‹ "L'affaire"Chapitre 39 sur 42 · Liberté, 26 juillet · texte numérisé non relu

Liberté, 26 juillet

jour plus ou moins retentissants, mais par de bons coups d'épéel

A ceux qui pourraient croire encore que les dreyfusistes s*attaquaient non à l'armée elle-même, mais seulement à certaines individualités susceptibles de la compromettre, nous nous bornerons à rappeler comment ces justiciers ont accueilli un homme qui n'avait trempé, ni de près ni de loin, dans la condamnation de leur protégé. 11 faudrait un volume pour reproduire les outrages dont ils ont abreuvé le commandant Marchand, au moment même où ce héros arrachait un cri d'admiration et de loyale sympathie à lord Rosebery(l).

1 . « Lorsqu'il nous arri ve d'apprendre l'existence d'un homme qui, par ses qualités de virilité, se place au-dessus de ses contemporains, nous honorons cet homme, à quelque pays qu'il appartienne.

« Eh bien l je vais vous donner l'exemple d'un homme qui s'est particulièrement distingué par sa virilité, j'ai nommé le commandant Marchand.

« C'est un Français, et il n'y a pas longtemps qu'il a accompli un voyage de trois années pour traverser toute l'Afrique de Test à l'ouest.

« Il a accompli ce voyage au milieu de difficultés incroyable», avec un nombre infime de compagnons de son propre pays, entouré et suivi par des sauvages dont il s'est conquis le dévouement, et il a obtenu dans cette entreprise un succès qui attachera pour toujours une grande gloire à son nom.

« Mais, ce qui est mieux encore, c'est que, quand il a eu terminé sa tâche, .il s'est conduit avec une telle dignité, une telle modestie, qu'il est l'un des hommes que l'Angleterre prend plaisir à honorer.

« L'année passée, son devoir l'a mis [temporairement en

Bornons-nous à Tanthologic extraite par la Liberté de la Lanterne, du Siècle et de Petite République, c L*expédition de Fachoda ne nous a pas donné pied sur le Nil, disait M. Yves Guyot, mais elle a procuré un nouvel individu aux malades qui en demandaient un à tous les échos... Quand serons-nous débarrassés de cette peste-là ? > Pour les alliés et émules de M. Yves Guyot, Marchand était un c dératé », un « nouveau Laquedem qui n'a même pas à se reprocher de porter la croix du Sauveur, puisqu'il en accroche une tous les matins à son cou; un phénomème qu'on appelle, on n'a jamais su pourquoi au juste, le héros de Fachoda» et qui devient « aussi agaçant que ces moustiques qui viennent et reviennent bourdonner aux oreilles (1). »

C'est par des gentillesses du même genre qu'on remerciait le général Galliéni d'avoir pacifié Madagascar, en même temps qu'on accusait tous ceux qui résistaient à cette belle campagne de conspirer contre la République au profit de je ne sais quels rêves théocratiques et absolutistes d'un autre âge.

M. Lavisse s'étant fait Técho tout récemment encore de ces allégations (2), Jules Lemaître a répondu :

« M. Lavisse commence par poser en principe (ce qui n'a été vrai qu'à partir d'un certain moment et quand beaucoup d'entre nous avaient déjà pris position) qu' « une opinion politique préalable, une façon « de concevoir la France a décidé le plus grand nom- « bre d'opinions sur le procès ». Et alors, il nous distribue comme il suit :

— « L'antidreyfusisme » comprend c les monar-

conflit avec les intérêts de l'Angleterre. Mais je suis convaincu qu'en dépit de cet incident le commandant Marchand, s'il venait en Angleterre, serait Tobjet d'une réception qui ne serait surpassée que parcelle dont il a été l'objet en France. » (Di8(y)urs de lord Roseberyaux élèves d'Epsom, Echo de Paris 31 juillet.)

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