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Tous les jours ont lieu dans les laboratoires les travaux les plus périlleux. Songe-t-on pour cela à munir un commissaire de police de pouvoirs Inquisitoriaux pour en annihiler les bienfaisants effets ?
Imposer des commissions officielles de contrôle, statuant « bon ou mauvais » serait la plus criante injustice, puisque personne ne peut assurer que la solution des irritants problèmes réclamés par la locomotion aérienne sortiront d'un type « normal officiel ».
Ce que l'on est tout au plus en droit d'exiger des futurs aéro-navigateurs, c'est la promesse de ne procéder à leurs évolutions qu'en rase campagne, loin de toute agglomération.
D'ailleurs, en présence de ce nouveau désastre, dont nous tirerons des enseignements nombreux, utiles au développement de l’art aérien et à la confusion d'erreurs grossières ayant cours dans toutes les sociétés académiques et aéronautiques du monde, devons-nous rappeler que l'Aéro-Club de France a refusé de s'associer à la panique plus simulée que réelle de certains aéronautes, après le sinistre du « Pax » ?
Il n’a pas voulu que le ciel fût mis en état de siège. — Grande besogne pour de si petits personnages. — Il a estimé suffisant de rappeler aux expérimentateurs de ballons automobiles la gravité des dangers qu'ils courent forcément, lorsqu'ils exécutent ces belles et attrayantes expériences, dans le but de conquérir l'océan atmosphérique.
Et le 26 mai dernier, la Commission d'aérostation scientifique de l’Aéro- Club votait à l'unanimité la résolution suivante, qui doit être mise de nouveau sous les yeux de nos lecteurs et des autorités publiques :
L'Aéro-Club émet le vœu que les gonflements de ballons à moteur à feu, les essais préliminaires d’aérostats automobiles et d'appareils d'aviation, aient lieu hors des villes.
Pour nous, profondément émus du grand sacrifice que vient de réclamer la science, nous nous inclinons devant ses arrêts, sans crainte comme sans colère. De Bradsky et Morin, inscrits au glorieux martyrologe, resteront les types de cette souche toujours plus ardente, toujours plus nombreuse, de ceux qui se rient de la Sinistre Vagabonde, et vivent leurs dernières secondes dans la suprême joie du devoir scientifique accompli, de l’'Idée esquissée... sinon
réalisée. — Sublime apothéose consolative.
GEORGES BESANCON