LE CHANT DU BALLON EN CAOUTCHOUC
Morituri te salutant
En haut, toujours plus haut, jusqu’au ciel m'élevant, Je suis un serviteur de votre esprit puissant,
Et, flottant au-dessus de votre vaste empire,
J'y vais exécuter ce que votre cœur désire.
Je sonderai là-haut les brülantes questions
Que pose l'univers aux imaginations ;
Mais de ce vaste ciel, où ma sphère s'envole,
Je crains qu'un accident, hélas ! ne me décolle.
Je ne veux pas tomber avant d’avoir saisi
Le secret tant cherché poursuivi jusqu iei.
Ah ! de grâce, n’ouvrez point encor ma soupape; Gardez que mon osier sur la terre ne frappe,
Tant que je n’aurai point de message d'en haut, Laissez-m'y promener tout le temps qu'il me faut! Puis, quand j'aurai fini mon héroïque ouvrage, Lorsque du ciel pour vous j'aurai conquis l'hommage, Pour vous dompté la foudre et la nature aussi,
Je veux bien que mon sort soit à votre merei.
Nous regrettons de ne pouvoir mieux rendre les vers inspirés de M. Foerster, mais nous espérons que son enthousiasme pour la navigation aérienne lui fera prendre une résolution analogue à celle du grand Leverrier, qui aurait doté l'Observatoire de Paris d'un service aéronautique, si la mort ne l'avait enlevé à la science et à sa patrie.
WILFRID DE FONVIELLE
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LA FORME DU BALLON DIRIGEABLE
Sous ce titre, j'ai eu l'honneur, dans deux articles précédents, de présenter à mes bienveillants lecteurs, un projet de ballon dirigeable, type Dupuy de Lôme (Aérophile, septembre 1902).
Maïs, ayant omis quelques considérations importantes, je viens, aujourd'hui, réparer cet oubli.
Je disais dernièrement que « les efforts faits pour placer les propulseurs au centre de résis- «tance, sont inutiles, et non seulement cela est très difficile, mais j'ose ajouter que c'est « nuisible ».
En effet, pour orienter les propulseurs directement sur l’avant et l’arrière du ballon, il faut relier la nacelle tout près de celui-ci, ce qui augmente de beaucoup le danger d’inflammation causé par la présence d’un moteur à feu ou électrique.
Il est certain qu'en plaçant la nacelle tout proche de l'enveloppe, le système oscille très facilement dans le sens vertical, et il « pirouette » dans le sens horizontal avec la même facilité.
Mais un vent légèrement ascendant, agissant sur la proue du ballon, pourrait lui faire prendre une position verticale très dangereuse.
Avec le type de dirigeable de Dupuy de Lôme, que j'ai présenté, la propulsion s’effectuant directement sur le cercle horizontal de suspension, la nacelle reste indépendante, se trouvant à une grande distance du ballon, ainsi que le centre de gravité, formé par la nacelle, le moteur et les aéronautes. Cet éloignement du centre de gravité ne cause aucun préjudice à la vitesse de l’aéronat, et la nacelle, étant indépendante et pouvant quelque peu osciller, forme un énorme contrepoids qui maintient toujours la parfaite verticalité de l'appareil.
J’ai déjà fait observer que l'aérostat trop allongé offre, par ses flancs, trop de surface et un levier considérable aux vents latéraux et obliques qui produisent les mouvements giratoires horizontaux.
Ce qui n'empêche pas que même les ballons ovoïdes, du type Dupuy de Lôme, ne soient
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