‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 140 sur 161 · CA IN · texte numérisé non relu

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l'emploi efficace de ces ballons; 1l a été conduit par suite à parler de leur origine, sur laquelle il est important de revenir ; de plus, il a rappelé l'intéressante communication de M. Teisserenc de Bort sur la température de l'atmosphère supérieure à 10 ou 15 kilomètres au-dessus du sol, d’après les observations fournies par les ascensions de 258 ballons-sondes à Trappes : aussi, reprenant les paroles de l'orateur, il dit que, comme lui, il a conclu, contrairement à l'opinion générale, que la diminution s'approche du degré adiabétique à ces grandes hauteurs, et qu'il y a une couche de 8 à 10 kilomètres d'épaisseur, dépendant de la saison et des conditions climatériques, où non seulement la température ne diminue pas à mesure qu'augmente la hauteur, mais où elle tend plutôt à augmenter.

: Fig. 3.

Ballon cerf-volant de 68 mètres cubes.

M. Assmann décrit ensuite son nouveau ballon-sonde. Le ballon usuel en papier ou en soie, ouvert à la base, a l'inconvénient de s’élever de plus en plus lentement à mesure qu'il s'approche de son point culminant, de sorte que les températures enregistrées sont influencées d'une quantité inconnue par insolation. Les ballons fermés avec matière expansible, s'élèvent au contraire avec une vitesse croissante jusqu’à ce qu'ils éclatent, ce qui assure une ventilation suffisante des instruments.

Un parachute modère d’ailleurs la chute, de sorte qu'ils atteignent le sol sans avarie. La petite dimension du ballon en caoutchouc ct la quantité modérée d'hydrogène que nécessite son gonflement constituent des avantages aussi bien au point de vue de la facilité de manipulation qu’au point de vue de la défense. Ces ballons contenant environ un mètre cube de gaz au départ, ne pèsent que 380 grammes, ou, avec les instruments, 500 grammes. Un ballon obtenu en plongeant un moule dans une solulion de caoutchouc a été porté à 68 fois son volume primitif avant d’éclater, ce qui indique qu'il se serait élevé à une altitude d'environ 38 kilomètres.

Il paraît que la première idée de lancer dans les airs un ballon ayant des enregistreurs, a été émise, dès le lendemain de l'invention des aérostats, par un membre de l’Académie des sciences de Copenhague. C'est au moins ce que rap-

porte l'ouvrage des Foyages scientifiques en ballon, publiés par MM. Assmann et Berson, dont nous n’avons point été à même de vérifier les assertions.

Cette idée auraitété mentionnée à plusieurs reprises par des auteurs s'oceupant de navigation aérienne, mais personne n'y avait attaché d'importance et aucunes tentatives ne furent faites avant celles de MM. Hermite et Besançon, le 4 septembre 1892; elles furent précédées de deux années de travaux préparatoires et remontent en réalité à l’année 1890, mais en matière de priorité, la date de l'invention ne compte qu'à partir de celle de la première publication.

Fig. 4.

Ballon-sonde, en gomme de Para, avec son parachute.

C’est une règle absolue qu’Arago a fait adopter par toutes les sociétés scientifiques, et à laquelle il importe de se conformer.

A la suite de leurs expériences, ils ont adressé à l'Académie des sciences une note détaillée, qui a été insérée in ertenso dans les Comptes rendus, mais avant cette époque de nombreux articles, décrivant leurs tentatives, avaient été publiés par la presse et avaient obtenu un grand retentissement.

Depuis lors, les Comptes rendus ont reçu des communications par différents auteurs, y compris MM. Hermite et Besançon eux-mêmes.

Les développements pris par les ballons-sondes sont tellement Concile les, qu'il a été question, au Congrès de Berlin, de créer un organe spécial pour la “publication des diagrammes et des documents y relatifs.

.__ Cequia ll cette expansion progressive, c’est une lettre écrite à MM. Hermite et Besançon, en date du 12 juin 1896 (Aérophile, 4° année, 1896, p. 134), par M. Assmann, de Berlin, pour leur demander de lutter avec lui pour le record des altitudes.

Au cours de ce congrès s’est produit un curieux incident : M. Foerster, conseiller aulique, professeur, docteur et directeur de l'Observatoire impérial de Berlin, a donné lecture d'une pièce de vers en lhonneur des ballons, dont voici la teneur :

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