SCÈNE m
Les Mêmes. FLORESTA.
ARISTIDE, à Floresta.
Que venez-vous faire? '
FLOKESTA.
J'apporte une lettre de madame Ronchin pour M. Grandbusier... (Bas.) Madame va venir.
ARISTIDE, bas.
Ici!... bien, je reviendrai!
li sort.
FLORRSTA, appelant l'attention de Grandbusier plongé dans ses reflexions.
Hum!... hum!
GRANDBUSIER, surpris.
Qu'est-ce?
FLORESTA, tendant sa lettre.
De la part de madame Ronchin.
GRANDBUSIER, prenant la lettre.
Donnez, (ii ut.) Ah! ah! elle m'annonce sa visite, donc elle a peur.
FLORESTA
Il n'y a pas de réponse?
GIIANDBUSIER.
Non, mais restez; j'ai besoin de vous.
FLORESTA
De moi ?
GRANDBUSIER.]
Oui, de vous; ne bouj^ez pas.
Il écarte vivement le paravent.
FLORESTA, étonnée.
La chambre de mademoiselle à Viroflay!... que signifie?...
GRANDBUSIER.
Vous allez le savoir. (U lui prend la main et la conduit vers la
psyché.) il est environ neuf heures du soir; vous êtes à la campagne... vous êtes une jeune fdle sage... (Mouvement de Fioresta.) C'cst uue Supposition! Vous êtes sur le point de vous reposer : placée devant votre toilette, vous dénouez vos cheveux; tout à coup, un malfaiteur pénètre — le
malfaiteur, c'est moi! (Fioresta se recule avec effroi en jetant
un petit cri.) C'est une supposition!... Il s'avance vers vous; il veut vous ravir ce que vous avez de plus précieux...
FLORESTA, portant la main à sa ceinture.
Ma montre î
GRANDBUSIER, à part, riant.
Naïve enfant!... (Haut.) Ce que vous avez de plus cher... après votre montre, que faites-vous?
FLORESTA
Je me défends, parbleu!... Surtout s'il a votre âge!...
GRANDBUSIER.
Et comment vous y prenez-vous? faites le simulacre...
FLORESTA
Comment je m'y prends?... Essayez, pour voir.
GRANDBUSIER, hésitant et s'éloignant.
Essayons.
Il arrive en se dandinant et lui prend la taille. FLORESTA, d'un revers de main l'envoie sur le canapé.
Voilà!
GRANDBUSIER, se relevant.
Ça ne s'est pas passé comme ça, reprenons.
LE DOMESTIQUE, entrant brusquement par la droite.
Monsieur, une dépêche du ministère apportée par un cavalier.