L'OISEAU BRITANNIQUE
Nous apprenons que M. Buchanan, de Cosham (près de Portsmouth), va reconstruire l'oiseau mécanique qu'il a inventé. On sait que cet appareil étrange fut compiètement détruit, avec son hangar, par un incendie, le 4 février dernier.
M. Buchanan, homme déjà âgé, a passé vingt ans à l'étude de son « oiseau »; il a perdu, dit-on, 250.000 francs dans cette câtastrophe.
L'appareil de M. Buchanan tenait de l'oiseau automatique et du dirigeable, c'était un système mixte, admettant les théories de M. Roze sur le plus lourd que l'air, l’aérostat n'intervenant que pour diminuer le poids mort du volateur. — La construction générale en avait été établie pour ressembler le plus possible à l'oiseau, la proue même a était façonnée en tête de volatile, afin de diminuer la résistance de l'air.
L'aérostat occupait en &, au-dessus de l’axe transversal, à peu près la moitié de l’ensemble; au-dessous, en e, f, à, g, e, était la partie mécanique. — La machinerie, chambre des aéronautes, était contenue dans un châssis de bambou canné recouvert d'une garniture de toile à voile imperméable, figurant le ventre de l'oiseau.
L'appareil, long de 37 mètres, po 1.042 kilogrammes.
Un moteur à pétrole à 2 cylindres, de 6 chevaux, était primitivement adapté à l’aviateur, mais devant les résultats insuffisants d'un aussi faible moteur, M. Buchanan en fit construire un autre de 4 cylindres faisant 14 chevaux et à l’aide duquel il comptait obtenir une vitesse de près de 60 kilomètres à l'heure.
Un puissant gouvernail à mouvement universel, figurant l'appendice caudal a du palmipède, prenait toutes les directions à la commande du pilote.
Le 14 chevaux actionnait deux propulseurs, sorte d'ailes battantes et propulsives placées latéralement; leur surface ondulée assurait, au dire de l'inventeur, une puissance exceptionnelle d'appui sur les couches d'air.
M. Buchanan affirmait aussi, en dehors de toute expérimentation, que son aéronef montait en levant la tête et effectuait sa descente en l’abaissant, imitant en cela les mouvements des oiseaux, mais il est évident qu'aucune compareison n'est possible entre cet appareil et les phénomènes cotes du vol plané.
Déjà en 1884, le constructeur anglais soumit un modèle réduit de son appareil aux autorités militaires de l'Ecole royale des ingénieurs de Chatham : le colonel Gordon fit un rapport concluant à la possibilité de réussite, mais faute de capitaux M. Buchanan ne put jusqu'à maintenant perfectionner sa construction.
Meilleure chance à M. Buchanan.
À. NICOLLEAU
LE TOUR DU MONDE AÉRIEN
Un rallye-ballon. — Le 26 octobre a eu lieu un rallye-ballon organisé par l’Aéro-Club Bordelais.
L'aérostat, monté par MM. Duprat, Prévot, le docteur Landreau, est parti à 10 heures du matin de l'usine à gaz de la Bastide.
Quinze automobiles ont pris part au rallye. Le ballon a atterri une première fois à midi dans la propriété Beaumartin, près de Saucats.
Le premier arrivant qui a rejoint le ballon est Taylor, suivi de Ménard et Lestonnat ensemble.
Les aéronautes sont repartis et ont fait leur atterrissage à 8 heures du soir.
Collision d’aérostats. — Le 7 octobre, un ballon du parc d'aérostation militaire de Varsovie effectuait sa descente, après avoir atteint 3.800 mètres. Tout à coup, un choc violent
renversa les aéronautes dans la nacelle. L’aérostat, regagnant les altitudes inférieures, avait rencontré un autre équipage aérien, masqué par l'obscurité naissante! La secousse a détruit ou jeté par-dessus bord la plupart des instruments, et le lieutenant Karguericht a eu le poignet brisé. À part cela, le voyage s’est bien passé! “
L’aérostat-éclaireur de la traversée du Sahara. — M. Mallet, constructeur de MM. de Castillon de Saint-Victor et Debureau, vient de recevoir en dépôt le ballon de place (980 mètres cubes) que le génie militaire met à la disposition des futurs aéronautes-explorateurs du continent africain. Cet aérostat non monté, muni de délesteurs automatiques, sera lancé alors que souffleront les alizés Est-Ouest. Il répétera la route, facilement prévue par la direction constante de ces courants.
Sir Th. Lipton aéronaute. — Sir Thomas Lipton, un des héros de la Coupe America, vient d'être présenté à l’Aéro-Club de la Grande-Bretagne par C. $S. Rolls, le chauffeur bien connu; celui-ci à proposé à sir Th. Lipton de traverser la Manche en ballon. L’Erin, superbe yacht à vapeur suivrait les hardis sportsmen.
Le Doyen des aéronautes en ballon. — M. W. de Fonvielle,le doyen des aéronautes, s’est élevé en ballon de Rueil, le vendredi 31 octobre, à 5 h. 1/2 du matin, à bord d'un ballon de 1.200 mètres cubes. Les compagnons de M. de Fonvielle étaient MM. Saunière et Bordé Le but du voyage était l'observation de l'éclipse partielle du soleil, visible seulement à l'horizon. mais une brume intense a rendu impossible toute étude du phénomène. Les aéronautes ont, pris terre aux environs de Chartres, à 10 h. 1/2 du matin.
La traversée du canal Saint-Georges en ballon. — MM. Spencer et Bacon. qui ont quitté en ballon l’île de Man le mardi 4 novembre, pour tenter la traversée de la merd’Irlande, ont réussi dans leur audacieuse tentative.
La canonnière Renard, qui, par ordre de l’'Amirauté, suivait les aéronautes, à été promptement distancée et n’a pas tardé à perdre de vue l’aérostat.
Celui-ci a abordé à Auldgarth, à 16 kilomètres de Dumrues et à 24 kilomètres dans l'intérieur de l’Irlande.
Paris-Dieppe en 2 h.50. — MM. Georges Leys, Emile Janets et X..., élevés le 6 novembre, à 11 h. 1/4, du parc de l’Aéro-Club, à bord de l’Eden, ballon de 830 mètres cubes, ont atterri à 8 kilometres de Dieppe, deux heures cinquante après leur départ.
Le Santos-Dumont IX. — Le petit aérostat de 215 mètres cubes, que Santos-Dumont a commandé à M. Lachambre, est absolument à point, partie mécanique ainsi que ballon proprement dit.
L’aéronaute, qui a procédé à une sérieuse épreuve de la membrure de son minuscule véhicule le 13 novembre, a vu ses efforts couronnés de succes, car en mesurant au dynamomètre la traction exercée par la rotation de l'hélice (200 tours), il a pu constater qu'une force de plus de 24 kilos propulsera son ballon-automobile.
Le Santos-Dumont IX, qui vient d’être gonflé au gaz d'éclairage (afin de vérifier la tenue générale de l'appareil), n’attend plus qu'une période de beaux jours, pour s'assurer son fret d’hydrogène et courir dans l'atmosphère de majestueuses bordées.
A l’Aérodrome de la Porte Maillot : Le départ du « Titan ». — L'’Aérodrome de la Porte Maillot, si habilement dirigé par notre ami Arrault, a fermé ses portes le jeudi 13 novembre.
L'exploitation, quoique contrariée par une série de mauvais temps causée par la déplorable persistance des vents d'Ouest et Sud-Ouest, a été néanmoins très satisfaisante.
La saison a donc été close par le départ libre du Titan (2.000 métres cubes), gonflé avec le gaz hydrogène provenant de feu le « captif », lui-même ancien Méditerranéen I, qui a pris son vol dans le ciel lumineux, à 1 h. 7 de l'après-midi.
Dans la nacelle du gigantesque aérostat, dirigé par M. Bachelard, pilote de l’Aéro-Club. avaient pris place : MM. Louis Besse, de la Presse; Wolff Adrien, G. Dupuy, du Français; Esménard et Bourquin.
Après être monté à 1.200 mètres d'altitude, le ballon a fait escale dans la cour de l’école communale du Petit-Ivry à 3 h. 20. Puis, après un tirage au sort qui a désigné MM. Bourquin et Esménard comme devant débarquer, le Titan a repris l'air à 3 h. 40 du soir pour redescendre à 5 h. 5, vu le calme de l'atmosphère, à Vitry, à 1 kilomètre de la demeure de M. Wolf.
Au Parc de l'Aéro-Club : Inauguration de l’ « Oubli ». — Une nombreuse et élégante assistance s'était donné rendez-vous au parc de Saint-Cloud, où M. Legrand, le sympathique sportsman bien connu, inaugurait le 15 novembre dernier l’Oubli, un superbe aérostat en soie, jaugeant 1.000 mètres cubes. 5 2-0 Re
Le champagne a été sablé aux futures prouesses du nouveau navire aérien. Les invités émerveillés, admirant les formes pures de l'Oubii, ne tarirent pas d'éloges au constructeur de l’aérostat, M. Maurice Mallet. : /
A 11 heures, MM. Legrand et de Castillon de Saint-Victor ont pris place à bord, accompagnés de Mile Moulton, jeune Américaine, dont c'était le premier voyage aérien. :
— Lâchez tout! l’Ouvis’est élevé tout doucement et, équilibré à 400 mètres, s’est estompé peu à peu et a disparu dans la brume du Sud-Est.