‹ L'AérophileChapitre 47 sur 84 · PATRICK Ÿ. ALEXANDER · texte numérisé non relu

PATRICK Ÿ. ALEXANDER

Indépendant, célibataire, « seul au monde », selon son énergique expression, globe-trotter doué au suprême degré de la mobilité, j'allais écrire de l’ubiquité britannique.

Connaît pour l'avoir vu tout ce qui existe, hommes et choses de l'air, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Russie, en Amérique, en Chine, en Australie, dans le monde entier et dans le Transvaal.

Est en relations avec Santos-Dumont, le comte Zeppelin, Rotch, Berson, Hergesel, Besançon, Hermite, Roze, Bousson, Langley, Kowanko, Mallet, Lachambre, Renard, et le grand Turc.

Est monté en ballon en montgolfière, en parachute ou plus exactement

descendu en icelui. Montera en thermosphère et probablement en cerfvolant.

S'est élevé de Cristal-Palace, de Bath, de Paris, de Berlin, de Vienne, de Saint-Pétersbourg, de Moscou, de Nijnii-Novgorod et est tombé un peu partout, sur la terre et des fois dans l’eau.

A traversé les airs avec Spencer, Berson, Suring, Zekeli, etc., et aussi tout seul avec son ombre, dans sa deuxième ascension, juillet 1891.

A franchi la Manche en ballon, de Douvres à Gravelines, le 15 septembre 1809 et aussi la mer Baltique pour faire la paire.

À pris part bien entendu à l'ascension du ballon monstre de Berlin, le 23 septembre 1900 et est resté perché sur l'arbre malencontreux qui a arrêté a trente kilomètres du point de départ l'énorme « 8,000 mètres cubes » partant pour l'exploration de la Sibérie.

Suit en ce moment les évolutions du ballon de Zeppelin sur le lac de Constance.

À la passion de l'aérostation comme de toute science et le moyen de la satisfaire avec la rare originalité d'être à la fois savant et riche.

Poursuit des recherches gigantesques dans ses Experimental Works of Bath sur le rendement des propulseurs aériens et notamment sur des hélices dont l'envergure atteint jusqu'à dix mètres.

À publié l'un des livres les plus intéressants et les plus utiles de la bibliothèque aéronautique, Az abridg ment of aeronautical specifications, où il a réuni tous les brevets pris en Angleterre relativement à la navigation aérienne et tous les projets mis en avant par les inventeurs depuis les plus sérieux jusqu'aux plus bizarres,

Est lui-même l’auteur de l'idée la plus audacieuse qui ait jamais été émise en aérostation : étant donné un petit ballon allongé portant la malle des Indes sans conducteur, le diriger de la côte au-dessus du Pas-de-Calais en lui envoyant les ondes du télégraphe sans fil pour actionner un impulseur réglant la montée, la descente, la marche à droite et la marche à gauche.

Croit le problème non seulement possible mais facile et — ce qu'il y

a de plus fort — le résoudra.

Emmanuel AIMÉ.

La Rédaction de l'Aérophile a appris avec douleur l’horrible attentat dont sa majesté Humbert IT a été victime à Monza. Elle envoie l'expression de sa respectueuse sympathie à Sa Majesté la Reine Marguerite qui s’intéresse si vivement au progrès de la locomotion aérienne et lui fait l'honneur de compter parmi ses plus anciens abonnés. Puisse cette femme aussi grande par son intelligence que par son infortune trouver-quelque consolation dans

la culture dela plus belle des sciences,

L’aéronautique à l'Exposition de 1900

Presque au centre du vaste palais du Génie civil, qui forme au Champ de Mars l'aile des bâtiments, à droite des vastes salles où sont rassemblés tous les appareils de transport, depuis la chaise à porteurs jusqu'à l'automobile électrique, se trouve l'emplacement affecté à la classe 34, laquelle comprend tout ce qui se rapporte à l'aéronautique et à ses diverses applications. Cette classification peut être considérée comme rationnelle, car la navigation aérienne sera certainement le mode de locomotion du siècle qui commence et il était juste d'en faire une section du groupe des industries de transport.

Chargé par la direction de l’Aérophile de donner le compte-rendu des merveilles réunies dans cette classe, nous nous efforcerons de dresser le tableau fidèle de l'état de l’aéronautique à la fin du dix-neuvième siècle, tâche qui nous sera facilitée par la présence de la partie rétrospective auprès de l'œuvre moderne qu’elle complète.

Afin de procéder méthodiquement et pour assurer plus de clarté à cette revue, nous nous occuperons d'abord de l'exposition de la classe 34, puis des expositions étrangères disséminées un peu partout dans l'Exposition, et nous terminerons par l'examen des parcs de ballons captifs installés à Paris et à l'annexe de Vincennes.

Ce qui frappe de prime abord les yeux des visiteurs et appelle l'attention sur l'exposition aéronautique du Champ-de-Mars, c'est l'avion explorateur d'Ader suspendu aux arceaux du palais. Nous décrirons ultérieurement cet admirable appareil qui est certainement le plus parfait qui ait été construit jusqu’à présent, et nous nous arrêterons devant les divers stands réunis dans l'étroit espace concédé à cette application, cependant si intéressante à plus d’un point de vue, qu'est l’aérostation.

AËROSTATION PROPREMENT DITE.

Ateliers aérostatiques G. Von et Etablissement central d'aérostation de G. Besançon (Ed. Surcouf, successeur). — Ce stand, très bien organisé, renferme plusieurs objets remarquables et qui prouvent quel souci l'ingénieur Surcouf apporte dans la fabrication des aérostats libres et captifs. Citons la soupape à ressorts de rappels horizontaux et à obturateur étanche évitant tout danger de fuites par les joints, la soupape à clapet de déchirure et l'ancre à double jas de Georges Besançon, un dynamomètre pour l'essai des étoffes destinées à la constitution des enveloppes aérostatiques. un appareil à mesurer le degré d'étanchéité des tissus vernis, enfin les photographies de treuils à vapeur et de générateurs d’hydrogéne pour l’aérostation civile et militaire.

Etablissement aërostatique de Vaugirard, H. Lachambre. — Le célèbre constructeur du ballon de l’expédition polaire Andrée a rassemblé dans un kiosque élégant tout ce qui se rapporte à l'art aérostatique. Des modèles très finement exécutés en baudruche représentent le gréement de ballons modernes, captifs cu libres. Au centre du kiosque, une nacelle, équipée suivant toute les lois de l'expérience, donne l'impression du confort le plus absolu et qui rappelle l'agencement de la naceile de ballons célèbres tels que l'Æorizon, le France-Russie et le Zouring-Club entre autres. On remarque encore des ancres grappins à six branches, des spécimens d'étoffes diverses, notamment du ballon polaire, et des modèles de cabillots et de cosses en bois ou métal constituant toute une série applicable suivant le cube. Le tout est

omplété par des photographies et des vues stéréoscopiques représentant les principaux ballons construits ou exploités par M. Lachambre.

Maurice Mallet. — M. Mallet expose une nacelle destinée, ainsi que le fmentionne une étiquette, au ballon l'Aiglon de M. Jacques Faure, membre de l'Aéro- Club. La vannerie est très soigneusement exécutée, les cordes de suspension sont garanties aux points d'attache par des garnitures en cuir, et l’ensemble paraît d’une grande légèreté. Une série de photographies suspendues au mur représente les phases successives de la construction des ballons, le vernissage, la couture, etc., et permet au visiteur de se rendre compte des opérations nécessitées par cette fabrication spéciale.

H. Hervé. — M. Hervé, directeur de la Revue de l’ {éronautique, a édifié un salon proche du kiosque Lachambre. Des modèles en réduction représentent les diverses inventions de notre savant confrère, notamment les soupapes automatiques, les ancres à six branches, dont la forme se rapproche de celles des ancres-grappins de l'établissement d'aérostation de Vaugirard, et surtout les équilibreurs terrestres et maritimes dont l’usage a permis à M. Hervé de se maintenir pendant plus de vingt-quatre heures en l'air (au-dessus de la mer du Nord) en 1886. Cet édicule mérite que l'on s’y arrête et que l'on jette un coup d'œil sur les objets véritablement intéressants qu'il renferme.

T. Richard. — La maison Richard a rassemblé dans une élégante vitrine toute la série des appareils scientifiques indispensables dans la pratique des ascensions. Les enregistreurs Richard sont trop connus pour que nous en donnions ici la description : qu'il nous suffise de dire que l'habile constructeur a réuni dans son exposition de la classe 34 une série de baromètres et autres instruments de haute précision capables de rendre les meilleurs services aux aéronautes, en raison de leur fonctionnement toujours certain, quelle que soit la température extérieure.

Léo et Antonin Boulade, de Lyon. — Série de merveilleux agrandissements photographiques, nous montrant les différentes phases d'une ascension ainsi que de superbes panoramas pris à diverses altitudes. Cette collection incomparable fait le plus grand honneur à ses créateurs.

Georges Espitallier. — Hangar démontable pour ballons, d'une ingénieuse conception. Ouvrages divers sur l’aérostation.

Pierre Liuriol. — Tableaux graphiques sur le calcul des tensions des enveloppes et des filets d'aérostats.

Bignier et Burne. — Articles en caoutchouc.

Claude Fobert. — Tableaux d'appareils et appareils de démonstration sur la navigation aérienne et l'équilibre des aérostats.

Gustave Oppenheimer et neveu. — Tissus de la Chine, du Japon et de l'Inde

pour la confection des ballons.

Théodore Hue. — Baromètres divers et autres appareils à l'usage de l’aérostation.

Serge de Savine. — Petits modèles de ballon sphérique et de montgolfière accouplée destinée à obtenir l'équilibre vertical de l’aérostat.

Oppenheimer frères. — Tissus de soie pour les aérostats.

Maxant. — Dynamomètres et quelques autres appareils accessoires employés en aéronautique. La fabrication des modèles exposés paraît assez soignée, mais ne présente rien de nouveau.

Henry Dumoutet. — Peintures, dessins et photographies exécutées en ballon libre ou captif.

Léon Dewez. —- Extraits du Fournal des Voyages (texte et gravures) ayant trait exclusivement à l’aérostation. |

Pons et Picard. — Poulies et moufles!

L'AÉROPHILE IOI

Bessonneau. — La célèbre maison de corderie d'Angers occupe un petit coin de la classe 34 où elle soumet au public la vue d'une série de cordages bruts, puis travaillés pour l’usage de l’aérostation, ainsi que des spécimens de chanvre, des modèles de cosses, etc. Un coup d'œil en passant, puis avançons.

Compagnie française des moteurs Niel. — Le moteur Niel est un des modèles de moteurs à gaz qui a le plus victorieusement concarrencé le moteur Otto d’origine allemande. Le succès qu'il a remporté est dû surtout à son fonctionnement supérieur et vraiment économique, démontré par de lorigues années d'expérience. Il peut être appliqué avec avantage aussi bien en aéronautique que dans toute autre industrie, ne serait-ce qu’à la commande des ventilateurs ou des machines à coudre, car il ne paraît pas très rationnel de songer à substituer ce genre de moteur à la machine à vapeur pour l’actionnement d’un treuil de ballon captif par exemple. Pour en revenir à l'exposition de la Compagnie Niel, disons qu'un modèle a particulièrement attiré notre attention. C'est un moteur vertical, à refroidissement par ailettes, et qui rappelle quelque peu la forme extérieure du Dion-Bouton employé pour les motocycles. Le carter est toutefois plus volumineux, pour contenir sans doute des volants plus lourds et dont l'effet est d'assurer une plus grande régularité de rotation. L’allumage est électrique par accumulateurs et bobine d’induction, et la mise en route s'opère au moyen d’une manivelle comme dans les automobiles. Mais nous nous demandons cependant à quel usage la Compagnie Niel voudrait appliquer ce dispositif ; nous avouons ne pas le voir bien nettement, cependant cette Société a dû avoir un but en exposant ses moteurs dans la section d’aéronautique ?

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