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ESPAGNE

Itinéraire du Méditerranéen n° 2, dressé par M. Laignier, enseigne de vaisseau

appareils, dilate le gaz et, pour ne pas nous emballer en hauteur, je dois soupaper à diverses reprises.

La côte approche à vue d'œil. Le commandant de l’Epée nous signale qu'il ne peut plus suivre et qu’il met le cap sur Cette. La mer déferle avec violence sur la plage. À 100 mètres, je tire la soupape à fond. Duhanot coupe la corde d’ancre, mais l’ancre est bien inutile. Le stabilisateur, qui a repris le contact, nous arrête. Je tire la corde de déchirure et nous tombons doucement au milieu des vignes, à 100 mètres à peine de la mer. Il est 3 h. 45; nous sommes donc xestés 36 heures en l'air. Le ballon a atterri entre Agde et Cette, dans la propriété des Salins du Midi, à l'endroit connu sous le nom de Capite. Grâce à l’obligeance du directeur de la Compagnie des Salins et du régisseur M. Michel, tout le matériel a pu facilement être transporté en lieu sûr et réexpédié à Paris. La peau du ballon, mouillée fortement par un orage qui éclata la nuit même de l'atterrissage, fit le lendemain une nouvelle traversée maritime à bord d’un bateau de pêche qui la transporta à travers l'étang de Thau jusqu'à Bouzigues, où, grâce à l’amabilité de MM. Guibal et Vivarès, elle put se sécher complètement avant de rejoindre son hangar de Montmartre, où elle va attendre un nouveau départ pour Palavas.

Henry DE LA VAULx

L’AÉROPHILE

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