de son bagage personnel, est de 256 kilogs.

Il est clair que l'atterrissage est une des grandes difficultés du système, car un choc peut tout disloquer comme il est arrivé à Satory. L'inventeur attribue cette

L' « Avion » de M. Ader

catastrophe à la direction rectiligne donnée aux quatre roulettes sur lesquelles l'appareil repose.

Des sommes énormes ont été dépensées par M. Ader pour la construction de l'appareil grandeur d'exécution qu'il exposera en 1900 aux regards du public, à côté de l’Avion dont nous avons étudié le mécanisme, on en voyait un autre, un peu plus ancien, qui avait son parachute replié, afin de montrer comment après une expérience on peut le transporter sur les voies ferrées.

Cette construction représente un grand effort qui sera frappé de stérilité, si M. Ader ne trouve les secours financiers dont il a besoin pour continuer ses tra- Vaux.

En se retirant, le Comité a félicité M. Ader qui en fait partié, de sa persévérance et du succès avec lequel il a triomphé d'innombrables difficultés qu'il a rencontrées dans l'exécution de son Avion; mais il n'avait point à se prononcer sur

l'avenir du plus lourd que l'air.

Paul ANCELLE.

L’'Aéronautique à l'Exposition de 1900

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