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facilement par un mécanisme automatique comme celui qui fait jouer l'appareil Cailletet à une altitude déterminée.
Nous publions avec le présent article les courbes obtenues le 26 août 1898, dans l'ascension qui possédait le record de l'altitude jusqu'à l'expérience de février 1899. Le cerf-volant météorologique est parvenu à 3,488 mètres au-dessus du niveau de Blue-Hill, et de 3,689 au-dessus du niveau de la mer. L'ascension a commencé à 10 h. 40 du matin et la culmination n'a été atteinte qu'à 4 h. 15 du soir. L'enregistreur construit à Blue- Hill, par M. Fergusson, donnait, outre la température,le degré hygrométrique, l'altitude et la vitesse du vent, c'était donc le premier à quadruple indication qui ait été employé dans des observations aériennes. Le poids total des 5 cerfs-volants, attelés alors en tandem, des fils qui les reliaient au fil principal et des instruments, était de 51 kilogs. La surface totale exposée à l’action du vent est évaluée à 20 mètres carrés. La longueur du fil d'acier principal était de 7,960 mètres, déroulé par un treuil à vapeur. L'expérience ne se termina qu'à 8 h. 40 du soir, elle avait duré juste 10 heures.
On voyait filer à 1,209 mètres d'altitude une flotte de cumulus au-dessus desquels l'air devenait tout d'un coup très sec; le vent changea peu de direction avec l'altitude, mais la vitesse, qui n'était que de 10 mètres à terre, augmenta considérablement et atteignit 18 mètres par seconde à 3,488 mètres. Le décroissement de température, en faisant les corrections nécessaires pour tenir compte de la variation d'heure, a été de 1809, soit une moyenne de environ 1° par 183 mètres, c’est une valeur très voisine de la normale dans nos régions.
Vers 1,900 mètres la décroissance s'était interrompue brusquement par suite de la présence d’une couche chaude qui venait du Sud, mais qui n'avait qu'une épaisseur assez faible. Nous ne pouvons entrer ici dans toutes les considérations techniques qui ont permis à M. Rotch de tirer de l'observation de ces faits l'explication du refroidissement qui a été très remarquable pendant la nuit suivante.
En voyant que la moyenne des observations de l'été avait été de 2,400 mètres au-dessus du niveau du sol, chacun des gouvernements, de France, d'Allemagne, de Russie et d'Angleterre, résolut de créer au moins une station de cerfs-volants: c'est ce qui a été exécuté en France, grâce à l'initiative de M. Teisserenc de Bort à qui l'on doit l'établissement de Trappes, qu'il dirige avec tant de zèle et de succès. Le gouvernement des Etats-Unis créa seize stations, pareilles à celles de Blue-Hill, d'un seul coup.
Les observations faites dans toutes ces stations seront recueillies et commentées dans une publication spéciale. Déjà M. Rotch a fondé le Blue Hill météorological observatory, dont le premier numéro a paru le premier janvier. Il est entièrement consacré à un mémoire de M. Helm Clayton sur les phénomènes cycloniques et anticycloniques observés en cerf-volant. La comparaison des températures, de l'état hygrométrique et de la vitesse du vent aux diverses altitudes, donne lieu à une foule de remarques de la plus grande importance pour la météorologie dynamique et la prévision du temps.
Nous continuerons à tenir nos lecteurs au courant des progrès de la méthode à laquelle M. Rotch a maintenant attaché son nom et sur laquelle la science est bien loin d'avoir donné son dernier mot. Car, malgré son petit diamètre, le fil d'acier qui retient les cerf-volants est conducteur, de sorte que les manifestations électriques dont il n'a pas encore été tenu compte, sont également susceptibles d'être étudiées et
de fournir un nombre d'observations intéressantes. Georges BESANÇON.
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L'Aéronautique à l'Exposition de 1900
Après avoir tenu douze séances, la Commission de la classe 34 a clos la série de ses travaux. Elle ne se réunira que pour prononcer des admissions supplémentaires dans la limite de l'espace restant disponible, après avoir donné satisfaction à tous les exposants dont les demandes sont arrivées dans les délais légaux.
On peut dire que la Commission a fait preuve d'un grand libéralisme dans toutes les décisions qu'elle a prises et elle n'a prononcé qu'un très petit nombre d’exclusions.
Elle ne l'a jamais fait, que lorsque les objets proposés étaient trop encombrants ou semblaient dépourvus d'intérêt.
Après la séance du 15 mars, le bureau de la Commission s’est occupé de la rédaction d'une liste qu'il a adressée à l'administration supérieure pour la guider dans la nomination des quatre membres qui doivent la représenter dans le sein du comité d'installation.
Quatre autres membres seront choisis par les exposants réunis en assemblée électorale.
Ces huit membres, auxquels sera adjoint le bureau du Comité d'admission, devront nommer l'architecte de la classe 34.
Dans le bureau même de la classe, on formera un cabinet de lecture où tous les journaux aéronautiques seront admis, sans distinction de nationalité, et mis à la disposition du public.
La superficie accordée à l'aérostation est de 1,000 mètres carrés. L’exposition aéronautique occupe donc une partie importante du palais situé du côté de Grenelle et réservé à l'exposition du siècle.
Par suite d'un privilège, qui sera sans doute fort envié, l'aéronautique contemporaine sera placée à côté même de l'aéronautique rétrospective.
Les exposants seront au nombre d’une trentaine, en ne comptant que comme une unité deux expositions collectives dont chacune aura un grand nombre de participants : celle de la Société française de navigation aérienne et celle de la Société des aéronautes du siège ; ceux-ci seront groupés, comme nous l'avons déjà dit, auprès du modèle, à un dixième du monument proposé par M. Bartholdi pour la glorification de l'emploi des ballons, des pigeons et de la photographie. Il y aura en outre deux expositions officielles relatives au siège, celle de l'Établissement central d'aérostation militaire de Chalais- Meudon, et celle du ministère des Postes et Télégraphes.
Paris ne figurera pas seul dans la galerie de la classe 34, Marseille fournira l'exposition Nadar, dont la valeur historique est incomparable, et Lyon l'exposition Boulade qui montrera de très belles vues aérostatiques, représentant les principales villes du midi prises de la nacelle d’un aérostat. M. Dumoutet exposera ses panoramas aérostatiques. Les ballons-sondes seront présentés par MM. Hermite et Besançon avec tous les développements nécessaires pour mettre en lumière l'importance de ce moyen d'investigations des régions atmosphériques inaccessibles à l'homme. On verra reparaître les
collections Tissandier, complétées par le frère du malheureux Gaston. Les instruments de précision et les appareils photographiques de valeur exceptionnelle seront envoyées par MM. Richard frères, Gaumont et Secrétan, c'est-à-dire par l'élite de nos opticiens. L'Exposition prépare donc une brillante réponse aux critiques proclamant la décadence de la navigation aérienne.