RAGE RUES
précisément de recevoir une lettre anonyme, signée P. D. C. (1), pour le sommer d'agir, non seulement refusa d'auloriser une Communication de cette nature, mais même l'interdit de la façon la plus formelle au général Gonse. Celui-ci affirme avoir transmis à M. du Paty de Clam la défense du Ministre, en insistant, à raison du dépit manifesté par cet officier, sur l'obligation où chacun se trouvait de s’y conformer (2).
Esterhazy n'en reçut pas moins le 18 octobre à Dommartinla-Planchette une lettre signée Espérance composée en caractères d'imprimerie ef ainsi conçue
Votre nom va être l'objet d’un grand scandale. La famille Dreffus va vous accuser publiquement comme étant l'auteur de l'écrit qui servit de base au procès Dreffus. Cette famille possède de nombreux modèles de votre écriture pour servir de points d'examen. C’est un colonel qui était au Ministère l'année dernière, un M. Picart, qui à remis les papiers à la famille Dreffus. Ce monsieur est parti maintenant pour le Tonkin, je crois. La famille Dreffus compte vous affoler en publiant votre écriture dans les journaux et que vous vous enfuierez en Hongrie chez vos parents. Cela indiquera que vous êtes le coupable, et alors on demandera la revision du procès pour proclamer l'innocence de Drejfus. C'est M. Picart qui a donné les renseignements à la famille. Ce M. Picart a acheté de votre écriture à des sous-officiers à Rouen l'année dernière ; je tiens tout ceia d'un sergent de votre régiment auquel on a donné de l'argent pour avoir de votre écriture. Vous voici bien averti de ce que ces scélérats veulent faire pour vous perdre. C’est à vous maintenant de défendre votre nom et l'honneur de vos enfants. Hätez-vous : car la famille va agir pour vous perdre.
Ami dévoué,