F. 0., 15 août, I
« Pour perdre Dreyfus, Tétat-major avait supprimé la défense en 189i; cette fois, il trouve plus simple de supprimer ses défenseurs (1). » D^oîi qu'elle vînt, la suppression n'eut heureusement rien de définitif; et moins de huit jours après, M® Labori reparaissait, guéri de la blessure qui avait causé tant d'alarmes, et que son éminent ami, le docteur Doyen, se désolait de n'avoir pu contempler (2)
Le coup de revolver ne nous priva donc d'aucune plaidoirie. Et, pour commencer, nous assistâmes à un interrogatoire longuement préparé, merveilleusement conduit où le bouillant confrère de M® Démange, s'inspirant des exemples du barreau anglais, harcela le général Mercier de questions et d'objections, au cours d'une impitoyable controverse, vrai modèle des cross-examination à laquelle un homme moins sûr de son fait n'eût pas résisté (3). Le général Mercier para les coups avec une possession de