‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 143 sur 161 · EC—— ———-—__ ——]—]____ ———__ · texte numérisé non relu

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pures émotions réservées aux seuls nautoniers aériens. Ces touristes, d'un genre nouveau, ont pu apprécier, et cela sans crainte aucune, toutes les ressources que l'usage des aérostats met aux mains des savants désireux darracher à l'instable

enveloppe gazeuse qui nimbe notre planète, les mystérieuses lois régissant nos vicissitudes météorologiques, de triste actualité. |

M. Olivier a confié la direction des ascensions libres aux comtes Henry de La Vaulx et de Castillon de Saint-Victor, deux vétérans de l’« Aéromobilisme »

qui ont mis à sa disposition le Centaure et l'Eros, aérostats justement célèbres par les exploits de leurs pilotes.

Les départs ont eu lieu au parc de l’Aéro-Club, à des heures et à des dates fixées à phériques l'ont permis.

La première ascension, une

Fig. 2.

La traversée d’un lac. — Phot. A. et L. Boulade.

l'avance, chaque fois que les conditions atmos-

des plus favorisées, a été exécutée le mercredi

4% mai, à bord du Centaure, piloté par le comte Henry de La Vaulx, ayant comme

RE Fig. 3.

La terre, vue de 1000 mètres. — Phot. A. et L. Boulade.

passagers : Mme Massieu, la célèbre exploratrice du Cambodge ; M. Legeay, l’alpiniste, et M. Louis Olivier. Pilote et voyageurs se sont élevés doucement, un peu avant midi, emportés par un vent faible vers l'Est, et ont atterri à 3 heures du

soir, près du village de Ferrolles (Seine-et-Marne), après une traversée splendide.

Le 28 mai,le Centaure, commandé par le comte Henry de La Vaulx, ayant à son bord MM. Frantz Reichel, chroniqueur sportif au Figaro, Louis Olivier et M. X..., s'élevait rapidement, emporté vers le Nord-Est. Quelques heures après, il touchait terre à 100 kilomètres de Paris, dans les plaines de Pierrefonds. ae

Le 15 juin, après une série continue de mauvais temps, l'£ros prenait son vol,

Fis, 4.

Au-dessus des montagnes. — Phot. À. et L. Boulade.

dirigé par le comte de Castillon de Saint-Victor, qu 'accompagnaient MV. Gauvrit, Oscar Legrand, L. Olivier et Mme la baronne de Tallenay, délaissantun instant la biologie, sa science favorite, pour l'étude de la pleine atmosphère. Le départ eut lieu vers 2 h. 1/2, et la descente se fit dans d’exceptionnelles conditions à à Jess (Seine-et- Marne).

Le 25 juin, à 11 h. 55 du matin, l'Æros, pour la seconde fois commandé par le comte de Castillon de Saint-Victor, ayant dans sa nacelle Mme Fincek, l’intrépide

voyageuse, MM. Pierre Mille, rédacteur au Z'emps, Y.….. (dont la famille est, parait-il, hostile au ballon) et Louis Olivier, filait à une vitesse de 60 kilomètres à l'heure, dans la direction de la Bretagne, pour atterrir, sans accident, à 5 h. 40 du soir, à Condé-sur-Vire (Manche).

Le 9 juillet, à midi, l'Zros emportant le comte Henry de La Vaulx, pilote, le D' Henri Meige, Mme Meige, MM. Gaudermen et Louis Olivier, prenait la direc: tion du Nord-Est. Après six heures d’une splendide traversée aérienne, lès excursionnistes descendaient à Issoncourt (Meuse).

Le 16 juillet, l'Orient prenait son vol, sous la direction du comte de Castillon de Saint-Victor, ayant comme passagers : Mlle Janssen, fille du directeur de l'Observatoire d'astronomie de Meudon, et M. François Cottin. Durant de longues heures, le ballon surplombait les plaines de la Beauce où il atterrissait de la façon la plus heureuse, sur la fin du jour.

Le 25 jullet, à 11 heures du matin, l’Æros entreprenait la septième croisière aérienne, commandé par le comte Henry de La Vaulx, ayant à son bord Mme Léon Thion de la Chaume, Mile V. Prunnot, MM. Jean Javal et Olivier. Un courant du Sud-Ouest emporta les aéronautes qui descendirent vers 5 heures du soir à Coucy-le-Château (Aisne).

Le huitième voyage s'effectua le 14 août, à 1 h. 1/2 du soir. L'Ortent, piloté par le comte de Castillon de Saint-Victor, enlevait deux passagers : Mme de Limayrac et le D' Faure. L'aérostat s’éleva par un temps splendide, entraîné par un vent faible, il prit terre près de Coulommiers vers 4 heures du soir, après une traversée plutôt calme.

La série des croisières a été clôturée pour l’année 1902 par la belle ascension du 14 novembre.

Le comte Henry de La Vaulx, pilotant l’£ros, avait comme passagers M.Olivier, M. et Mile Charny et M. X., à qui la Revue générale des Sciences offrait ce voyage, comme ayant obtenu le n° 1 à l'agrégation des sciences. Le ballon s'éleva à 11heures du malin du parc aérostatique de Saint-Cloud, et fut descendre à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), vers 5 heures, ayant ainsi parcouru 120 kilomètres en 6 heures.

Comme on le voit, les débuts des croisières aériennes de la Revue générale des Sciences ont obtenu un grand succès : 23 personnes y ont pris part, parmi lesquelles figurent 9 charmantes voyageuses.

Passagères et passagers sont revenus à terre, enthousiasmés des sensations nouvelles qu'ils ont éprouvées, de la variéié infinie des panoramas féeriques qui se sont déroulés devant leurs yeux, de l'éclat de la lumière, des aspects bizarres de la terre et de la facilité avec laquelle un ballon, hochet des vents, mais engin d’un volume considérable, obéit docilement à la main d’un habile aéronaute.

Aussi, nous espérons que ces splendides résultats encourageront même les plus sceptiques ; que bientôt les croisières se vulgariseront et que pour tous les ballons deviendront un usuel instrument de voyage ; ce qui fera le plus grand honneur aux promoteurs de ce grand sport, le plus noble entre tous.

Henri CASPARD

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