HOTEL-DIEU
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couvent des Célestins, enliii clans de nouveaux bâtiments à Passy. Louis XVI ratifia ce projet. Les partisans de l'hygiène hospitalière allaient triompher lorsqu'éclata la Révolution.
A cette date disparaît Lautonomie de l'Hôtel-Dieu : désormais il rentre dans l'administration générale des hôpitaux de la capitale. Appelé Grand-Hospice d'humanité, il reprend bientôt son nom primitif : il est affecté uniquement aux maladies aiguës.
De noiirbreuses modifications se sont produites pendant le xix« siècle dans la disposition des bâtiments.
Tout d'abord, en 1801, l'église de l'Hôtel-Dieu qui servait d'entrée principale et qui était un vrai chefd'œuvre, fut démolie par Clavareau. Le début du règne de Charles X voit la démolition des bâtiments situés sur le pont au Double. Puis la largeur du bâtiment situé rue de la Bùcheric fut réduite de moitié par suite de la construction d'un quai sur le bras gauche delà Seine. Enfin, en i84o, M. de RambuLeau décida de démolir l'Hôtel-Dieu et, malgi-é tous les avis, il le fit reconstruire sur son emplacement actuel. Les travaux interrompus par les événements de 1848. repris en 1866, furent terminés en 1870. Ils avaient coûté i5 millions.
Deux ans plus lard les médecins et chirurgiens des hôpitaux, consultés (il était temps!) émirent à l'unanimité l'avis suivant (7 janvier 1873) : « le nouvel Hôtel-Dieu, tel qu'il a été construit, offre des dispositions contraires aux principes fondamentaux de l'hygiène hospitalière ». Il eût lallu, et il faudrait encore, désaffecter cet hôpital anti-hygiénique, mais on se borna à des remaniements. On supprima un étage et on changea la toiture qui était en ardoise, pour la remplacer par une toiture en zinc. De nouveaux millions furent ainsi dilapidés et finalement l'établissement fut ouvert en 1S78.
Actuellement l'Hôtel-Dieu contient 828 lits répartis
(jolx HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
entre six services de médecine et trois de chirurgie (un de ces derniers est réservé à l'ophtalmoloo-ie) , Le personnel médical comprend : 6 médecins, 3 chirurgiens, i médecin consultant et i chirurgien consultant, i6 internes, 60 externes.
Il existe en outre des services de consultation quotidiennes (yin de médecine, un de chirurgie) faits par i médecin et i chirurgien consultant.
Hôtel-Dieu Annexe.
33, rue de la Bûclierie [i58-5i].
Mêmes moyens de locomotion que pour l'Hôtel- Dieu.
Sur la rive gauchg du petit bras de la Seine, se dressent encore les restes des vieux bâtiments édifiés parGamard. On y a installé le service de la Maternité de l'Hôtel-Dieu, complètement distinct du bâtiment réservé aux services de médecine. On pénètre dans celui-ci par une grande salle froide, morne, où règne l'odeur fade de l'amphithéâtre. Trois statues ornent ce triste lieu : celles de saint Landri, de saint Louis et d'Henri IV. Aux murs se lisent encore de vieilles inscriptions qui témoignent de la sollicitude qu'eurent toujours, pour le vieil Hôtel-Dieu, les monarques et les grands du royaume.
L'annexe comprend actuellement deux services de médecine (i 58 lits) et la Maternité de l'Hôtel-Dieu (53 lits et 53 berceaux).
Des consultations d'obstétrique ont lieu tous les jours.
Le personnel médical comprend : 3 médecins, r accoucheur, 3 internes. 11 externes, li sages-femmes.
nOPl TAL LAENNEC
Hôpital Laënnec.
/|2, rue de Sèvres [706.80].
Omnihus : Porte de Versailles-Louvre. — Gare du Nord- Rue de Sèvres. — Gare Montparnasse-BatignoUes. — Yaugirard-G are-Saint- Lazare.
1 raiiiwar : Auteuil-Saint-Sulpice.
L'iiôpilal Laënncc(i) rcsultcdela transformation de l'hôpital des Incurables, destiné aux malades atteints d'allections chroniques ou générales. L'idée d'une fondation de ce genre appartient à la l'ois à Marguerite Rouillé, femme de Jaccjues Le T3ret, conseiller au Ghàtelet, et au prêtre Jean Joullet ; tous deux, sans se connaître, léguèrent une partie de leur fortune pour cette fondation charitable.
Le i'"' octobre iGSa, Marguerite Rouillé donnait à riIôtel-Dicu des terrains qu'elle possédait à Chaillot, et G22 livres de rente pour y faire bâtir une maison c[ui porterait le nom de l'hôpital des Pauvres-Incurables de Sainte-Marguerite.
Jean Joullet légua en même temps sa fortune à l'Hôtel-Dieu dans le même but et après en avoir parlé au cardinal de La Rochefoucauld.
Le cardinal reprit à son compte l'idée de Jean- Joullet, « et par son zèle infatigable, malgré ses 76 ans, par ses dons répétés, devint vraiment le créateur des Incurables ». 11 donna à l'hôpital 2 866 livres de rente, 7600 comptant et 18000 à prendre sur la pension que lui faisait le roi. Ces dons furent l'objet d'un contrat passé le 16 novembre i634 entre lui et le gouverneur de l'Hôtel-Dieu qui abandonnait 10
(1} Henri Feulard. Histoire de l'hôpital Laënnec (ancien Hospice des Incurables) i63/i-i88^, in-4 de iio pages avec planches. Imprimerie Grandrémy et Hénon. i88/i.
6o8 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
arpents de terre appartenant à l'Hôtcl-Dieu, situés sur le clicmin qui mène à Sèvres ; ces arpents furent augmentés de 5 autres en i6Z|2. Le legs de Jean Joullct indemnisa l'Hotcl-Dieu de son terrain.
La Rochefoucauld et d'autres bienfaiteurs augmentèrent encore les donations. L'iiôpital fut construit sous la direction de l'architecte Gamard.
Par lettres patentes du mois d'a\ril 1687, Louis XIII confirma l'étanlissement de l'hôpital des Incurables et lui accorda de précieux privilèges.
En i6/|i, Marguerite Rouillé transféra ses donations à riiôpilal-dcs-Incurables qui, dès lors, reçut de très nombreuses dotations ; beaucoup de notables et de corporations tinrent à honneur d'y fonder des lits.
La disposition en croix des salles a été adoptée dès le principe, mais la construction n'en a été terminée cfu'au milieu du xyu!*^ siècle. Les bâtiments en borclure de la rue de Sèv-res furent édifiés les premiers.
« Les 2 premières salles construites furent la salle Notre-Dame où est installé le service de la consultation et la salle Saint-Charles dont on a fait le cabinet des médecins et l'amphithéâtre des cours. Les salles Saint-Louis (Claude Bernard), Saint-François (Broca), et les salles Sainte-Marthe (La Rochefoucauld), Sainte-Anne (Cruveillher), furent construites entre 1G46 et 1649. Les salles Saint-Jean (Legroux), Sainte-Geneviève (Bayle), ayant chacune une sortie sur le vestibule qui conduit à l'église furent édifiées de. 1660 à 16G/1 ; enlin les salles Saint-Joseph (Monnerct) et Sainle-IIéh''ne (Grisolle) qui terminaient la If branche de la croix furent construites, la première de 17/1 4 à 17/18 et la seconde de 1760 à 1767 » .
Le rond-point occupant le centre de la croix était occupé par un aulel on on célébrait journellement la messe, ce (jui conuuandait la disposition de l'hôpital.
Pour entrer à l'hôpital il fallait remplir certaines
L'iEsCUI.AI'E.
HOPITAL LAENNEC 6ii
conciliions donl la première était d'être catholique, et la seconde de présenter un certificat de bonnes vie et mœurs. Les incurables qui étaient admis devaient l'aire abandon à l'iiopilal des biens qu'ils possédaient.
L'admission était difficile, tant les places étaient recherchées ; les adminisi râleurs, le procureur général qui avaient droit d\idmission élaient assaillis de demandes et cependant les bons de laveur étaient difficiles à obtenir, car la reine Marie-Antoinette se vit refuser l'entrée d'un malade qu'elle protégeait. Les pensionnaires de l'établissement élaient soumis à un règlement excessivement sévère, véritablement monastique.
L'hôpital reçut des pensionnaires parmi lesquels furent l'évcque Camus et M""* de la Sablière. Il y avait en outre 2 fondations, l'une pour un ecclésiastique, l'autre pour un gentilhomme incurable qui devait, suivant les intentions du fondateur Antoine Bergerac (1646), prouver sa noblesse de 3 générations aussi bien du côté de son père que du côté de sa mère.
Le service des malades fut assuré au début par des laïques qui furent remplacées en 1689 par des Sœurs- Grises.
En 1789. de nombreuses réclamations furent laites par les malades en vue d'obtenir des adoucissements dans le régime claustral qui était en vigueur. Le i5 avril 1791, les adminislraleurs furent relevés de leurs fonctions et, comme tous les hôpitaux, l'hospice des Incurables fut régi par une commission durant la période révolutionnaire.
En 1795, il rentra dans les attributions du ministère de l'Intérieur.
En 1801, les hommes furent transportés au Faubourg Saint-Martin, à l'ancien couvent des Récollets, actuellement l'hôpital militaire Saint-Martin. Ils furent ensuite inomenlanéinenl placés à la caserne
Gi2 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
Popincourl et cnlin à l\ ry. Les femmes restèrent dans la maison de la rue de Sèvres qui prit le nom d'iiopilal des Incurables-femmes.
Au commencement de ce siècle on v lit quelques réparations.
Les Incurables femmes rcslèrenl à la rue de Sèvres jusqu'en mars i86(), époque à laquelle elles furent transférées à Ivry c[ui a été ouvert pour les deux sexes. Après le transfert à Ivry, l'hôpital fut fermé. En 1870, il lut ouvert de nouveau, puis évacué en juillet 1871. En mars 1874. il fut ouvert pour la seconde fois et devint l'hôpital temporaire.
En 1878, il prenait le nom d'hôpital Laënnec et on y faisait le premier essai de laïcisation du personnel.
En 1879, on a ouvert un service de consultations externes, en 1881 la salle des cours, en 1884 le service des bains. En 1902, une chaire de clinique médicale fut transférée de la Pitié à l'hôpital Laënnec.
L'Hôpital comprend actuellement G33 lits dont 20 berceaux. Il existe 4 services de médecine et un de chirurgie. Il existe, en outre, des consultations de médecine et de cliirurgie qui ont lieu tous les jours sous la direction d'un médecin et d'un chirurgien consultant.
Le personnel médical comprend : 4 médecins, 1 chirurgien, 7 internes et 33 externes.
Hôpital Lariboisière (i).
2, rue Ainbroise-Paré [4o6.55].
Tranuvnys: Sainl Ouen-BaslilIe (descendre rue Sainl VincenUdc l'aiil). — La Villellc-Eloile (le descendre boulevard iVIa^'ciila jnstju'à la rue A. Paré, à srauclie)
Prendre les dillorcnls omnibus (jui vont à la Gare du Nord. Méfro/jolilain (descendre gare du Nord).
(i) Gai.i.et. Un grand iiùpilal en i88(). Glérard. L'hôpital Lariboisière cl l'enclos Sainl-Lazarc. Tlirse. Paris.
HOPITAL LABIBOISIÈRE
L'Hôpital Larlbolsière s'élève sur une parlie de l'ancien enclos Saint-Lazare acquise par la ville en 1818. Qu'était-ce au début que l'enclos Sauit-Lazare P Très probablement une léiJi-oserie. Dans la suite, des religieux s'y installèrent mais des désordres s'étant produits parmi eux, l'enclos fut donné à saint Vincent de Paul, bien malgré lui (lôSa). Un peu plus tard se dresse dans l'enclos une maison de retraite spirituelle pour les ecclésiastiques. A l'extrémité nord on éleva le « Séminaire Saint-Cbarles » qui fut en réalité une maison de convalescence pour les prêtres convalescents.
Au xviii^ siècle ces établissements étaient occupes par les Pères Lazaristes qui jouissaient de revenus considérables.
On connaît les affreux massacres qui ensanglantèrent, dvirant la Révolution, la maison de Saint- Lazare devenue prison.
Au début de ce siècle, l'encombrement sans cesse grandissant des hôpitaux détermina l'Administration des Hospices à créer un hôpital général. Une commission fut nommée pour examiner des terrains appartenant à la ville et situés au nord de Paris. Ces terrains n'étaient autres que la partie nord de l'enclos Saint-Lazare, là où s'élevait le Séminaire Saint- Charles. Ils furent reconnus propices et la construction de l'Hôpital du Nord fut décidée: en i8Z|i, les bâtiments en construction reçurent le nom d'Hôpital Louis-Philippe qu'ils échangèrent en 1848 pour celui d'Hôpital de la République.
Cette date de 18/18 marque une des pages les plus tristes de l'histoire de Lariboisière. Les chantiers offraient un abri remarquable aux insurgés que poursuivaient les troupes de Lamoricière. A plusieurs reprises ces dernières montèrent à l'assaut (journées des aS, 3/1 et 35 juin) ; linalenient la place iul envahie mais ce fut au prix de pertes terribles des deux côtés.
Gi4 HOSPICES ET HOPITAUX DE PARIS
La guerre civile Icrniinée, les travaux reprirent leur cours : ils furent achevés en t854-
Le nouvel liôpiLal conquit tous les suffrages : c'était sans contredit le plus beau des établissements hospitaliers de la capitale. De plus, il inaugurait un nouveau genre de constructions qui devait triompher dans la suite : celui des pavillons isolés. Cette importante réforme est due à Tenon qui, dans ses remarquables « Mémoires », concluait à son adoption.
En i852 on put donner plus d'extension encore aux bâtiments en construction, grâce à la généreuse donation de la comtesse de Lariboisière qui léguait six millions dans ce but. En témoignage de reconnaissance, l'Administration donna à l'hôpital le nom qu'il porte aujourd'hui.
L'Hôpital Lariboisière joua un rôle mémorable en 1870-71. Si, durant toute la guerre, le personnel médical lit preuve d'un dévouement absolu, certains de ses membres furent tout simplement héroïques pendant les terribles journées de Mai, quand ils eurent à soigner les victimes de la Commune. Les aS et 3Z1 de ce mois, l'hôpital fut soumis à un bombardement continuel : en 48 heures, on apporta dans les services ^96 tués et blessés. Certains chirurgiens, comme Verneuil et Cusco, restèrent en permanence à leur poste, aidés de leurs internes tous présents.
Actuellement l'hôpital ne sufht guère plus à sa tàclie. Malgré la création de l'hôpital Tenon dans la même région de Paris, l'encombrement v est manifoslc. Il est vrai que de ce fait il possède les services les plus actifs des hôpitaux de Paris et offre ainsi une incomparable richesse de inatériaux cliniques.
Il renferme ()t)8 lits qui .se décomposent comme suit : médecine 4^4 lits, chirurgie 38o. accouche ments (h, crèches 8 lits et 04 berceaux. Il existe six services de médecine, deux de chirurgie, un d'ophtalmologie, un de laryngologie, un des voies urinaircs.