‹ "L'affaire"Chapitre 20 sur 42 · F. S., 24 août, ii · texte numérisé non relu

F. S., 24 août, ii

soi, une connaissance de son terrain, une vigueur et une dextérité qui frappèrent les témoins de ce duel de parole entre un dialecticien et un soldat. « C'est un habile homme; on n'aura pas sa peau >, disait en sortant de la séance un auditeur désintéressé (1). Et cette impression ne fit que se confirmer par la suite. Toujours sur la brèche, sans faiblesse ni emportements, reconnaissant de bonne grâce et signa^ lant lui-même les points où Taccusation aurait tort de se maintenir, — tel le reproche d'avoir voulu suborner le colonel Sandherr adressé sans fondement à Mathieu Dreyfus, — n'abandonnant par contre aucune des positions qu'il savait devoir défendre, prenant Tofifensive au besoin et portant à ses adversaires des coups dont ils n'ont pu, comme le capitaine Freystaetter, se relever, l'ancien ministre de la Guerre finissait par arracher à ses ennemis ce cri de surprise et de colère : « Le général Mercier nous a trompés. Nous nous imaginions qu'il était gâteux... 11 est de premier ordre dans l'attaque comme dansladéjfense. C'est l'assassin complet (2). »

Les gens qui croyaient uniforme synonyme de culotte de peau n étaient pas au bout de leurs étonnements. Le général de Pellieux avait montré au procès Zola des qualités trop redoutables pour qu'on lui permît de reparaître à Rennes: on le relégua à Quimper. Mais il fut impossible d'écarter le général Roget;et il se

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