L'AÉROSTATION EN ALLEMAGNE
Le Berliner Tageblatt annonce dans son numéro du 8 février qu'un ballon de la Société aéronautique de Berlin a exécuté une ascension pour déterminer la cause de l’état excessivement brumeux du temps, qui a été très remarquable cette année dans toute l'Europe.
À terre régnait un vent froid venant de l'Est et en l'air un vent relativement chaud soufflait de l'Ouest. La hauteur de la couche inférieure dépassait à peine celle de la Tour Eiffel, et à partir de ce niveau la température allait en augmentant.
— Le Deutsche Zeitung, du 2 février, donne des détails sur l'ascension d’un ballonsonde français lancé par M. Teisserenc de Bort, de l’observatoire de Trappes, et trouvé près de Rahnsdorà, après avoir voyagé avec une vitesse de 38 mètres par seconde. Ce voyage est intéressant en ce sens qu’il constate une interruption à plus de 10,000 m. dans la décroissance de la température. À 8,130 mètres le thermomètre indiquait déjà —43.3, tandis qu'à 12,000 il indiquait —36° seulement.
Les ascensions libres et captives exécutées par la Société de navigation aérienne de Berlin, depuis l’année 1893, sont discutées dans trois volumes dûs à la plume de MM. Assmann et Berson, directeurs de l'établissement aérostatique-météorologique récemment créé près du polygone de Teppel, près de Berlin.
Ces volumes vont paraître prochainement chez Vieweg, libraire à Brunswick. Nous en rendrons compte.
Le nombre des ascensions exécutées par la société, était de 117, à la fin de novembre 1809. Deux ont eu lieu en décembre; en voici le compte rendu que nous extrayons de la Zuftschiffahrt.
N° 118. Ascension du 2 décembre (3 personnes). Départ à 9 h. 35; descente
(1) Pour la description complète des appareils pratiquement employés actuellement dans la télégraphie hertzienne, voir diverses notices publiées par M. Ducretet. Ce savant constructreur a créé un appareillage complet très heureusement combiné pour la télégraphie sans fil.
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à 11 h. 35, dans le voisinage de Crossen, sur l’Oder. L’ascension s'est passée entièrement dans les nuages, ou au-dessus de la mer des nuages. L'épaisseur de la couche nuageuse était de 1,500 mètres. En 2 heures, on a jeté 12 sacs de lest. Température au-dessus des nuages — 7° 8, à terre + 49. Altitude maxima : 2,500 m. Distance parcourue : 135 kilomètres. Vitesse : 17 mètres par seconde.
N° 119. Ascension du 7 décembre (3 personnes). Départ à 9 heures; descente à 4 heures près de Gerstenberg, dans le duché d’Altenbourg, au sud-ouest de Berlin. À mesure que le ballon s'élevait il était dévié à l'Est. Pendant l'ascension, on a vu des nuages se former au-dessus et au-dessous du ballon. Dans les nuages, la température était de 14°, au-dessus, à 2,000 mètres, elle était de 16°. Au-dessus des nuages, le ballon s'est maintenu pendant trois heures sans avoir besoin de sacrifier du lest. La plus grande altitude a été de 2,100 mètres. La distance à vol d'oiseau de 180 kilomètres, et la vitesse moyenne de 7 m. 1 par seconde.
D'après ce que nous voyons, la Luftschiffahrt fera régulièrement ce genre de publication. Nous félicitons notre confrère et en même temps nous exprimons le regret qu’on n'ait pas pris cette initiative à propos des ascensions françaises. Les savants officiels de Paris, n'auront pas à nous adresser de reproches si c'est de Berlin que nous vient en ce moment la lumière.
— Un ballon captif de l'armée autrichienne a exécuté pendant plusieurs jours des ascensions dans le parc de Shœænbrun, et pris des vues photographiques à des hauteurs graduées variant de 400 à 600 mètres. Le dernier jour, l’archiduchesse Elisabeth a assisté en voiture aux opérations, mais son altesse impériale n’a pas réclamé de place dans la nacelle. La New Freie Presse, de Vienne, en fait la remarque d’un air piqué. Cependant, la princesse n’a jamais fait parade de son zèle pour l’aérostation et n'a jamais cherché à rédiger des instructions pour les
aéronautes. A. CLÉRY.
INFORMATIONS EXPÉRIENCES AËÉROSTATIQUES A TOULON. — M. Cailletet, de l’Institut, s'est
embarqué à Toulon, le 14 février, à bord du croiseur « La Foudre », à l'effet d'expérimenter en ballon captif de nouveaux appareils de son invention.
Ces intéressantes expériences, pour lesquelles nous devons garder actuellement une réserve facile à comprendre, ont été ordonnées par le ministre et exécutées par les officiers de la marine qui avaient embarqué un matériel aérostatique spécial.
LES PALMES ACADÉMIQUES ET L'AEROSTATION. — À l'occasion de la visite faite par M. le Ministre de la guerre à l'établissement central d'aérostation militaire de Chalais, et par arrêté du Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, en date du 15 janvier, a été nommé Officier d'Académie M. le capitaine Jules-Stanislas Voyer, du 7€ régiment du génie, détaché à l'établissement de Meudon.
Par arrêté du 1°" février, M. Victor-Charles Louet, lieutenant de réserve aux aérostiers, du génie, président de l’Académie d’aérostation météorologique, a été nommé Officier d'Académie.
Nous leur adressons nos vives félicitations.
BULLETIN DES ASCENSIONS. — L'Aéro-Club a inauguré le 28 janvier, la série des ascensions qu’il se propose de faire cette année, mais par un bien mauvais temps. Une trentaine de personnes s'étaient cependant rendues à l'usine du Landy d’où est parti, vers midi, le Volga de 1000 mètres cubes. Dans la nacelle avaient pris place M. Girardot, le chauffeur bien connu, M. Ph. Monnier, membre de l'A. C. F., et le pilote Jacques Faure, trésorier de l’Aéro-Club. Le ballon avait à subir un vent du Nord-Est peu violent.
Le Vo/ga est descendu, à 8 heures dusoir, à Lagny, couvert de plus de 50 kilogrammes de neige. Il a effectué un voyage circulaire autour de Paris, traversant des nuages de glaces. Les passagers, après avoir pris de nombreuses photographies, ont fait une descente exempte d'incidents.
Le Direcieur-Gérant : Georges BESANÇON.
Directeurs : GEORGES BESANÇON et WILFRID DE FONVIELLE
8e Année — N° 3 Mars 1900
PORTRAITS D'AERONAUTES CONTEMPORAINS