HOPITAL COCHIN-RICORD
Ce n’était toujours pas suffisant et lors de la création de l’Hôpital général (iG56), les vérolés eurent bientôt fait d’envahir les établissements qui le constituaient et notamment Bicêtre et le Petit-Arsenal (Salpêtrière).
A la fin du xvme siècle, Bicêtre eut le bonheur de posséder deux grands médecins qui furent aussi deux grands cœurs : Pinel qui était à la tète de la section des aliénés, Cullerier qui soignait les vérolés, car il les soignait, les élevant ainsi à la dignité de malades. Déjà, de grandes et heureuses modifications avaient été introduites dans l’atroce régime de Bicêtre lorsque l’hospice fut visité par M. de Breteuil, ministre de Louis XYI. Epouvanté de ce qu’il venait de voir, Breteuil fit rechercher aussitôt un local pour recevoir les vérolés. On trouva, rue Saint- Jacques, le noviciat des Capucins bâti en iGi3, que les religieux venaient de quitter.
En mars 1792, le nouvel hospice reçut les vénériens de Bicêtre et les « enfants gâtés» (vérolés) de l’Hospice de Vaugirard. Il prit le nom d’hôpital des Vénériens.
Cullerier suivit ses malades et continua auprès d’eux son rôle humanitaire. Il eut à lutter contre les superstitions pour faire adopter la médication hydrargyrique : ses succès thérapeutiques entraînèrent finalement la conviction. 11 mourut en 1827.
En r 83 1 Ricord était, par le hasard du roulement, nommé chirurgien de l’hôpital. O11 sait quel fut l’éclat de son enseignement; 1 hôpital du Midi ainsi dénommé en i836, était désormais célèbre. En i8q3 il reçut le nom d’hôpital Ricord.
L’hôpital Ricord possède un beau musée récemment organisé par le D1' Alexandre Renault et qui renferme 4oo pièces environ moulées par M. Jumelin et représentant toute la série des affections vénériennes chez l’homme. Le musée est ouvert aux me-
decins cl aux étudiants trois fois par semaine, les mardi, jeudi, samedi, de midi à quatre heures.
Actuellement l’hôpital comprend 3 1 7 lits, dont i5a de médecine spéciale, 10/1 de chirurgie, /|0 de médecine générale. Il existe en outre 21 chambres particulières. L’ensemble de ces lits est réparti en 2 services de médecine spéciale et 1 de chirurgie et 1 service de médecine générale.
Des consultations ont lieu tous les jours.
Le personnel médical comprend : 2 médecins, 1 chirurgien, 3 internes et 5 externes.
Hospice des Enfants-Assistés.
74, rue Denfert-Rochereau [805.74].
Tramway : Montrouge-Gare de l’Est (arrêt devant). — Bastille -Montparnasse (descendre à l'Observatoire).
L’histoire de l’hospice des Enfants-Assistés remonte à un arrêt du Parlement rendu en i55a et qui obli geait les « Seigneurs hauts justiciers » à prendre à leur charge les enfants exposés et trouvés dans le ressort de leur justice. Conformément à cet arrêt, l’évêque de Paris fonda sur le Parvis Notre-Dame la maison dite de la Couche.
Mais c’est avec saint Vincent de Paul, en i638, que fut véritablement instituée l’œuvre des Enfants- Trou vés. A cette époque, il existait déjà trois hôpitaux d’enfants. Tout d’abord, l’hôpital du Saint- Esprit fondé en i032, place de Grève, à côté de l’IIôtel-de-Villc pour 100 orphelins et orphelines d’origine parisienne. Puis l’hôpital de la Trinité situé rue Saint-Denis, à la hauteur de la rue Grenela qui était depuis 1047 une sorte d’école professionnelle pour les enfants pauvres non orphelins. Cet hôpital remontait lui-même à 1202 ; c’était d’abord une hô-