F. 0.,23 août,], (i
de ses collègues de la Triplice, Toffieier autrichien demeure convaincu de la culpabilité du prétendu martyr. La défense ne s'y est pas trompée ; elle a dit que ce document n'était pas un rapport mais un simple mémento ; elle a soutenu que son auteur était mal renseigné.
Mais elle n'en a plus contesté l'authenticité (1).
Après Schneider Schwartzkoppen. Le 17 novemnre 1897 Tambassadeur d'Allemagne vient trouver M. Hano taux et lui déclare solennellement « n'avoir jamais entendu parler d'Esterhazy(2) ».
A ce moment, après la dénonciation de Mathieu Dreyfus, si le comte Munster affirme n'avoir jamais entendu parier d'Esterhazy, ce n'est évidemment pas qu'un nom dont tout Paris résonne alors lui soit inconnu: mais bien qu'il n'est point question d'Esterhazy dans son entourage, parmi ceux qu'il représente, au nom desquels il' peut faire une déclaration utile à notre ministre. Et sans doute, instruit
Êar une expérience mortifiante lors de l'affaire loutonnet-Huene, il a pris ses précautions ; il n'est \enu qu'à bon escient, après avoir causé avec le successeur de Huene, Schwartzkoppen.
Or, moins de deux ans plus tard, au printemps dernier, ce même ambassadeur fait connaître à M. Delcassé que ce même Schwartzkoppen « reconnaissait avoir adressé au commandant
1 . Voy . les observations de M« Démange à Taudience du 30 août (F. S., 30 août, v, 3) et sa plaidoirie ( F. S., 8 septembre, iv, 2).
2. Déposition Paléologue devant la Cour de cassation. (Enquête publiée par Stock, i, 392.)
Esterhazy un certain nombre de petits bleus ; qu'il ne pouvait affirmer avoir écrit le fameux petit bleu parce qu'il ne l'avait pas vu, mais que toutefois il était probable qu'il Feût écrit (i) ».
Qui croire? le Schwartzkoppen de 1897, ou celui de 1899?
Ce n'est pas tout. D'après la note du Moniteur de l'empire allemand l'ambassadeur aurait « remis sur l'ordre de l'empereur, en décembre 1894 et janvier 1895, à M. Hanotaux, à M. Dupuy et à M. Casimir-Perier, des déclararations réitérées que l'ambassade d'Allemagne en France n'avait jamais entretenu de relations directes ni indirectes avec le capitaine Dreyfus (2) » .
Or, quand M. Casimir-Perier vint déposer devant la Chambre criminelle, le 28 décembre 1898, un conseiller lui demanda :
<c L'ambassadeur d'Allemagne vous aurait-il, au cours de cette conversation (du 6 janvier 1893), ou postérieurement, déclaré que jamais le gouvernement allemand n'avait eu de relations avec Dreyfus ? »
Et M. Casimir-Perier répondit:
<c II n'y a eu aucune déclaration de ce genre, et le nom même de Dreyfus n'a été prononcé que pour désigner Taffaire dont il s'agissait (3). »
Comprend-on maintenant que le conseil de
1. Déclaration de M. Paléologue à Taudience du 6 septembre. F. S., 6 sept., ii, 5.