‹ "L'affaire"Chapitre 23 sur 42 · Gaston Deschamps, F. 0., 25 août, i · texte numérisé non relu

Gaston Deschamps, F. 0., 25 août, i

suivies entre son auteur et son destinataire (1); et Ton a beau compulser les archives Ju bureau des renseignements, on n'y trouve ni insinuation ni allusion quelconque à la charge d'Esterhazy. Un policier est mis à ses trousses, le surveille pendant des mois, rapporte des informations détestables sur sa moralité, mais ne trouve rien, — c'est son expression, — au point de vue de la trahison (2). Les officiers qu'Ësterhazy a fréquentés aboutissent aux mêmes conclusions, et le capitaine Le Rond, en particulier établit qu'il était incompétent en matière d'artillerie, qu'il n'a pu se renseigner sur le 120 ni sur le manuel de tir au camp de Chàlons, et qu'il ne saurait avoir fourni les notes énumérées au bordereau (3).

Mais Picquart a décidé qu'Ësterhazy est cou- \y>^ pable, coupable non pas d'une trahison quelconque, mais bien de celle qui est imputée à Dreyfus. Et, pour l'établir, il recourt à des procédés tout pareils à ceux que ses amis condamneront avec tant de virulence quand ils les trou-

1. Voici en effet le texte du 'petit bleu que Schwartzkoppen aurait écrit à l'adresse d'Esterhazy et déchiré ensuite sans l'envoyer : « J'attends avant tout une ex- « plication plus détaillée que celle que vous m'avez 4C donnée l'autre jour sur la question en suspens. En < conséquence, je vous prie de me la donner par écrit « pour pouvoir juger si je puis continuer mes relaie tions avec la maison R. ou non. »

(Signé C.)

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