‹ "L'affaire"Chapitre 29 sur 42 · F. S., 29 août, I, 2 et · texte numérisé non relu

F. S., 29 août, I, 2 et

la serrure, cet ahurissement d'un greffier qui entend mal et ne comprend pas du tout, ce aébarbouillage d'un juge devenant la preuve d'un crime, tout cela est-ce du drame ou du vaudeville?

Si le jugement et les témoignages ne vous suffisent pas, venons aux résultats de l'affaire. Vous serez édifié.

Notre service des renseignements n'existe plus. Nos meilleurs agents sont brûlés. Nos rares amis en Europe ont été traînés sur la claie, et personne aujourd'hui ne peut plus douter qu il soit impossible de servir la France sans s'exposer aux pires aventures du fait même des Français.

Parmi tous les étrangers accueillis à notre foyer, et coalisés pour surprendre nos secrets, il y avait un Russe et un Espagnol qui, par hasard, ne nous détestaient pas. Au lieu de s'entendre avec leurs camarades italiens, aile* mands, anglais ou américains poumons jouer, le général Freedericksz et le colonel de Valc^os passaient, àtort ou à raison, pour nous donner des avis profitables. On n'a eu ni paix ni cesse qu'ils fussent dénoncés d'abord, renvoyés ensuite. Nous avions auprès du colonel de Schwartzkoppen et de ses patrons une « fine mouche qui s'était tirée de tout ». Ainsi s'exprime un témoin que les dreyfusistes ne récuseront pas, un ancien lieutenant-colonel qui a suffisamment déblatéré contre l'Etat-Majorpour

mériter leur confiance, M. Cordier(l). Un cambriolage officiel a dissipé le mystère dont cet agent avait réussi à s'entourer jusqu'à ce jour, et voilà une source d'informations précieuses à jamais tarie (2).

Je sais bien qu'il est des gens pour ne point s'en affliger : le service des renseignements est détruit, tant mieux ! Que n'en avons-nous été débarrassés plus tôt ! A quoi bon toute cette organisation où nos officiers coudoyaient des mouchards? Et sans doute mieux vaudrait que les armées pussent se passer d'espions. Encore faut-il se demander si c'est possible et ne pas oublier, — M. Jonnart, qui se plaît au commerce de Pascal, nous le rappellerait au besoin, — que parfois « qui veut faire l'ange fait la bête >. On a bientôt dit : l'espionnage est une besogne policière, chargeons-en des policiers et non des soldats. Mais partout ailleurs on ne dit pas cela et les autres puissances vont même plus loin que nous, puisque leurs attachés militaires, à la différence des nôtres, dirigent personnellement dans les pays où ils sont accrédités l'espionnage qui s'y pratique au profit de leur gouvernement. Ce n'est pas un journal nationaliste, c'est le Figaro qui écrit cette année même, en pleine campagne révisionniste :

Le fcouvernement prussien a toujours attaché une importance hors de pair au service de l'espionrnage. Il lui vint donc très naturellement à l'idée

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