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LES BALLONS CAPTIFS DE

Paris a détenu cette année le record des ballons captifs.

Ils ont été, pendant une semaine, au nombre de six fonctionnant en même temps : le ballon Valère Lecomte (1,900 mètres cubes), rue de la Cavalerie, près l'Ecole Militaire ; le ballon Léon Lair (3,800 mètres cubes), rue Desaix, pres Ma our tite Metballon Henmtbachamhieue 200metresicubes) fan Jardin d'Acclimatation ; le ballon Louis Vernanchet (2,500 mètres cubes), à l'annexe de Vincennes; le ballon non monté de M. Albisot (650 mètres cubes), au Jardin de Paris: enfin le ballon « Columbia » (600 mètres cubes), au Théâtre Métropolitain de la Porte Maillot.

L’avant-dernier contenait un appareil d'éclairage électrique et, gonflé sur le kiosque de la musique, a fonctionné plusieurs soirs. Le dernier, éclairé par des projecteurs, a annoncé les dernières représentations du Théâtre Géant

Les quatre autres ballons ont fonctionné d'une facon très satisfaisante, et ont fait, en général, de belles recettes.

IIS TENNIS PR Re EN AEMES

RELATIFS À L'AÉRONAUTIQUE ET AUX SCIENCES QUI S'V RATTACHENT DEMANDÉS EN FRANCE

du 25 mai au 18 juin 1900 (1)

300.646. — 25 mai. — Tarbe : Nouveau système de cerf-volant dit aéroplane captif. 300.718. — 28 mai. — Dupuy : & L'Avire », machine aérienne plus lourde que l'air, utilisant, pour s'élever, la pression atmosphérique.

300.749. — 29 mai. — De Lamoignon : Perfectionnements aux aérostats dirigeables. 300.750. — 29 mai. — De Lamoignon : Chemise antiréfrigérante pour aérostats. 300.873. — 1°’ juin. — Turina : Ballon dirigeable.

801.229. —- 18 juin. — Cuyer : Application nouvelle du plan incliné à l'aviation. 301.254. — 18 juin. — Hervé : Système de stabilisateurs d’inclinaison pour susten-

tateurs aériens en dérive partielle dépendante.

(1) Communication de MM. Marillier et Robelet, Office international pour l'obtention des brevets d'invention en France et à l'étranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.

mo Lee et NS NE

Le Direcieur-Gérant : Georges BEsANGes.

PCOENOPHILE Directeur-Fondateur : GEORGES BESANÇON

8e Année — N° 11 Novembre 1909

PORTRAITS D'AERONAUTES CONTEMPORAINS

M. A. HANSKY

M. A. Hansky est né en 1870, et est par conséquent dans le cours de sa trentième année. Cependant, il a déjà exécuté en fait de voyages scientifiques de premier ordre un nombre suffisant pour illustrer la vie d'un savant mourant de vieillesse à l'Académie!

C’est à partir de 1894, année où il conquit le grade de licencié ès-sciences physiques, que commença sa carrière si active et si bien remplie. Attaché pendant deux ans à l'observatoire d'Odessa, il appritson métier d'astronome, et en 1896, il se rendit à l'observatoire de Pulkova, où il se distingua par son assiduité, et la sûreté de ses déterminations.

Bientôt, il fut envoyé à la Nouvelle-Zemble pour observer dans cette terre désolée l’éclipse totale du 8 août. Généralement le temps est brumeux et les observations astronomiques presqu'impossibles dans ces régions. Par extraordinaire, le ciel fut magnifique pendant la matinée où le phénomène se montrait. Le succès de cette opération décida le directeur de l’observatoire de Pulkeva à envoyer M. Hansky en France pour perfectionner

l'instruction technique qu'il avait reçue dans ce bel établissement. En 1807, il était détaché à l'observatoire de Paris où il recevait des instructions de M. Lœwy.

La même année, il passa à l'observatoire de Meudon, sous la direction de M. Janssen, qui lui proposa de faire des observations au sommet du Mont- Blanc pendant l'été de 1898, ce qu'il se hâta d'accepter. Il s'agissait de déterminer ce que l'on nomme la constante solaire, c'est-à-dire de donner une mesure du pouvoir rayonnant de l'astre éblouissant à qui nous devons la lumière et la vie.

Le temps fut contraire à ces importantes expériences dont le monde savant attendait le résultat, et que le succès des lancers de ballons-sondes avait mis à l'ordre du jour de la physique universelle. M. Hansky ne put parvenir à l'observatoire que le 28 septembre. Il ne resta en tout que trois jours en station. Cependant il revint à Paris rapportant des premiers résultats très précieux, car ils accusaient déjà une température supérieure à celle qui paraissait résulter des observations faites antérieurement dans ce lieu dont l'accès est encore aujourd’hui si pénible.

De retour à Paris, il fut désigné par M. Janssen pour observer en ballon l'essaim des étoiles filantes de novembre, preinière application régulière de la méthode dont les bases avaient été posées trois ans avant la naissance de l'astronome qui devait s’en servir pour la première fois! Pendant l’année 1809, il fut rappelé en Russie pour prendre part à la grande expédition russe du Spitzberg, archipel jusqu'alors dédaigné et sur lequel l'expédition d’'Andrée avait appelé l'attention.

Il s'agissait de mesurer un arc de méridien de 4 d'amplitude afin de déterminer la valeur de l’aplatissement de la terre.

L'expédition russe de 1899 a séjourné pendant quelques jours dans la maison d'Andrée, au fond de la baie de la Virgo.

M. Hansky a eu plus d’une fois l'occasion de contempler d’un œil mélancolique les ruines du hangar dans lequel l’'ŒÆyrnen a été gonflé et dont nous avons souvent eu l’occasion de parler et dont nous avons publié la photographie.

Revenu à Saint-Pétersbourg au commencement de l'automne 1890, il prit part à l'expédition que le gouvernement Russe organisa pour l’observation des Léonides, le 16 novembre. Mais les nuages ayant une épaisseur prodigieuse, M. Hansky ne put parvenir jusqu'au ciel pu:. Sa seconde ascension n'eut pas le même succès que la première, dans laquelle il avait rencontré une brume très forte, mais ayant à peine deux cents mètres d'épaisseur et que son ballon avait franchi dès le premier bond. Par son échec de 1809, aussi bien que par son triomphe de 1900, M. Hansky a donc bien mérité de l'astronomie en ballon.

Après cette expédition, M. Hansky se rendit à l'observatoire d'Odessa, où il est attaché d’une façon permanente. Mais au printemps de cette année, il reçut une iavitation de M. Janssen le priant de vouloir bien continuer les expériences actinométriques commencées en 1808.

M. Hansky accepta et fut plus heureux que l’année précédente. Dès le

23 juillet, il parvenait à s'installer dans l'observatoire et il y restait jusqu’au 28. Il y trouvait un ciel magnifique et y constatait une température excessivement élevée (— 2° à l'ombre et+- 56° au soleil sur un coupon d'étoffe noire).

Ces chiffres tout à fait inattendus donnent peut-être la clef de la température exceptionnelle dont nous Jjouissons actuellement. En effet, la seconde ascension faite cinq semaines plus tard, au commencement de septembre, donnait des nombres de nature à confirmer les précédents, quoique la température minima descendit à 14° au-dessous de zéro à l'ombre pendant un violent coup de vent.

M. Hansky, qui se rend à l'observatoire de Potsdam, était resté à Paris pour prendre part à la troisième ascension pour les étoiles filantes de novembre. Cette expédition préoccupait d'autant plus la curiosité publique, qu'il parait qu'on peut encore espérer l'arrivée de l’essaim traditionnel, dont la splendeur dépasse toute description. Telle est du moins l'opinion émise par M. Pickering, bon juge en pareille matière, lorsqu'il appris l'échec complet de l'expérience de 1900. II faudra donc, s’il a raison, recommencer en 1901. Espérons que, dans cette quatrième ascension aérostatique, M. Hansky sera récompensé de ses désappointements de l’an dernier, que lui et que les membres des différentes expéditions scientiliques contempleront du haut de leur nacelle un spectacle plus brillant encore que celui que Humboldt et Bompland ont contemplé en 1799 lorsqu'ils ont découvert cet étonnant phénomène à Cumana.

Wilfrid DE FONVIELLE.

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