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RÉGIME SPÉCIAL AUX ÉTRANGERS

Diplômes de doctorat. — Les étudiants étrangers peuvent s’inscrire pour l’obtention : i° du diplôme d’Etat; 20 du diplôme universitaire.

Diplôme d'Etat. — Le diplôme d’Etat, qui seul confère le droit d’exercice dans toute l’étendue du territoire français, est accordé aux étrangers exactement dans les mômes conditions qu’aux étudiants français.

Diplôme Universitaire. — Le diplôme universitaire, délivré dans les formes prévues par le décret du 21 juillet 1897, est d’ordre purement scientifique et ne confère pas le droit d’exercer la médecine sur le territoire français. Pour l’obtention de ce diplôme, l’étudiant étranger adresse au ministre de l'Instruction publique, sur papier timbré, une demande qu’il accompagne des pièces suivantes:

i° Diplômes et certificats originaux traduits en français et dûment légalisés, émanant des Universités étrangères où a étudié le postulant, et toutes pièces de nature à établir la valeur et la durée de ses études classiques;

20 Un acte de naissance, ou un titre oflicicl en

IMMATRICULATION DES ÉTRANGERS 3 7

tenant lieu, accompagné d’une traduction authentique.

Les étudiants, ayant déjà commencé leur médecine à l’étranger peuvent, sur le vu de certificats d’études el d’examens délivrés par la Faculté de médecine des Universités de leur pays, obtenir du ministre de l’Instruction publique soit une équivalence de scolarité, soit la concession d’un certain nombre d’inscriptions en rapport avec le nombre des études déjà faites, mais ils ne sauraient obtenir la dispense des examens probatoires correspondant au nombre des inscriptions concédées.

Les docteurs en médecine d’une Faculté étrangère peuvent obtenir une dispense partielle ou totale des inscriptions et une dispense partielle des examens exigés pour la délivrance du diplôme universitaire.

Toutes les dispenses de grades ou de scolarité ne sont accordées qu’à titre onéreux.

Immatriculation au titre d’étudiants libres. —

Tout étranger peut être immatriculé auprès d’une Faculté de médecine à titre d’étudiant libre.

L’immatriculation a lieu sur demande accompagnée de diplômes ou certiticats. Elle ne vaut que pour 1 année scolaire et peut être renouvelée sur simple déclaration. Tout étudiant immatriculé reçoit une carte valable seulement pour l’année scolaire: il paie un droit annuel d immatriculation de 20 francs et un droit annuel de bibliothèque de 10 francs.

Les étudiants libres peuvent participer aux travaux pratiques moyennant un droit trimestriel de 5o francs pour chacun des travaux pratiques, el ils peuvent être admis dans les laboratoires de recherche moyennant encore un droit de 5o francs.

L’UNIVEUSITÉ DE PARIS

L’Université de Paris, la première en date des Universités de France (i), fut fondée non par Charlemagne, comme le pensaient Jacques Mensel et Gabrielle Naudé, mais sous Philippe Auguste. Ce monarque, en taoo, réunit les différentes Ecoles de Paris en uni1 corporation dont les statuts furent rédigés un peu plus tard par Robert de Courçon (1210). Vers i25o ces fioles prennent le nom d’Université, nom qui toul d’abord était suivi d’un complément ; Universitas magistrorum ou Universitas scholarnin.

Dotée de privilèges considérables, jalousement gardés jusqu’à la lin du xvie siècle, l’Université acquit uni' puissance avec laquelle les Papes et les Rois durent compter et qui, plus d’une fois, mit leur autorité en échec.

Dès le milieu du xnie siècle, la vieille Université de Paris est définitivement organisée. 11 y a quatre Facultés: les Arts (lettres et sciences), la Théologie, le Droit civil et le Droit canon, la Médecine. Le chef suprême de l’Université est le Recteur, personnage qui prend rang immédiatement après les Princes du sang. A la tête de chaque Faculté est le Doyen, élu pour deux ans par les professeurs.

(1) Les plus vieilles des Universités de province sout celles de Toulouse (i2.33) et de Montpellier (1239-1289). L’Université de Montpellier acquit dès le début une grande renommée; elle compta Rabelais parmi ses élèves.

Fig. 4- — Thèse de l'École de chirurgie (réduction d’une toile mesurant i mètre sur om,Go).

FACULTÉ DE MÉDECINE

L’origine de la Faculté de Médecine de Paris ne 3eut être précisée par aucun texte. Avant le xiiic siècle organisation de la Médecine était libre. Aux Ecoles grecques et romaines avaient succédé les Ecoles néo-latines, dont l’Ecole de Salerne , puis les Ecoles des Monastères.

En établissant les statuts des Monastères, saint Benoit

avait Cil cllet Fig. 5. — Grand sceau d’argent, de la Faculté imposé à cha- de médecine de Paris (xni° siècle). (Sigillum que couvent magistrorum FacultatisMedicinæ Parisiensis).

d’avoir un

moine pour soigner les frères, les pauvres, les étrangers. Ainsi se développèrent les moines-médecins qui, pour perpétuer leur enseignement, fondèrent de petites écoles, dites écoles d'abbayes, de monastères, de cathédrales. Les clercs parmi lesquels des évêques fréquentèrent ces écoles, que protégea Charlemagne auquel on doit la création d’autres écoles, dites écoles palatines.

FACULTE DE MEDECINE

Les clercs et les moines pratiquaient la médecine et la chirurgie, mais 1 Eglise n’approuva jamais l’exercice de l'art chirurgical qu’elle défendit même complètement au concile de Tours (ii63): Ecclesia abhorret a sanguine.

A côté des moines cl des clercs, il y avait quelques laïques médecins. Dans le Midi, et en particulier à Montpellier, des médecins juifs eurent une grande fortune; parmi eux se trouvaient des lettrés connaissant l’arabe, par conséquent capables de comprendre tous les auteurs grecs et Galien qui avaient été traduits en arabe au ix° siècle.

Les médecins du Nord, moines, clercs et laïques, ne furent aussi bien partagés que les médecins de Montpellier (pic plusieurs siècles plus tard. « L’on croit, dit Nicaise, que Galien domina la médecine depuis le temps où il llorissait jusqu’au delà de la Renaissance; or, pendant sept siècles, ses livres n’ont pu être étudiés. En effet, après la chute de l’empire romain, les médecins quittèrent l’Occident, la langue grecque était inconnue de ceux qui restaient, elle était, ignorée aussi dans les monastères; d’un autre côté, les premières traductions latines de livres complets de Galien sont du xi° et du xue siècle; il en résulte donc que depuis la fin du Ve siècle jusqu’au xiii!, pendant sept siècles, la médecine de Galien ne fut pas connue en Occident, dans son ensemble du moins. »

L’enseignement médical fut donné d’abord dans des écoles libres, ecclésiastiques ou laïques, écoles dirigées par un maître que suivaient quelques apprentis. 11 n’y avait aucun titre officiel ; mais les autorités devaient veiller cependant, tout au moins un peu, à la pratique de la médecine.

Ainsi, Charles II d’Anjou, par une lettre de juin 1297, mande aux sénéchaux de Provence, à propos de la ville d’Avignon que les médecins ne puissent pratiquer sans être au préalable examinés par le conseil

Fig. 6. — Une salle de cours aux xivc et xvc siècles. Reproduction, par E. Nicaise, d’une miniature placée en tète de la Chirurgie de Guy de Chauliac. — Ms. lat. 6966 de la Bibl. Nat., fol. 4; ms. du xvn siècle.

FA C U L ï\ E D E M[É D E C l'JFf E

et la cour royale, à qui il appartient aussi d’interdire aux médecins l’exercice de leur profession. Voici encore, dans ce même ordre d’idées, un article curieux d’un règlement avignonnais du xve siècle.

« Art. io3. Des barbiers et des chirurgiens.

cc Tout barbier et chirurgien doit déclarer au greffe des enquêtes de la cour temporelle, les blessures, meurtrissures, rupture des os, déchirures des membres, qu’il aura été appelé à traiter, le jour même où les soins auront été demandés, sous la peine de 4o livres, dont le dénonciateur aura le quart.

« Et qu’aucun barbier et chirurgien qui n’aura pas dans l’année prêté serment n’ose exercer la profession dans cette ville, avant qu’il n’ait prêté le serment d’usage devant la cour temporelle, sous la peine de 4o livres. » (i)

La réglementation de la médecine à Paris semble dater du xme siècle. Dans un concordat de 1268 figurent des physici comme constituant une corporation.

En 12 1 5 , Robert de Courçon donne les premiers statuts aux diverses écoles de Paris. Vers 1200, ces écoles prennent le titre d 'Université ( Universitas magistrorum, Universitas scholarum; en 1220, le cardinal Conrad institue à Montpellier V Université des Ecoles de Médecine).

La médecine dépend d’abord de la Faculté des Arts et s’en sépare en 1280, d’après Chomel, en 1261, ou au moins en 1268 d’après Ch. Jourdain (2).

La Faculté, fondée au xme siècle, était ecclésiastique et les régents voués au célibat : « Tout homme marié, tant que sa femme vivra, 11e sera point régent. » En

(1) G. Bayi.i:. « Les médecins d’Avignon au moyen âge». Avignon, Seguin, 1882.

(2) Jourdain. « Histoire de l’Université de Paris, aux xvue et xvme siècles. » Paris, 186G.

HISTORIQUE

i45a, le cardinal d’Estouteville abolit cependant le célibat des médecins. L’Eglise conserve la juridiction de la Faculté jusqu’en 1596.

Le premier document connu de l’Ecole de Paris est la Consultation de i348, rédigée par les Médecins de l'Ecole de Paris, sur la demande de Philippe VI de Valois, sur les moyens de combattre la terrible épidémie de peste de cette meme année (1).

La première installation de la Faculté date de 1/172 et se fait rue de la Bùchcrie: auparavant, les Médecins se réunissaient chez les Doyens ou dans les Eglises.

La Faculté était une Ecole littéraire, et le Maître aurait déchu en s’adonnant à un exercice manuel tel que le réclamaient l’anatomie et la chirurgie. L’anatomie, d’abord proscrite, fut finalement enseignée, bien que fort mal, à la Faculté. La chirurgie, qui eut scs maîtres propres dès la fondation de l’Université, resta toujours plus ou moins indépendante de la Facnlté. Durant quatre siècles ce fut une lutte incessante entre Médecins et Chirurgiens.

A la fin du xme siècle, il existait des chirurgiens qui étaient en même temps clercs et maîtres en médecine: tels Guy de Chauliac, Lanfranc, Pitard, Henri de Mondeville. Mais dès le xive siècle, la Faculté de Paris méprise la chirurgie manuelle et la défend, en i35o, à ses Bacheliers.

Les cours étaient rudimentaires, faits en latin, et tous théoriques, fl n’y eut aucune clinique jusqu’à la fin du xvme siècle et les étudiants n’avaient qu’à suivre un maître dans sa clientèle. L’anatomie n’était d’abord pas enseignée et le pape Boniface VIII avait menacé d’excommunication quiconque disséquerait un cadavre; au xve siècle, on commença cependant à

(1) Michon. « Documents inédits sur la grande peste de i348. » Paris, J. -B. Baillière, 1860.

FACULTÉ DE MÉDECINE

disséquer 3 à 5 lois par an un cadavre de pendu, mais le professeur dédaignait de manier le scalpel qu’il laissait cà un sous-ordre et se contentait d’enseigner ex cathedra.

La première dissection faite en France fut pratiquée à Montpellier sous Charles "VII.

Jusqu’en i G3/| , il n’y eut que deux cours : l’un sur les choses naturelles (anatomie, physiologie) et non naturelles (hygiène, diététique) ; l’autre sur les choses contre nature (pathologie, matière médicale, thérapeutique).

En i634, la Faculté institue un cours de chirurgie en latin pour 4o étudiants, puis un en français pour (io chirurgiens.

En t 640, fut fondée une chaire de botanique, puis deux chaires de pharmacie, dont les deux titulaires étaient chargés l’un de l’inspection des apothicaires de la rive droite, l’autre de ceux de la rive gauche.

Les grades qu’elle conférait étaient ceux de Bachelier, de Licencié, de Maître auquel se substitua, au xve siècle celui de Docteur (Corlicu a trouvé l’expression de Docteur utilisé pour la première fois, à Paris, en i4i3). On n’obtenait ces diplômes qu’après de longs et sérieux examens où les dissertations tenaient une large place.

Pour être admis à suivre les cours de la Faculté, l’étudiant, âgé de vingt-trois ans au moins, devait posséder le litre de Maître ès arts ou ès philosophie : il devait en outre justifier de deux années d’études consacrées à l’anatomie et aux sciences physiques et naturelles.

Devenu étudiant en médecine, il se préparait au Baccalauréat. Cet examen se passait devant le Doyen assisté de quatre professeurs : le candidat répondait à loutcs les questions qu’on voulait bien lui poser en médecine, avec « discussions et argumentations ». Si l'on veut bien s'imaginer ce qu’était la Médecine au

HISTORIQUE

moyen âge, on conviendra que c’était là un programme singulièrement imprécis.

Le nouveau Bachelier devait attendre deux ans avant de se présenter à la Licence. Dans l’intervalle, il subissait toute une série d’examens qui devaient faire de lui un « Bachelier Émérite ». Tout d’abord, pendant une semaine et à raison de trois heures par jour, le Bachelier devait se tenir à la disposition des professeurs qui, à tour de rôle, venaient l’interroger sur les Matières Médicales et la Botanique. Cette épreuve suhie avec succès, le candidat soutenait trois thèses : la première sur un sujet de physiologie, la seconde suivi n sujet d’hygiène, la troisième (thèse quodlibétaire) sur un sujet choisi par le candidat. Chaque soutenance durait une semaine et la thèse était argumentée — bien férocement quelquefois — non seulement parles Professeurs, mais encore par les autres Bacheliers. Ces thèses étaient imprimées sur de grandes feuilles de papier vélin ou de soie, ornées de vignettes emblématiques et des armoiries de l’étudiant ou de ses protecteurs (hg. 3 et 7).

Le « Bachelier Emérite » pouvait alors prétendre à la Licence qui consistait en longues interrogations sur la pratique médicale: à la suite de cette épreuve, le licencié était solennellement déclaré apte à exercer et à enseigner la médecine « hic et ubique lerrarum ». Les licenciés qui voulaient devenir docteurs adressaient une supplique à la Faculté.

Le Doctorat, après des « discussions » souvent fort peu médicales, était conféré en grande pompe par le Doyen assisté des Professeurs parmi lesquels prenait place le nouveau Docteur. Ce docteur prenait le titre de Docteur-Régent.

L’ensemhle des Docteurs-Régents de Paris constituait la Faculté de Médecine: au xvmc siècle, ils étaient une centaine, pour 54oooo habitants. Ils étaient admis, durant deux ans, aux fonctions de

FA C U LTÉ [D E M ÉDEC1 NE

professeurs ; ils enseignaient, faisaient subir les examens, avaient voix délibérative à la Faculté, etc. Suivant qu’ils avaient plus ou moins de io ans de grade de Docteur, on les distinguait en « Anciens »

et en « Jeunes ». Les fonctions de Doyen avaient également une durée de deux années.

Telle était, très brièvement résumée, l’organisation de la vieille Faculté: on y travaillait beaucoup et cependant, il faut bien le reconnaître, l’éclat de 1 en-

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seignement médical ne fut guère brillant. C est que la Médecine ne progresse guère par les discussions purement théoriques ; or, la pratique était singulièrement méprisée.

Bien différents des Médecins se montrèrent les Chirurgiens.

Dès le xmc siècle, un arrêt du prévôt de Paris organise en confrérie, en 1254, les Chirurgiens libres, qui prêtent serment devant l’official en 1268 et reçoivent, en 1 3 1 1 , de Philippe le Bel, sous l’influence de Jean Pitard, chirurgien au Boi, une charte établissant leurs droits de « Maîtres-chirurgiens » se recrutant eux-mêmes. En 1 355 , un arrêt du Parlement dit que les deux Chirurgiens du Pioy et le Prévôt des Chirurgiens doivent convoquer les « Licentiez en la Faculté de Chirurgie, pour examiner les aspirants et conférer la licence à ceux qui seront trouvéz capables ». En i3ÿo, après révision des statuts, la corporation comprend des maîtres, des licenciés, des bacheliers, comme a Faculté de Médecine. Elle n’a encore pas d'Ecole. La première mention de Collège des Chirurgiens de Paris serait de 1 533 , d’après Malgaigne.

A côté des chirurgiens existaient les barbiers, dont l’indépendance fut établie par Charles Y, en i3“2. Les barbiers ne faisaient que les opérations de petite chirurgie. Leur nombre à Paris était de 26 en i3oi, de 4o en t364.

Pour lutter contre les Chirurgiens de Saint-Côme, les Médecins soutinrent les barbiers et en i4()i,la Faculté permit : « quod barbilonsores haberent unum de Magistris Facultatis qui legem... Guidoncm seu alias auctores... verbis familiaribus et gallicis » (Corlieu) (1).

(1) Corlieu. « L’enseignement au collège de chirurgie depuis son origine jusqu’à la Révolution. » Paris, J. -B. Bail 1ère, 1890.

FACULTE DE MÉDECINE

En iooSelen 1577, la Faculté établit des contrats avec les barbiers leur faisant promettre de ne faire aucune opération sans l’assistance d’un docteur et leur donnant en revanche instruction et clientèle. Elle leur donna le litre de chirurgien-barbier.

Les Chirurgiens de Saint-Côme demandèrent alors de faire partie de la Faculté et les Médecins acceptèrent, les Chirurgiens s’engageant à ne pas faire de pathologie interne. Les Barbiers, ainsi abandonnés par ies Médecins, revinrent sous l’autorité des Chirurgiens.

Les Médecins, tou jours jaloux, soutinrent néanmoins les barbiers, et les Chirurgiens obtinrent contre ces derniers un arrêt du Parlement en 1 566, des lettres patentes de Henri IY, de Louis Xlll en 1611, de Louis XIV en i()44-

En i643, la Faculté veut s’appuyer sur les éhwistes, simples baigneurs, mais elle se couvre simplement de ridicule par cet acte.

En i644. la Faculté se rapproche à nouveau des barbiers.

En 1 G55, les Chirurgiens, au lieu de continuer la lutte sans merci, traitent avec les barbiers et forment la corporation des chirurgiens-barbiers.

En 1660, sur la demande de la Faculté, le Parlement rend un arrêt qui supprime aux Chirurgiens les titres de bachelier, licencié, docteur, collège, les remplace par ceux d'aspirant, maître, communauté, et leur défend le port de la robe cl du bonnet, ainsi que toute lecture ou acte public. « Saint Luc a été plus fort que saint Corne », disait Guy-Patin, et ce fut un malheur pour le pays.

Le barbier du roi se trouva dès lors à la tête de la corporation; mais, en 1668, Louis Xl\, pour pallier à tant de ridicule, força le barbier à vendre sa charge à son premier Chirurgien. Dès lors, par une autre conséquence non moins ridicule, le premier Chirurgien du roi se trouva le chef non seulcmcntdes Chirurgiens-

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barbiers, mais encore des barbiers barbants devenus indépendants en 1637, des coiffeurs et des perruquiers .

D’un arrêt de 1660 résulta l’assujettissement des Chirurgiens aux Médecins. Le premier chirurgien du roi, chef de la corporation des chirurgiens-barbiers, prêtait serment entre les mains du premier médecin. Le lendemain de la Saint-Luc, ses prévôts devaient annuellement aller prêter serment à la Faculté et lui remettre un écu d’or, en signe de dépendance.

En 172/1, commença l'affranchissement des chirurgiens par une ordonnance de Louis X"V dispensant les chirurgiens de s’inscrire à la Faculté et établissant au collège de Saint-Côme cinq places de démonstrateurs, dont les titulaires étaient nommés par le premier chirurgien du roi.

En 1731, M aréchal, premier chirurgien du roi, fonda Y Académie de Chirurgie.

En 1743, l’association avec les barbiers est terminée. Tout postulant au titre de chirurgien devait être maître ès arts.

En 1 750, une ordonnance royale fixe le cours des études chirurgicales à cinq ans, rétablit les noms de collège et d’école, supprime le serment et le tribut à la Faculté.

En 1751, les chirurgiens sont placés sous la protection du roi et obtiennent 4 places de chevalier dans l’ordre de Saint-Louis.

En 1778, Lassone, premier médecin du roi, fonde la Société royale de Médecine et naturellement la Faculté s’en formalise, d’ailleurs sans succès.

Vers 1780, de Saint-Germain crée des médecins et des chirurgiens militaires, organise leur instruction et affranchit l’armée, des barbiers payés par le colonel.

L’Université de Paris, issue de l’Eglise, réformée et régentée par la Monarchie, devait disparaître avec l’ancien régime. Un décret delà Convention en date du i5 septembre 1793 supprima « la Fille aînée des Rois de France ». L’ancienne Faculté de médecine avait vécu.

FACULTÉ DE MÉDECINE

Lorsque le décret de la Convention supprima la Faculté de Médecine et le Collège de Chirurgie, Paris comptait i3q docteurs et 171 chirurgiens (soit 1 praticien par 2 000 habitants). L’enseignement comporportait les chaires et les professeurs suivants (1) :

FACULTÉ DE MÉDECINE

Pharmacie

Mallet.

Pathologie

Lavergne.

Chirurgie française. .

Petit-Radel.

Chirurgie latine. .

Cille.

Matière médicale. .

Géraud.

Accouchements. .

Leclerc.

Physiologie

Borie.

Bibliothécaire

Defrasne.

Censeur

Sa LL in.

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