‹ L'Aérophile (volume 5)Chapitre 82 sur 161 · HT AIT · texte numérisé non relu

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À 2.800 mètres, nous comptons nos pulsations :

M. le D' Debray, 100 à la minute.

M. Wagner, 86 —

M. H. Farman, 84 —

M. M. Farman, 108 —

À 3.100 mètres, le thermomètre descend au-dessous de zéro (— 19,5) pour repasser à — 0°,5 à 3.300.

Les nuages tendent à s’unifier en même temps qu'ils s'élèvent, cependant un énorme cumulus orageux semble se précipiter sur nous ; les mouvements des vapeurs y sont si rapides qu'on ne peut mieux les comparer qu'à celles qui s’échapperaient d'une immense chaudière.

À 3.400 mètres {midi 40 m.), nous nous trouvons plongés dans un mouvement tourbillonnaire très accentué.

1 h. 30. B — 4.800, T = — 5°. Nous voilà à la hauteur du mont Blanc. Par suite de notre ascension assez rapide, nous ressentons une légère faiblesse, surtout lorsque nous manœuvrons les sacs de lest.

Le soleil déclinant vient nous frapper de ses rayons brülants (le ballon ne nous garantissant plus) et en moins d’une demi-heure nous attrapons tous un violent coup de soleil.

Le spectacle devient inexprimable,.

Je ressens, comme presque toujours lorsque je me trouve à ces altitudes, le désir de monter plus haut, une indifférence réelle contre les accidents qui surviendraient certainement si je me laissais aller à cette tentation d'abandonner tout mon lest.

Un léger étourdissement, une espèce de fièvre spéciale, les tempes qui vous battent, le silence absolu qui règne, l'immensité qui vous entoure, limitée audessous par une mer de vapeurs blanchâtres, au-dessus par l'infini, tout concorde pour vous faire ressentir une impression étrange, spéciale.

Dr Debray, 128 pulsations.

Wagner, 108 —

H.Farman, 104 —

M. Farman, 132 —

M. Wagner se sent très mal à l’aise ; il est en proie à un énervement qui lui donne envie de pleurer.

Il faut dire que pour sa première ascension, 5.000 mètres estun beau début.

Au Nord-Ouest on devine la terre, mais on ne l'entend plus ; ici c’est la fin de tous les bruits.

Hi Dh 25, B 5.000, T— 70.

Notre ballon descend; à 2.900 mètres nous retrouvons la première couche nuageuse.

À 2.000 mètres, nous sortons de la deuxième couche après avoir traversé lemême espace clair.

La terre paraît dans sa luxuriante beauté estivale.

Notre descente se continue régulière et à 3 heures précises nous touchons terre dans les blés près Guinicourt, entre Reims et Laon.

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