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LE DÉPART

Les premiers essais, qui devaient avoir lieu le 20 septembre, furent retardés par d'importantes modifications : d’abord augmentation du volume de l’aérostat qui, de 770 mètres cubes, fut porté à 850 mètres cubes par l’adjonction d’un fuseau, puis par un gonflement difficultueux qui prit fin le 28 septembre; l'hydrogène produit était excellent, il donnait une force ascensionnelle moyenne de près de 1.150 grammes par mètre cube.

Enfin, le ballon gonflé, on dut modifier la disposition des longrines sur lesuelles venaient se fixer les suspentes : sous la tension produite par la suspension e la poutre-armée, les brancards déformaient l'enveloppe.

Le 11 octobre, après bien des heures laborieuses, l’aéronat, tout gréé sous le

hangar qui abrita le Pax, au parc aérostatique de Vaugirard, était en partance.

Le lundi 13 octobre, profitant du calme qui régnait à la surface du sol, le

HR

Photog. Forster.

Le lâchez tout ! Parc aérostatique de Vaugirard, 7 h. 55 du matin.

baron de Bradsky donnait le signal du départ. Il était accompagné de son collaborateur et ami, Paul Morin.

À 7 h. 1/2 du matin, le ballon sorti du hangar fut pesé par les deux aéronautes. Tout d'abord l’aérostat s’éleva sur l’un des deux guideropes, une première fois sans faire tourner le moteur. À la deuxième ascension captive, à laquelle voulait

prendre part Mme de Bradsky, le moteur mis en marche actionna les hélices ascensionnelle et de propulsion. Après avoir décrit quelques cercles avec facilité, tout allant bien, l'aéronat fut ramené au sol. De Bradsky nous déclara son entière satisfaction et promit à sa jeune femme, qui insistait pour monter, une ascension au champ de manœuvres d'Issy-les-Moulineaux. Tel étaitle but du voyage; la Place de Paris avait accordé son autorisation.

Huit sacs de lestet deux bidons d'essence furent embarqués dans la nacelle, puis Morin prit place, et toujours méthodique, dit alors aux hommes de manœuvre :

« Si je donne un coup de sifflet, vous arrêterez l'ascension ; à deux coups, vous ramènerez l'appareil à terre; mais si je siffle trois fois, vous lâcherez tout! »

A ce moment, de Bradsky embraya l’hélice ascensionnelle et l'immense machine s’éleva lentement. Un sac de lest fut jeté par Morin. Il était alors 7 h. 55.

Cependant l’aérostat monta lentement encore; un instant avant que les deux cordages quittassent le sol, trois coups stridents de sifflet retentirent. Aussitôt le ballon fut abandonné, les guideropes traînèrent un instant sur le sol, maïs se relevèrent bien vite sous la projection d’un deuxième sac de lest.

L'aérostat accentua son ascension, sans monter trop vite, vraisemblablement à cause du brouillard qui se condensait sur l'enveloppe du ballon. |:

A ce départ exécuté par une belle matinée d'automne, assistaient Mme de Bradsky, Lachambre, Besançon, Peyrey, Paupy, trois ou quatre autres personnes etles hommes d'équipe. ww: |

La foule, autour du parc, applaudissait, faisait une ovation aux aéronautes qui, à l'altitude de 150 mètres, arrêtèrent l’hélice ascensionnelle pour embrayer le propulseur. Alors le ballon avança très rapidement, traçant de grands cercles concentriques, qui bientôt, avec l'augmentation d'altitude, ne devinrent que des mouvements giratoires. L'aérostat était emporté par le courant d'air; 1l s’éloignait dans le lit du vent, tout comme un simple ballon sphérique. Il faut rendre responsable de cet absolu manque de dirigeabilité l’exiguïté du gouvernail, abrité complètement du vent relatif produit par la translation du ballon automobile, par le cône sphérique arrière.

Bientôt l’aéronat en dérive disparaissait dans la brume qui envahissait l'horizon.

— De 8 à 9 heures, à la Tour Eiffel, le courant avait une vitesse de 6 mètres par seconde, et sa direction oscillait entre le S. W. et le 5. S. W. Au sol, le vent

était nul.

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