F, S., 6 septembre, v
ministre aurait imaginée, l'hypothèse saugrenue que son représentant aurait admise et développée pendant une heure si l'on s'en rapportait aux explications de Dreyfus 1 Cela ne résiste pas à l'examen ; et M. Cavaignac avait raison de dire, après avoir creusé cette question des aveux, que, « dans un moment de défaillance passagère, l'accusé, essayant d'excuser son crime, avait bien laissé échapper une phrase qui l'établit indiscutablement ».
Est-ce là pourtant ce qui a décidé les juges ? D'autres constatations ne les ont-elles pas frappés : l'attitude de l'accusé, ses dénégations sur les faits les plus simples et les mieux établis (prêt du manuel de tir, conférence Ranson (1) ; ses habitudes avérées de furetage et d'incessante curiosité (dépositions Ferret, Maistre, Fabre, Galopin (2) ; ses relations avec des étrangères suspectes (M^^'Derry, Bodson (3) ; ses allées et venues singulières aux pays annexés (4) ? Dans quelle mesure ces divers indices ont-ils concouru à former la conviction du conseil ? Nous l'ignorons, les jugements des tribunaux militaires n'étant pas motivés, — ce qu'on peut regretter, mais ce qui n'a rien de particulièrement « prétorien », puisque la juridiction civile et populaire par excellence, le jury, statue dans les mêmes conditions. — Mais à ceux qui ne voudraient pas