PAR BALLON NON MONTÉ
Avant de tenter la traversée du Sahara au moyen d'un aérostat monté par quatre où cinq aéronautes, et par conséquent de gros volume, expérience qui a environ 300.000 francs, les promoteurs de l’entreprise vont essayer de aire exécuter cette même traversée à un ballon non 3, eXpérienc I 3 de 15 à 20.000 francs seulement. dd de se
Cet aérostat non monté est muni d'un équilibreur et de délesteurs automatiques, remplaçant terme à terme l'aéronaute absent de son bord. L'équilibreur est le guide-rope lourd rigide en acier (de 500 kilogrammes pour un ballon de 3.000 mètres cubes); le délesteur automatique est une caisse à eau contenant 2.400 kilo-
grammes de lest-eau, munie d'un appareil extrêmement simple et robuste, qui, si l'aérostat s'approche à moins de 50 mètres du sol, jette automatiquement 70 kilogrammes de lest en une demi-minute.
L'aérostat est muni d'un ballonnet à air automatique.
Jl résulte des expériences préalables faites en France (6 ascensions en ballons libres, dont 3 d'une durée de plus de vingt-quatre heures) que le système équilibreur réduit à peu près les pertes de force ascensionnelle aux fuites de gaz à travers l'enveloppe du ballon. En supposant les conditions les plus défavorables, le ballon demeurera donc au moins douze jours en l'air.
IL résulte des rapports des explorateurs du Sahara, tous unanimes sur ce point, que les vents alizés, vents du Nord-Nord-Est, soufllent avec une absolue constance, d'octobre à avril chaque année, au-dessus du Sahara central, avec beau temps fixe. Ils entraineront l’aérostat guide-ropant à la vitesse moyenne de 20 kilomètres à l'heure. L'aérostat franchira donc 480 kilomètres par vingt-quatre heures. La distance de Gabès au Niger étant de 2.300 kilomètres, il traversera le Sahara français en Cinq jours.
S'il naufrage en route, il aura, en tout cas, été vu par les nomades du désert, son passage constituant pour eux un phénomène extraordinaire, ils en colporteront la nouvelle, ce qui permettra de se faire tout au moins une idée du parcours effectué par cet aérostat et peut-être de retrouver son épave et les appareils enregistreurs dont il aura été pourvu au départ.
D'EBURAUX
LE TOUR DU MONDE AËRIEN
ALLEMAGNE RECORDS ALLEMANDS DE DISTANCE ET DE DURÉE. — Les records allemands de distance
et de durée viennent d’être portés à 1.200 kilomètres et à 29 heures, par la remarquable ascension exécutée par MM. Berson et Elias, de l’Institut météorologique de Berlin. Partis de la capitale allemande jeudi 9 janvier, à 9 heures du matin, les recordmen aériens sont descendus vendredi, à 2 heures après midi, aux environs de Kiew (Russie).
CATASTROPHE AÉRIENNE. — Le 1tr février, à 9 heures du matin, partaient de Berlin, à bord du Person, Von Siegsfeld, officier allemand, attaché au corps des aérostiers, et le D' Linke, du service topographique militaire
L'aérostat, emporté par un vent violent d’Est, qui régnait ce jour-là, franchit les 650 kilomètres qui séparent Berlin d'Anvers. en moins de 6 heures.
C'était, au dire des témoins anversois qui virent passer le ballon au-dessus de la ville, un spectacle véritablement émouvant. Le Berson, entrainé par la rafale, avait un mouvement de descente très accusé et les aéronautes, afin d'éviter le contact avec les édifices, projetèrent une grande quantité de lest. On craignit même un instant le heurt de IE nacelle contre une haute cheminée qu'elle effleura.
L'aérostat, très dégonflé, n'était plus qu'à quelques mètres de la terre, et les cordages trainaient presque complètement sur le sol, quand des personnes aperçurent l'un des voyageurs, le Dr Linke, sauter de la nacelle; en tombant, il se brisa le bras droit. Quelques secondes après, Von Siegsfeld, s'élança à son tour, mais moins heureux, l'officier resta pris par les pieds, dans les cordages, et fut traïné sur un parcours d’une cinquantaine de mètres. Quand l'arrêt du ballon permit de porter secours à l'aéronaute, on ne put que constater sa mort. Sa tête mutilée ne formait plus qu'une bouillie sanglante. “Es
Le voyage s’est effectué à une vitesse moyenne de 110 kilomètres à l'heure, et
étant donné qu'à Berlin, le vent était loin d'avoir la force qu'il avait à Anvers, on est admis à croire que la fin du raid aérien à été plus rapide encore.
Le manque d'informations certaines nous incite à penser que les deux voyageurs aériens, impressionnés par la foudroyante vitesse du ballon, se sachant d'autant plus proches de la mer que le vent avait changé et soufflait du Sud-Est, jugeant à ce moment-là le terrain propice à un atterrissage, tirèrent sur la corde de déchirure à l'instant où la nacelle se rapprochait du sol et sautèrent à bas, dans un but qui nous échappe. Cette dernière manœuvre est Imexplicable de la part d’un praticien comme Von Siegsfeld, qui s'était distingué dans de nombreuses ascensions, remarquables tant par la durée, la distance, que par la valeur de la documentation qu'il en rapportait. En 1893, 11 collabora à la création du drachenballon ou ballon cerf-volant, employé non seulement dans les armées étrangères, mais encore pour l'exploration de la haute atmosphère.