‹ "L'affaire"Chapitre 30 sur 42 · Voy. appendice A · texte numérisé non relu

Voy. appendice A

d'organiser^ à Paris l'espionnage de la Triplice comme il y avait organisé la diplomatie de la Triplice. Les trois puissances furent amenées à exercer, par l'organe de leurs attachés militaires, une commune surveillance relativement à la reconstitution de notre armée. Nous fûmes ainsi livrés à. un espionnage des plus redoutables, sous la main d'un syndicat quelquefois sans scrupule. Voilà l'histoire entre 1871 et 1899 sous des formes diverses, c'est-à-dire pendant près de trente ans. Durant cette longue période, que devenait le droit des gens et les attachés militaires? Ceux que je désigne plus particulièrement n'étaient-ils pas sortis de ses prescriptions? Mettez l'Allemagne à la place de la France et demandez-vous ce que M. de Bismarck aurait fait s'il avait surpris à l'œuvre un pareil syndicat dans la ville de Berlin (1) I

Remarquez bien encore une fois que ce n'est pas M. Drumont ni M. Millevoye qui parle, c'est un collaborateur de M. Cornély. Si pourtant ce témoignage ne vous paraît pas décisif, vous croirez peut-être un Allemand, et non des moindres, M. Otto Mittelstsedt, ancien membre du Tribunal suprême de l'Empire, quand il dit, dans une brochure fort bien faite et d'une partialité très documentée en faveur de Dreyfus :

Il est certain que notre attaché militaire, le colonel de Schwartzkoppen, a profité de sa situation diplomatique à Paris pour se procurer une ample moisson de renseignements militaires de provenance avouée et inavouée [Offener und versteckter Herkunft) (!2).

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