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M. JACQUES BALSAN

(Cliché communiqué par la France Automobile)

M. Jacques Balsan est un type très intéressant à tous les point de vue. Il

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appartient à une famille de riches bourgeois de Paris qui s'occupe de la draperie depuis plusieurs générations.

En 1833, son grand père acheta une fabrique de draps à Châteauroux où ilest né le 16 septembre 1868. Sa mère est une Dupuytren, de la famille du grand chirur* gien. Il n'avait encore que 24 ans lorsqu'il se rendit à Buenos-Ayres pour étudier la question des laines. Ce premier voyage faillit être le dernier. Il attrapa à Rio-de- Janeiro la fièvre jaune compliquée d'une attaque de typhus,à laquelle il succombait infailliblement s’il n'avait rencontré une ancienne cuisinière de sa grand’mère qui le soigna comme s’il eut été son enfant.

Une fois guéri et ses affaires terminées, il part pour le nord de l'Argentine, remontant jusqu'à Juguy (frontière de Bolivie), passant de l’autre côté de la Cordillière des Andes. Revenu à Buenos-Ayres il part pour le Chili où le gouvernement lui facilite un voyage d'exploration, qu'il a résolu d'accomplir, en lui confiant la canonnière Pilcomayo et cent hommes. La mission se compose, avec Balsan, de deux ingénieurs français Ralinel et Vattier, d’un des plus gros propriétaires du Chili, l'ingénieur Carlos Cuisino, et de Henri Metinau, fils du général français. La mission explore pendant deux mois le continent et les îles, depuis l’ile de Chiloé jusqu’au golfe de Bénas, récoltant un grand nombre d'échantillons de bois des plus intéressants. Elle acquiert la certitude que la Cordillère est en partie peuplée d'alerces, bois analogue au pin et parfait pour la construction des ponts de bateaux.

Le second voyage, en 1894, eut pour but l’exploration de l'Allemagne et de la Russie, pour la solution de certaines questions industrielles, l'étude du fonctionnement de l'impôt sur l’alcool et des primes d'exportation pour les sucres.

M. Balsan séjourne, selon l'abondance des renseignements à y chercher, à Berlin, Moscou, St-Pétersbourg, Nijni-Novgorod; il descend le Volga jusqu’à Astrakan, parcourt la mer Caspienne jusqu'à Bakou où il s’arrète pour étudier la question des pétroles. Traverse le Caucase par Tiflis, puis se rend par terre de cette ville à Rostow-sur-le-Don d'où il s'embarque pour Sébastopol. Retour en France par Odessa, Vienne et Budapest.

En septembre 1808, ilse rend en Australie pour étudier de nouveau la question des laines, comme lors de son premier voyage. |

Parti de Marseille à bord du Polynésien, des Messageries maritimes, il fait à peu près le tour complet de l'Australie, puis se rend aux Philippines pour étudier l'armée des Etats-Unis, ce qui le fit tomber entre les mains des Tagals. Mais ceux-ci ayant reconnu sa nationalité, furent très gracieux pour lui, et il fut mis en liberté après deux jours de captivité sans avoir, à son grand regret, été admis à l'honneur de voir Aguinaldo.

M. Balsan quitte Manille, parcourt une partie de la Chine, puis se rend au Tonkin dans le seul but de prendre part aux grandes chasses au tigre qu’on organise dans ce pays et qui exerçaient une grande attraction sur son esprit. Car c’est un chasseur déterminé, et il n’y a pas maintenant à la surface du globe d'animal sauvage qu'il n'ait poursuivi à coup de fusil. Du lTonkinil passe au Japon et du Japonen Amérique, Débarque à Vancouver, traverse les Montagnes Rocheuses et toute l'Amérique du Nord; visite les chutes du Niagara, Chicago, New-York et Boston avant de revenir en Europe, en 1899, au moment où se faisaient les préparatifs de l'Exposition.

Se souvenant qu'il a fait une ascension à Châteauroux, il y a quelques années, il se sentit dès lors l'ambition de se distinguer dans les concours d’aérostation, genre de sport allant fort bien à sa nature ardente.

Louis Godard lui construisit un ballon en soie de Chine, du cube de 2,250 mètres, le Sarnt-Louis, et lui fit exécuter à l’usine du Landy les trois ascensions préliminaires indispensables pour être admis à conduire un aérostat.

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