Echo de Paris, 12 septembre
à l'un quelconque d'entre eux la moindre animosité contre Dreyfus? A. tort ou à raison, le colonel de Saxcé était en butte aux suspicions révisionnistes : on s'est arrangé pour qu'il ne siégeât pas. Le colonel Jouaust a présidé à sa place. Ni lui ni aucun de ses assesseurs n'ont jamais été impliqués dans aucune manifestation de parti. Il y en avait un sans doute dont le frère est prêtre, et c'est là un vice rédhibitoire qui suffit à disqualifier un homme. Toutefois, dans la circonstance, il faut bien que ce dévot n'ait pas montré l'âme d'un Torque mada, puisque c'est précisément à celui-là, au commandant de Bréon, que la Lanterne (i) attribue l'un des votes en faveur de l'acquittement. Evidemment ces polytechniciens ne pouvaient nourrir à l'égard de l'accusé, polytecnnicien comme eux, de haine préconçue: dira-t-on cependant qu'ils n'en étaient pas moins et avant tout des soldats, c'est-à-dire des hommes dressés à l'obéissance passive et qu'ils ont cru leurs chefs sur parole, sans se permettre de discuter leurs témoignages? Mais quoi ! s'ils avaient été accessibles à de pareils sentiments; si, d'une question de conscience, ils avaient fait une question de discipline, oublie-t-on de quel côté se trouvait alors et se trouve encore l'autorité? Non pas seulement l'autorité civile, mais bien l'autorité militaire ? Si réellement ils avaient cru de leur devoir ou de leur intérêt de juger par ordre, pourquoi suivre l'ancien ministre de la Guerre plutôt que le ministre en exercice, Mercier, plutôt que