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impossible de réunir de nouveau un Conseil de guerre pour lui donner à juger sur un dossier contaminé (1).
Le général de Pellieux n'a jamais fait connaitre « les chefs » qu'il à visés dans sa lettre. Le général Billot a affirmé qu'il est demeuré totalement étranger aux communications qui ont soulevé son indignation (2). Le général de Boisdeffre a prétendu quil n'a rencontré le général de Pellieux qu'une seule fois au cours de l'enquête de celui-ci et il s'est empressé d'ajouter que, ce jour-là, le général de Pellieux se rendait chez le général Gonse (3). Le rapprochement est habile : car à raison de son attitude dans toute l'affaire, le général Gonse peut être l’objet des plus légitimes soupçons. Nous ne pouvons cependant oublier que le général de Pellieux parle de « ses chefs » au pluriel et que, dans l'entretien qu'il a eu à ce sujet avec le général Zurlinden, il à visé personnellement « le chef d'Etat-Major général {4).
A la suite du rapport du général de Pellieux, le général Saussier décerna, à la date du 4 décembre 1897, un ordre d'informer contre Esterhazy (5). Celui-ci l'avait sollicité Tuimême par une lettre dont le brouillon à été corrigé de la main du général de Pellieux (6).
L'original de l’ordre d'informer est tout entier de Ia main du colonel Billette de Villeroche. I portait en toutes lettres qu'Esterhazy était « accusé d'avoir, en 1894, pratiqué des machinations ou entretenu des intelligences avec une puissance étrangère ». Or, sur cette pièce, aussi bien que sur là copie conforme qui en & élé dressée par le colonel de Villeroche, les mots « En 1894 » ont été grattés et supprimés. Les traces du grattage, qui n’est point approuvé, sont encore neltement apparentes (7). Il ne saurait être question d'une erreur qui aurait été commise par le colonel de Villeroche et qu'il aurait ainsi réparée : le colonel affirme qu'il n’est pas l’auteur de ce grattage et qu'il n'a pu se livrer à un acte qui eût, il le savait, pu entrainer la nullité de la condamnation (8).
(1) Ducassé, Eng. erim. I, 714. — Galon, Eng. crim. I, 882.
(2) Général Billot, Enq. crim, I, 450-451.
(3) Général de Boisdeffre, Enq. crim. I, 489.
(4) Général Zurkinäen, Enq. crim. I, 349-350.
(5) Inf. Ravary, pièce A.
(6) Esterhazy, Cass. 99, 1, 586; Londres, 1° mars 1900 ; Crim. IT, 49%. (7) Targe, Eng. crim. I, 74.
(8) De Villeroche, Eng. crim. I, 706-707.